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Ce site / blog artistique et ludique a pour vocation de présenter mes productions, et celles d'auteurs invités : livres, poèmes, chansons, nouvelles, expositions, billets d'humeur sur la vie culturelle, politique, sociale et juridique, émissions de radion, compositions musicales électro-acoustiques.

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(117) Abel Gourion, Rêves transcrits, XVI, 1950-2, Le Feu

 Abel Gourion
RÊves transcrits
1950-2http://www.fictions.ch/Textes/Audio/flammesaudio.htmLe Feu
http://www.fictions.ch/Textes/Audio/flammesaudio.htm
4-5 avril 1950
 
Une grande salle surélevée au bord de la mer ; une mer démontée, les vagues roulent violemment et descendent le long des rochers ; une pluie diluvienne ; il y a des stores en bâches qui protègent en avant la salle où nous sommes : Benguigui assureur et moi, Duparc qui nous a invités, et un 4ème partenaire, à un repas. Duparc s'occupe surtout du 4ème convive ; il fait une longue partie de cartes avec lui ; Benguigui et moi nous bavardons. Benguigui me conte quelque chose à l'oreille, mais à voix forte. D. lui dit à voix basse et ferme, à plusieurs reprises, « Doucement ». Mais B. ne comprend pas et ne parle à voix basse qu'après plusieurs « Doucement » de D., qui me dit : sinon il va se faire entendre de toute la salle. B. et moi nous sortons, la pluie a cessé, complètement, il y a du soleil, il fait beau ; nous sommes agréablement surpris. Nous grimpons les rochers. J'accroche une ou plusieurs grosses pierres mal fixées sur le sol ; elles risquent de céder ; je redescends.
 
Dans une maison petite, vieille, une maison sordide, sale ; je grimpe 2 ou 3 étages ; c'est sale, cela sent mauvais, et la misère. Puis au haut de l'immeuble, je redescends ; des eaux d'infiltration sale, des urines me tombent sur les cheveux, le visage. Je sors dans la rue ; heureusement la pluie se met à tomber. Je suis pied nu et vêtu assez sommairement ; la pluie me rince en quelque sorte. Puis je trouve un bout de savon parfumé ; je me nettoie les mains. Je m'essuie le visage avec mon linge de corps.
 
 
11-12 avril 1950. Avant 2h30
 
Un groupe de jeunes gens, garçons et filles ; à la campagne. Une toute jeune fille se blesse ; elle est mignonne et menue. Blessure à une jambe, une fracture. Ses amis en la tenant pour la transporter la font souffrir ; je la prends dans mes bras ; elle n'est pas lourde. Je la transporte ; arrivés près d'une bâtisse, un peu ronde, je la dépose sans doute, car au bout d'un instant, j'entends sa voix (de la jeune fille) et celles des autres jeunes gens, mais je ne les trouve pas. Ils sont dans le bâtiment, je les entends comme s'ilsétaient près de moi, mais je ne les vois pas. Je contourne le bâtiment, j'aperçois des enchevêtrements de murs, où l'on peut à peine s'engager, même une personne ; à force de chercher, je finis par me trouver à l'intérieur du bâtiment. Une sorte de roue, manoeuvrée à la main, descend du plafond ; quand je tourne la roue vers la gauche, l'intérieur de la bâtisse devient plus compréhensible ; on voit mieux ce qui se passe, on aperçoit des gens, des femmes seulement. Je vois des jeunes femmes, l'une d'elles contre moi ; c'est un acte érotique qui se prépare. Je me ressaisis ; je tourne la roue du plafond à droite, la scène s'obscurcit ou diminue progressivement. Une seule jeune femme s'accroche à moi, pour me retenir, ou pour me suivre ; pour me suivre plutôt, comme si elle voulait s'échapper aussi. Je tourne encore la roue à droite ; la scène devient floue, disparaît, la jeune femme aussi entraînée par une autre.
 
Je me trouve dehors ; je m'éloigne en reculant ; j'aperçois un allemand d'un type bestial. Sans le vouloir, je fais un signe, soit pour lui dire au revoir ; mais il semble que ce soit le chef de l'établissement d'où je sors. Il s'approche et m'appelle. Je fais le mouvement de m'en aller. Il appelle à lui un homme qui va monter sur une moto et me poursuivre ; je comprends que je n'aurais pas le dernier mot. Je reviens, il me fait comprendre de payer, que cela coûte cher (d'être entré dans l'établissement). Je lui dis que je peux lui donner tout le contenu de mon porte-monnaie.
 
Je prie plusieurs fois, ces rêves tentent de revenir ; je prie encore ; nouveau rêve vers le matin.
 
 
20-21 avril 1950
 
Soirée maison ; tous disposés. Nous bavardons Maman, Gaby, Pierrette et moi jusqu'à minuit ½. Un peu fatigué ensuite. Café fort, tabac (cigarette dans la journée), rêve éro. Prière à 2-3 reprises ; sommeil agité, ½ sommeil ; caresses, sans rap. Puis vers le matin à 7/8h, assoupissement (et rêve éro avec suite). Fat. Toute la journée (dès relâchement, je tombe).
 
 
21-22 avril 1950
 
Alain fait pipi sur un mur de clôture, en haut de ce mur, sans se gêner, près d'un colonel et moi. Cela met en fureur ce colonel. Il secoue Alain. Je lui dis que ce n'est pas son habitude. Il monologue qu'on devrait entretenir la maison qu'il nous a louée, à Adrienne et moi. C'est une maison avec un jardin ; l'entourage, les bordures du jardin ont de l'herbe ; mais le Colonel est déjà parti, furieux.
 
