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Ce site / blog artistique et ludique a pour vocation de présenter mes productions, et celles d'auteurs invités : livres, poèmes, chansons, nouvelles, expositions, billets d'humeur sur la vie culturelle, politique, sociale et juridique, émissions de radion, compositions musicales électro-acoustiques.

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(114) Abel Gourion, Rêves transcrits, 1949-1, XIII, Mariage

 
Abel GOURION, Rêves transcrits, XII, 1949-1     Mariage
 
 
 
 
4-5 janvier 1949, 3h
 
En déplacement sur la mer ; tout un groupe ; nous longeons des côtes ; nous sommes sur une embarcation, je suis le premier, en avant ; nous avançons et il me semble que nous avançons sur la terre ferme ; au bord de l'eau, je m'agrippe pour trouver un emplacement moins étroit, plus large ; j'aperçois un village au loin estompé que je crois être Mers El Kébir. Tout d'un coup, notre embarcation, car cela devient une embarcation, a fait demi tour brusquement et revient en arrière, contournant la pointe de terre et de rochers qui nous sépare de la baie de Mers El Kébir. Nous sommes poursuivis par une embarcation à moteur, un canot à moteur de surveillance des côtes ; notre embarcation, en s'enfuyant, se tient près des côtes, où on n'a pas le droit de nous toucher. Cependant le canot de surveillance nous atteint ; les officiers qui le montent pestent et fulminent contre nous ; sans nous fouiller, ils regardent autour de nous attentivement, scrutent et tâtent les rochers ; sans doute nous croient-ils des contrebandiers ? Un peu après, des officiers de marine supérieurs viennent et réexaminent autour de nous en perçant encore davantage ; aucun d'eux ne prend garde ou ne s'adresse à moi ; je suis simplement présent.
 
Un peu plus tard ; une laiterie, du lait qui nous est réservé et pour là et pendant quelques jours, à nous seuls ; la laitière nous donne 4 litres de lait (chez Messaoud Gourion, nous avons cette quantité depuis quelques temps).
Un peu après nous devons prendre un tramway pour rentrer ; c'est comme la suite du 1er rêve ; je n'ai sur moi qu'un pantalon et une veste de pyjama ; je n'ai rien. Un peu avant je parle à quelqu'un d'une salle longue où, plusieurs, nous avons logé. Je lui dis que le local n'est ni humide ni froid ; qu'on y était bien[1].
 
 
16-17 février 1949, rêve avant 1h½ du matin (recopié)
 
Rêve très pressant, bien vécu d'une réalité précise et profonde, plus qu'un acte accompli en éveil. Rêve assez long dont il ne me reste presque pas de souvenir. De la musique ; laisser la musique vous atteindre. Rêve comme si l'on touche la Réalité essentielle ; ou une Réalité de plus en plus essentielle[2].
 
 
9-10 mars 1949 avant 4h (recopié)
 
On signale un accident d'aviation ; Gaby devait prendre cet avion d'Alger en France ; il venait de passer sa 3ème année de licence. Je suis inquiet, car on n'est pas sûr que l'accident a eu lieu ; je suis seul au bureau ; on vient me dire (une petit jeune homme) qu'un client me demande place de la Bastille ; j'hésite, puis j'y vais. A table, à la maison, je parle de Gaby, puis je vois qu'il est là ; il a évité l'accident, il s'en est tiré ; il est arrivé en France. « Je ne m'inquiète plus puisque tu es là[3] ».
 
 
13-14 mars 1949
 
Avec Arthur Obadia. Nous nous dirigeons sur une maison ; nous traversons un appartement pour aboutir sur des toitures et terrasses d'immeubles ; nous recherchons un immeuble qui suinte et laisse passer des eaux de pluie ; nous devons le recouvrir et le protéger[4].
 
