Abel GOURION, Rèves transcrits, XI, 1950-3 Cardinal
15-16 mai 1950
Je suis cardinal, parrmi plusieurs cardinaux ; un cardinal très jeune, genre paysan. Réunion.
(Vers le matin) Une propriété. Ali (garde chez Benziman), sa femme. Ali sort d'une pièce, où il y a de nombreux lits ; sa jeune femme vient et se met dans le même lit, où se trouve déjà couché un indigène. Cette pièce et ces lits sont pour l'usage de notre famille. Je le dis à Pierrette, qui le rapporte à Adrienne. Adrienne fait des observations à Ali, à côté de sa femme ; celle-ci pleure en partant, en disant : « Vous vous apitoyez sur les pauvres, et vous agissez comme ceux qui les font souffrir ».
Il y a beaucoup à réparer dans une ferme où je me trouve ; tout est à l'abandon.
9-10 juin 1950
Mon frère devait se livrer le soir même à la police ; le lendemain j'apprends par lui qu'il a été repris par la police avant de se livrer. Il me dit qu'on a exercé des sévices, des violences pour le faire parler. Je parle à un des chefs policiers.
13-14 juin 1950, avant 6h matin
Une automobile qui a besoin de réparations ; je la néglige et je pars dans l'état où elle est. Je me trouve bloqué dans une' montée sur un terrain vague (comme ressemblant au haut des derniers escaliers des Planteurs à Oran). La voiture ne peut plus avancer ; elle aura besoin de réparations. Pendant que je suis là, me demandant ce que je dois faire pour en sortir, voici qu'il arrive du plus haut de la même côte une sorte d'automobile comme emballée. Elle descend rapidement, sa course est folle et il y a des chances pour qu'elle vienne buter contre nous ; je m'éloigne à côté pour éviter d'être atteint. Le véhicule est cependant conduit avec une certaine maestria. Son conducteur le dirige sur un terrain moins en pente, bien que quand même assez accidenté. Il grimpe et descend les obstacles d'une manière aussi curieuse et désinvolte quaisée ; il semble faire ce qu'il veut de son véhicule. Il va, il vient, il tourne, il sort un jet d'eau puissant qui va en l'air, finalement le véhicule lui-même quitte le sol et voltige au-dessus du terrain. Puis ce véhicule se disloque et il se répand en pluie de fins débris sur le terrain. Une dame est avec le conducteur ; celui-ci a dit quelques mots : « Il fallait ramasser ces débris qui permettrait de reconstituer le véhicule ». Un ami est avec moi ; il me dit de ramasser ces débris, ils pourront nous servir. J'en ramasse : ce sont des grains de riz.
17-18 juin 1950 (3-4h)
Une lettre de Phénix Vie qui accepte de me confier son agence à nouveau. Elle précise que je dois prendre garde de ne pas renouveler les fautes commises.
19-20 juin 1950
Je me dirige vers le local des Amis à Paris. Près du lieu de réunion, je rencontre Max Lamis et Albert Legrand ; ils me parlent de difficultés financières. Je suis un peu embarrassé, car je me trouve moi-même en période difficile. Dans une salle de restaurant je rencontre un grand nombre d'amis répartis en petites tables ; j'en embrasse plusieurs tour à tour et converse en même temps. Il y a 2 amis nouveaux dont le nom ne m'était pas connu ; je leur demande à quelle date ils sont entrés chez nous.
Pour accéder chez les Amis, ou bien je me trouve devant : une échelle assez difficile, il faut faire des efforts ; j'arrive au haut ; on risque la chute. Il faut faire attention.
4-5 juillet 1950
Plusieurs membres de ma famille devons nous fixer dans un pays étranger, éloigné : l'Australie. Je dois m'y rendre ; j'hésite au dernier moment quand des étrangers, qui doivent venir avec nous, viennent nous chercher.
26-27 juillet 1950
Un entretien avec Sédir ; il me choisissait.