Dispute avec quelqu'un ; il a parlé de Juif ; il venait de se disputer avec un autre. J'allais franchir une porte, un calot militaire sur la tête ; j'ai franchi la porte et il veut m'y faire rentrer. Je me mets dans une fureur totale ; des gens s'assemblent qui lui sont favorables, puis un agent qui n'intervient pas, car tout le monde nous laisse disputer. J'empoigne mon homme, après lui avoir donné un soufflet assez léger, et je le secoue, mais les assistants se jettent entre nous pour m'empêcher surtout de me laisser le battre car j'ai le dessus. Mais au lieu de frapper, je le dispute surtout en paroles et en le secouant. Puis mon adversaire, après une dispute d'un bon moment, s'en va, avec quelques-uns des badauds. Tous finissent par s'éloigner. Je ne retrouve pas mon calot, mais un autre plus usé. 2h matin.
 
 
25-26 avril 1950 avant minuit
 
Une dame malade, affligée d'un lourd appareil collé à elle. Elle transporte des malades impotents, alourdis comme elle d'un lourd appareil adapté et uni à leurs corps ; on doit les radiographier. Cette dame parle à un homme. Je suis chargé par un télégraphiste de transmettre un message ; il le dépose sur un mur ; je vais prendre le message. Il y a une gerbe que je dois offrir ou remettre. Je veux fermer les fenêtres de la maison où je me trouve, pour aller porter le message. J'ai du linge sur les fenêtres à enlever ; la fenêtre ou la porte en est encombrée ; j'entends à l'intérieur les voix des miens. Je jette les linges sur le lit.
 
 
27-28 avril 1950, avant 3h
 
Je recherche dans un magasin des papiers personnels qu'on y avait déménagé de notre maison familiale, avec des meubles et des objets. Ce magasin est malpropre. Le local appartient à mon frère Emile, mais il est occupé par un représentant ou commerçant ; ce dernier arrive, je me présente. Croyant que je suis Emile Gourion, il m'explique qu'il a obtenu le magasin du propriétaire, et ce dernier ou lui-même réserve une compensation à Emile : un appartement. Je dis que je ferai la commission, et que je suis en train de chercher des papiers ou des objets personnels. Il me laisse ; je continue mes recherches ; c'est très sale. J'ouvre une boîte en fer remplie de vieux papiers ; il y a des cafards, des bestioles ; je referme. Je ne trouve ni meubles à moi ni rien qui m'appartienne.
 
 
1er-2 mai 1950
 
Emile Kalfon se plaint de David Benichou qui lui discute le prix d'une petite fourniture.
 
Une lutte lourde ; quelqu'un veut me tuer. Je lui dis, j'essaie de lui dire car je suis terrorisé ; il peut me voler, mais qu'il me laisse la vie. J'arrive, ou je n'arrive pas à articuler tant j'ai de l'effroi.
 
 
2 et 3 mai 1950.
Avant 4 heures. Longue suite de rêves ou de scènes rêvées.
 
Dans l'Armée ; je suis puni, selon moi injustement. Je fais partie d'un groupe qui va subir des tourments, des sévices, ou des tortures dans une pièce assez grande. J'arrive ; le chef va commencer le traitement à faire infliger. Je tremble, ou j'appréhende ce qui va se passer ; je suis nerveux. Je demande le rapport du capitaine pour un examen médical afin d'échapper à des tourments injustes, que je considère comme indignes. Le chef me dit : parce que vous avez vu quelques préparatifs, vous avez eu peur. Je dois m'isoler dans une autre vaste pièce. Le tout fait partie d'une très vaste construction. Je suis ensuite à l'entrée de ce vaste hangar, car il est rempli de paille. Un vent violent se lève et souffle ; des brindilles de paille s'enflamment et s'éteignent. Il semble que, au début, je pouvais éteindre quelques flammèches, http://www.fictions.ch/Textes/Audio/flammesaudio.htmça et là ; mais je ne le fais pas. Je suis furieux contre le traitement que je devais avoir. Sans l'exprimer, je ne fais rien pour lutter contre le feu. Des flammèches plus nombreuses s'allument.http://www.primactif.com/Cat_atelier.asp?ChoixAtelier=62&Mode=Nuancier Le vent du dehors souffle avec violence à l'intérieur du bâtiment ; il commence à se développer un grand incendie. Je ne donne pas l'alarme moi-même. Je sors du bâtiment, un soldat du dehors passe, voit l'incendie et avise. Le chef du peloton des punis arrive ; il se démène ; il crie que ceux qui sont dans la vaste construction http://www.urgencelanaudiere.com/vont tous périr, aucun ne va échapper ; mais je sais qu'il n'y avait personne ; toute la troupe était au-dehors.
 
On procède au nettoyage des herbes et des bois morts qui encombrent un talus ; des soldats dégagent d'en bas ces broussailles avec des râteaux. Je suis au-dessus du remblai ; avec un râteau je dégage ces broussailles ; le travail se fait mieux comme je l'exécute. Je continue le long du remblai à débroussailler. J'arrive près d'un grand arbre ; j'y grimpe ; je nettoie ou dégage quelques branches. Au moment de redescendre, je crains le vertige, et de lâcher prise. Je descends doucement, en m'aggripant ; j'arrive en bas. Pour le nettoyage des broussailles, si on y avait pris garde, le feu ne se serait pas déclaré dans le hangar.
 
 
9-10 mai 1950, avant 3-4h
 
Nous sommes 2 ou 3 ; nous sommes enfermés et prisonniers ; quelqu'un nous donne des armes, couteaux ouverts, un revolver d'une forme un peu particulière, des couteaux fermés. Je mets le revolver et une poignée de couteaux dans mes poches. Pour sortir, nous ne pourrons pas éviter une violente bataille ; il faudra se défendre, attaquer, tuer même.
 

 
 
 
 
 
 
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