 
Rêve du 23 au 24 avril 1949
 
Je prends un bain dans une baignoire dans un établissement ; le bain est long, très long, très long ; je lave le bas du corps, en gardant les sous-vêtements du haut du corps ; j'ai beaucoup de sous-vêtements ; je ne finis pas de me laver, puis d'enlever un à un les sous-vêtements pour pouvoir laver le haut du corps : tricot, chemise. Puis par une porte, la salle de bains communique avec le bureau d'Adolphe Benotiel Cadet qui me voit. Quand j'ai fini mon bain, je remarque qu'une peau se détache du bas du corps ; il faut l'enlever petit à petit ; il en reste ; ce sera long à enlever[5].
 
 
26-27 avril 1949
 
Nous descendions Alfred et moi une montagne ou une pente raide ; Alfred me portait sur son dos ; la pente était si raide qu'il pouvait glisser et avec mes mains, bien que sur son dos, je m'accrochai au sol pour éviter une glissade dangereuse.
 
Arrivés au bas, il nous manque à descendre la hauteur d'un étage ; nous sommes sur une habitation ; je cherche un moyen de descendre ; je ne suis plus invalide ; je glisse le long d'un pilier en bois et me trouve dans une sorte de clairière et de bois ; je vais vers un groupe où il me semble qu'il y a Sédir ; mais Sédir vient à moi d'un autre côté, du côté droit ; il n'a pas la même physionomie, il est un peu plus grand et mince ; nous échangeons quelques mots ; puis Sédir s'en va ; je me promets après de lui parler d'Alfred[6].
 
 
29-30 avril 1949
 
Nous sommes 3 à attendre le tramway (les 2 Lévy, Georges, Sadia et moi). Un tram vient et il ne nous prend pas ; on nous dit d'en attendre un autre qui doit venir ; en attendant, nous nous allongeons sur un lit et nous nous reposons ; ce deuxième tram est très long à venir, une heure ou deux[7].
 
 
30 avril  1er mai 1949
 
Un homme ; dans un immeuble ; je cherche une issue sur le dehors ; il me mène vers une pièce qu'il ouvre ; 4 personnes ont le dos tourné, debout, et en train de prier ; il y a une femme parmi eux ; ils se retournent et semblent contrariés contre l'homme.
 
Sur la terrasse ou sur un terrain au-dessus ou à côté ; je m'occupe longuement d'établir les aboutissements de 4 lignes de téléphone ; une jeune femme, belle, de beaux yeux bleus est présente ; peut être la dame qui priait avec les 3 hommes. Je m'affère[8] à mes téléphones[9].
 
 
1er ? 2 mai 1949
 
Une jeune femme, son mari est présent, une autre personne aussi ; au moment de nous quitter, nous nous embrassons, la jeune femme et moi, une fois, puis deux, trois, quatre, cinq fois. (Vers 4h).
 
Un autre rêve, après le premier sommeil, mais je ne me suis pas levé  et je n'en ai pas le souvenir[10].
 
 
2-3 mars 1949  bien avant 4h
 
Une lettre de Besson ; il m'écrit qu'après avoir bien réfléchi, il croit que je suis bien indiqué pour faciliter son mariage à un Ami ; il me prie de m'en occuper. Il m'indique cet ami ; il a une certaine situation ; il a gagné sa vie ; je crois qu'il a créé des chansons aux Etats-Unis ; il a aussi fait autre chose.
 
Je pense à m'occuper de cet Ami, à lui chercher une compagne. Puis plus tard, je pense à Jeannine ; je me demande si ce n'était pas l'intention d'Emile Besson en m'écrivant. Un peu plus tard, le rêve s'étend ; il me semble que j'invite cet Ami, ou un Ami, à venir à Oran, ou à Alger où Jeannine fait des études de Droit.
(La veille, projet par Jacques Bensoussan pour le beau-frère de son frère : Chouraqui d'Aïn Témouchent[11]).
 
 
3- 4 mai 1949 avant 1h, entre 11h ½ et 1h
 
Rêve long. Suite de scènes longues.
Une certaine somme me revient, 13, 20 ou 23 000f. Georges l'encaisse de Renach Gaston. Moi je le lui laisse. Diverses péripéties. Puis Gaston Renach aurait perdu tout ce qu'il avait. Y compris ma somme.
 