29-30 août 1950, avant 3h-3h¼
Assis autour d'une table, nous étions plusieurs, Sédir, des Amis et moi. Sédir s'adresse à moi ; 2 français ont été assassinés en Allemagne. Les paroles, le regard de Sédir sont véhéments, fermes. Cet assassinat a eu pour cause la défense du cheval, ou d'un cheval ; Sédir dit textuellement : moi qui suis un de ces deux français (assassinés). Puis Sédir ajoute : il faut protéger et défendre les bêtes. Un de ces 2 français, Sédir lui-même, était désigné sous le vocable : Monelle Saint Jérôme, ou Monelle Saint André.
7 septembre-8 septembre 1950 avant 5h
Avec Laudez ; il est aimable, avenant et m'offre un café. Une fête dans un milieu champêtre, jardin, bois ; je grimpe un mur fait de pierres placées les unes sur les autres pour voir ce qui se passe de l'autre côté. Un agent à côté, une pierre qui roule ; je rentre dans le jardin. Ce sont les préparatifs de la fête, ou la suite de la fête. On aménage, on arrange. Quelques groupes. Je suis fatigué ; je fais un somme. Au réveil, un monsieur à côté me fait une salutation, une politesse. Il veut m'aider. Je place mes pantoufles, puis des chaussures par-dessus. Je marche un peu. Je retouche mes chaussures ; un autre monsieur que j'avais vu avant me salue. Il est avec une jeune femme, sa soeur. Elle entre dans un hôtel ; je cherche à voir son visage.
5-6 octobre 1950, avant 4h
Une réunion de famille. Une fête ; je m'étais endormi ; je me retrouve sur un lit, nous sommes 6 allongés en haut, serrés les uns contre les autres. Je me rends compte qu'au milieu et au bas du lit, il y a d'autres dormeurs. Nous sommes bien une vingtaine de parents. Une parente me propose de goûter ce qu'elle a apporté ; du café (pâtes courtes appelées ainsi) ; mais je dis que ce doit être froid et qu'on ne peut pas se lever maintenant pour chauffer ces pâtes. Elle me donne de la patisserie que je me mets à goûter telle qu'elle est ; c'est 2 sortes de gâteaux. La parente me dit qu'il faut mettre du sucre et les manger en même temps. Je dis que je n'en ai pas l'habitude et qu'on n'en fait pas souvent à la maison.
Puis assis dehors dans la rue ; des groupes nombreux assis ; jour ou soirée de fêtes ; on se pose et je me pose la question : est-ce la nuit, est-ce le jour ? C'est le jour, suite à la soirée d'une fête. Je mets mon pied ou talon sur le (caractère indéchiffrable) d' Adrienne.
Musique, chants intérieurs, cloches, cloches, cloches. Musique. Cloches d'églises.
30-31 octobre 1950
Alfred Lasry était en danger de mort ; il avait une sangsue dans la tête. Je dis qu'on devrait l'opérer, même s'il fallait ouvrir la tête en deux. Albert B. me demande si je n'hésiterais pas à sa place, si je n'aurais pas d'appréhension. Je réponds que même si je dois y rester, je tenterai l'opération.
Avec des Amis nombreux ; un long entretien ou une longue conférence.
Je parcourais une longue route, 40 ou 50km. J'avais un vélo, et je pouvais rattraper et dépasser un car automobile qui circulait sur cette route. J'aurais pu monter sur cet autocar, ou sur mon vélo, mais je préfère aller à pied, tenant mon vélo à la main. Je marche d'ailleurs vite sans trop me fatiguer, et j'arrive à destination.
12-13 novembre 1950
Dans une rivière ou un étang, je trouve plusieurs bouteilles de ½ et 1 litres de vin blanc bouché. Je sors des bouteilles de ½ litre puis de 1 litre ; il y en a 5-6 ou 7 ou plus. Cela semble du vin blanc de marque. Il y a les bouchons bien enfoncés. Il manque la capsule de garantie en étain. Cela fait craindre que ce ne soit des bouteilles débouchées et rebouchées. Bien que j'aie quelques craintes, j'emporte ces bouteilles.
13-14 novembre 1950
Je suis assis sur une cuvette de WC, placée à l'extrémité d'une salle assez grande. Cette grande pièce communique avec une autre grande pièce. Sur le palier de la porte de communication, ouverte, plusieurs jeunes enfants jouent et je suis vu ainsi placé par de grandes personnes se trouvant au fond de la seconde pièce. Une enfant joue auprès de moi ; je la prie de s'éloigner et de fermer la porte de communication. Elle le fait ; mais les autres enfants la rouvrent ; et je suis ainsi vu assis par tout ce monde.