Je cherche quelqu'un ; j'ai du mal à le trouver ; je le trouve et engage la conversation ; puis vient Touboul d'Ain Témouchent, mon ex-agent ; il connaît très bien la personne que je viens de trouver ; ils partent ensemble ; je les attends longtemps ; plusieurs heures ; enfin le quelqu'un, un haut fonctionnaire ou un colonel, m'appelle de loin. Je vais à lui et nous allons dans un réduit ; je lui expose mon cas : j'ai confié une somme qui a été perdue par celui qui l'avait ; j'ai perdu aussi mes bagages ; il y avait un costume civil neuf (celui de Bensoussan valant 30 000f) et un autre costume civil usagé de 10 ou 15 000f et tout mon linge de corps, soit 70 000f ou plus ; or, je suis assuré pour les bagages pour 50 000f ; je viens lui demander une attestation qui me permettent de réclamer le montant de l'assurance.
 
Le colonel et moi nous partons ; nous allons dans un bâtiment qui est un enchevêtrement ou un labyrinthe d'obstacles qui n'en finit pas ; puis je me trouve seul et abandonné ; il me semble que c'est une prison et ses enceintes ; j'ai l'impression que l'abandon est voulu. Je cherche à sortir de là ; ça n'en finit pas ; il y a des groupes plus ou moins douteux, des chefs, ce qui paraît être des chefs subalternes ; on passe par toutes sortes de bâtiments, de lieux ; puis un enchevêtrement de planches dans lesquelles je m'engage et je me trouve empétré. J?en sors péniblement ; je tombe dans une salle assez grande où mange une quantité de gens ; on veut me retenir comme si j'étais un voleur ; j'explique avec véhémence que je suis venu avec le colonel, et qu'il m'a oublié ; il ne peut pas y avoir de billet d'entrée en prison à mon nom ; on a l'air de se moquer de moi ; j'en ai des larmes ; je leur dis : « j'ai autant d'expérience que vous avez pu en avoir et je ne vous souhaite pas de passer par où je suis passé » ; je suis complètement dénué de tout » ; on ne fait guère attention à ce que je dis ; un homme est là qui me donne une adresse à Paris où on pourra me secourir ; je réponds que je ne désire pas une aide ; j'arriverai par mes moyens personnels. Je me trouve être libéré et au-dehors[12].
 
 
5-6 mai 1949
 
Je devais un long compte de quittances à Russeil ; je ne me souviens plus si je travaille avec lui ou pour mon compte ; je vais le voir ; il est entouré d'un certain nombre d'employés, tous dans une même pièce avec lui ; je lui dis que j'ai été très occupé ; qu'il me prépare une liste des quittances qu'il m'a confiées, je pointerai et cela m'aidera à vérifier ce que j'ai encaissé
 
Je prends une place à Paris pour Marseille, en chemin de fer ; je demande aussi le prix des places sur les bateaux en partance à Oran ; l'employé des chemins de fer me renseigne longuement[13].
 
13-14 mai 1949
 
Reillon Eneih ; par suite de sa gêne continuelle, il tue et vole quelqu'un ; dans la famille et moi-même nous sommes complètement navrés ; nous nous demandons ce qu'il va advenir ; il nous fait entendre qu'il a commis le crime sans qu'il soit remarqué ; la somme qu'il a prise en billets, il la remet ; nous sommes dans une peur et une crainte affolantes ; lui si calme, comment a-t-il pu faire cela[14].
 