15-16 novembre 1950, avant 3h
Je travaillais dans une société importante, une direction. En faisant du courrier ou tout autre travail, un autre employé me remettait des pièces qu'il sortait d'un dossier, d'une serviette cuir placée sur une table. A un autre moment, jai affaire à un des dirigeants ; il fait allusion au fait qu'on a pris des pièces de sa serviette. Je suis assez surpris ; je lui demande s'il suppose que c'est moi ; il fait un signe que oui ' J'entre dans une violente colère. Je le rabroue et le bats.
16-17 novembre 1950
Je fonde ou assiste à la création de 2 sociétés commerciales.
21-22 novembre 1950
Sur une éminence, il y a une salle de natation, une piscine. Puis : un concours de natation ; il a lieu tout à fait au bas dans une sorte de gorge de montagne, très encaissée, un torrent en pente assez accusée, l'eau roule rapidement. On voit les nageurs se jeter dans le courant et partir.
22-23 novembre 1950
J'ai déchiré une quantité de papier ; cela remplissait une petite corbeille bien tassée.
27-28 novembre 1950
J'avais une auto ou un engin à traction motrice. Pour le sortir de l'endroit où il est placé, je me trouve comme enfermé ; quelqu'un cherche à m'enfermer ; j'en sors. C'est un engin dont je me suis déjà servi quelques fois, mettons une sorte de fauteuil roulant. Je ne peux pas bien le définir. Puis plusieurs viennent m'aider ; entre-temps mon engin était disloqué en 3 morceaux, ou plus. Je m'absente et circule en un lieu assez accidenté et chaotique ; quand je reviens tout un groupe est là en train de fabriquer un nouvel engin à traction en utilisant le moteur et les pièces du précédent appareil ; ils font une sorte de coque en 2 parties allongées, et au milieu, ils doivent placer le moteur. Je demande si c'est pour naviguer ; ils disent que oui et que cela doit aller aussi sur terre. Il y a là plusieurs familles, des hommes, des femmes jeunes, des bébés ; j'aperçois un groupe de 3 bébés. Ils paraissent des trijumeaux ; ils sont 3 et ils tiennent 3 poupées ou figurines, et ils sont ainsi 6, et ils semblent tout le groupe du même âge. (Je me réveille avant 1h. La tête bouillonnante, le sang refluant en vagues dans mon crâne, croulant en quelque sorte sous la pression, une forte pression).
18 décembre 1950, 4h20 et avant 3h
La prière et les ceintures de protection. La ceinture de protection et les prières. Coucher tôt à cause d'un gros rhume et grippe, pour prendre du repos à 7h30 puis un peu avant 10h, après légère collation. Je n'avais pas fait de prières du tout. Dans un rêve conscient et une suite de rêves conscients, je ne me sens pas protégé ni défendu, je suis en quelque sorte livré, à l'abandon, sans défense. Je dis à 2 ou 3 reprises un pater et la salutation angélique ; je suis un peu calmé et à l'abri.
Un rêve : le frère de Jacques : les charges qu'il s'impose pour le mariage de son frère. Rêves un peu lourds.
D'où la notion de prière constituant la ceinture de protection de nuit et de jour, pour le corps, pour l'esprit, pour éviter leur égarement, pour que nos organes de réception et d'action spirituels soient bien en place, sachent ce qu'ils ont à effectuer, à demander, à écouter, à recevoir, et pour les efforts qu'ils ont à effectuer / remplir. C'est donc la prière, les divers modes de prières, la concentration et ses divers modes, l'adoration de Notre Père Eternel. Par-dessus tout l'examen de conscience attentif de fin de jour, celui de fin de nuit. Enfin l'examen des efforts fournis et des résultats enregistrés. Mais ceci, en dernier ou en premier lieu : celui qui réalise quelque chose pour son prochain, qui s'oublie, qui sert, celui-là dépasse l'extatique. Mais aussi pendant longtemps, il faut pratiquer et utiliser la prière et les diverses mesures de protection.