15-16   mai 1949
 
4 Rue de la Paix ; je monte en ascenseur ; cage de l'ascenseur non fermée ; on se place sur un piédestal en métal ; il faut se raccrocher à un câble pour maintenir son équilibre ; il est difficile de lire l'étage sur la plaque indicatrice ; le 3ème étage est marqué entre le 1er et le 2ème étage ; avant de partir, l'ascenseur est au-dessous du niveau du sol ; il faut le faire remonter ; en arrivant au 3ème étage, on tombe sur une blanchisserie, nettoyage de linge, triage, du linge neuf, le tout épars ; on passe par-dessus ; je vais plutôt au 4ème ou 5ème étages, et là je redescends en passant par la blanchisserie, pour aller au 3ème étage[15].
 
 
Lundi 16  mardi 17 mai 1949, avant 24h30
 
Un homme robuste, un cocher ; j'ai un conflit avec lui ; je manque de peu de me battre ; un moment après : il va vers un tableau qui m?appartient ; il le badigeonne ; j'étais éloigné de quelques mètres, je vais vers lui ; il est entouré d'un certain nombre de gaillards ; je les dégage, je vais vers lui, pour me battre, pendant que je l?invective violemment, je me réveille brusquement. (Le sang me bat par à-coups à la gorge[16]).
 
 
25-26 mai 1949. Jeudi de l'Ascension. Avant 4h du matin
 
Je suis dans une maison hospitalière ; je monte dans une chambre avec une femme ; elle veut aussitôt me mettre en train ; elle passe les jambes et son derrière près de mon visage.
 
Tout à coup elle se plaint de douleurs ; un restant de douleurs de manoeuvres abortives ; elle se met sur un vase, ou s'accroupit pour évacuer un restant de matières ; un docteur, ou quelqu'un qui se donne comme tel, arrive ; ils dit qu'il faut des soins immédiats ; il me fait comprendre que je dois me retirer ; je suis prêt à le faire, tout en disant : comme père de famille et d'enfants, j'ai vu de pareilles situations et il n'y a pas à s'en formaliser. Le docteur fait ses soins ; puis je retrouve la femme ; elle veut faire son métier ; je lui dis que je ne suis guère disposé ; elle insiste ; je me refuse.
 
Deux gaillards de l'établissement arrivent ; ils me présentent la note : 25 000f, plus 5f de timbres de quittance ; je proteste ; ils disent et font comprendre qu'il n'y a rien à faire et qu'il faut s'exécuter[17].
 
 
27-28 mai 1949
 
Sommeil à 11h ¼. Sommeil difficile. Je devais veiller davantage. Ou repas un peu lourd (paté). 1er rêve : oublié. Commencement de rêve érotique.
 
2ème rêve : dans une prison ; je vais voir des personnes que je connais ; je me dispute quelque peu avec les gardiens. Je reviens à cette prison ; je vais voir Tante Perle, qui elle, s'y trouve, non comme prisonnière, mais pour ne pas abandonner une parente, sans doute Julie, qui y est incarcérée. Je vais demander Tante Perle, elle vient avec un homme jeune prisonnier et sa femme ; j'avais apporté un panier pour Tante Perle et ce jeune a lui aussi un panier ; avant de repartir, je demande au jeune homme de reprendre son panier et celui pour Tante Perle ; il dit que les règlements de la prison ne permettent pas qu'il transporte deux paniers, ni qu'il revienne pour prendre le deuxième ; j'allais reprendre le deuxième panier pour le porter à Tante Perle, lorsque le portier me propose de le lui remettre ; il est en de meilleurs dispositions qu'au début ; je lui donne 100f pour ses oeuvres de secours aux prisonniers[18].
 
 
31 mai ? 1er  juin avant 1h ½
 
Satisfaire un besoin ; je demande à Christaud, assureur, s'il y a un WC ; il me dit : aller au 1er, derrière ; j'y vais ; avant moi d?autres personnes attendent, puis je m'aperçois qu'un WC est libre ; j'y vais, avant de me satisfaire, je m?aperçois que j?ai déjà fait, et mon linge est sale.
 
(Non guère suffisant avant de me mettre au lit ; je dors / repose mieux sur un fauteuil ; d?où je puis me lever à tout moment et prier[19]).
 
 
 
 
 
 


 
 
 
 
 
 
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