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Ce site / blog artistique et ludique a pour vocation de présenter mes productions, et celles d'auteurs invités : livres, poèmes, chansons, nouvelles, expositions, billets d'humeur sur la vie culturelle, politique, sociale et juridique, émissions de radion, compositions musicales électro-acoustiques.

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(273) Au Fil de l'Autre - Récital Textes et Chansons

Au Fil de l'Autre.
Le Cri, d'Edvard Munch.
  Bubble Art
présente un
Récital Textes et Chansons
avec François et Patrick Minod, Alain Gourion (textes, chansons)
Olivier ORRY et Artur Filipe (guitares)
Pour la fête de la Musique
le samedi 21 juin 2008 à 20h
au LOFTAF, 28 rue Anatole France,
à Villeubanne.
(PAF : 10€)

 Au   fil de l’autre  (Extraits, F.Minod)

  



Ça passera bien un jour

Ça passera bien un jour tout de même, ça peut pas rester comme ça c’est trop gros ce machin-là, tu m’entends c’est trop gros on peut pas le garder.
Il dit rien, il dit jamais rien quand je lui parle, il reste là dans son silence et il croit que je l’entends pas dans son silence, il croit que je vais rien voir mais il se trompe, s’il savait tout ce que je voyais il en ferait une tête, mais il voit rien dans son silence, il voit même pas que c’est trop gros, qu’on va nous repérer  et c’est toujours moi qui dois  m’en occuper  de tout et  lui il s’en fout,  il attend que ça passe comme toujours. Et les autres ils nous regardent. On a l’air de quoi avec ce truc, c’est vrai quoi on a l’air de quoi, quoi ?
Si j’avais su, je l’aurais laissé dans ses gravats, ni vu ni connu, chacun chez soi, non mais c’est vrai quoi y’a pas de raison y’a pas de raison, c’est ça que j’dis depuis le début mais lui il s’en fout il continue, il continue comme ça, mine de rien et il s’en fout des autres y’a pas de souci pour lui il est comme ça, on le changera pas, c’est ça qu’il dit, on me changera pas j’suis né comme ça  et moi j’ me dis, j’ me dis jeudi, mais j’en sais rien au fond, j’en sais rien, j’suis comme lui, sauf que lui il s’en fout de tout, alors les autres, n’en parlons pas. N’en  parlons pas tout court, ça sert à rien qu’à s’illusionner, y’a qu’à rester là et attendre que ça passe, il paraît que ça passe, on ne s’en rend même pas compte qu’ils disent, pas de trace, ça passe sans laisser de trace, c’est ça qu’ils disent les autres. Mais moi je voudrais voir tout de même si ça passe aussi bien qu’ils le disent les autres je voudrais voir si c’est vrai que ça passe sans laisser de traces, si ça s’efface aussi bien qu’ils le disent. Je voudrais juste vérifier qu’il n’y a aucune trace parce que des fois on croit qu’y a rien, on voit rien et on se dit y a rien et on y croit. On pense que si on voit rien y a rien. On est tous un peu comme ça, à croire que puisqu’on voit rien, y a rien. Et c’est souvent plus tard, bien plus tard que la trace apparaît au grand jour. Elle n’était pas là au début, du moins c’est ce qu’on croyait puisqu’on ne voyait rien. On était sûr de son fait :
- y a rien à voir disait-on sûr de soi,  pas l’ombre d’une trace, rien du tout, puisque je vous le dis.  Sauf qu’elles  étaient là les traces, z’étaient bien là, au centre du machin, dans l’ombre elles attendaient  le moment propice.
Bon, c’est pas tout ça, il faut que je me décide maintenant, je vais pas rester là à attendre que ça passe, tu m’entends, il faut y aller, alors bouge-toi un peu pour une fois, remue ta graisse, on va pas y passer la nuit tout de même, allez viens ! Mais bouge-toi bordel,  ils vont venir et on aura l’air de quoi tous les deux à attendre que ça passe. Je sais, tu t’en fous, c’est pas nouveau, ça dure depuis que je te connais mais tout de même, on a notre fierté, on va pas les laisser croire qu’on attend sans rien faire. Tout de même. On va pas leur donner ce plaisir-là, non mais c’est vrai quoi, il ne manquerait plus que ça.
- Que faites-vous ?
- On attend que ça passe
Tu t’imagines un peu la scène. C’est pas possible, le mieux c’est de bouger. Ils verront rien si on bouge, ils se diront pas  mais qu’est-ce qu’ils foutent ces deux là, plantés là, c’est pas normal, je suis sûr qu’ils attendent que ça passe. Non ils diront pas ça si on bouge, ils verront rien de particulier, il y a tant de gens qui bougent, qui s’affairent, personne n’y fait attention, c’est la tendance générale, aller, venir, marcher, courir, surtout ne pas susciter la curiosité, passer son chemin, mine de rien, surtout ne pas donner à voir qu’on attend que ça passe. Bouger toujours, aller vers, paraître décidé, déterminé, motivé, concentré, tendu tout entier vers l’objectif. Tu comprends ? Non ? C’est pourtant simple. Tu n’y crois pas ?…
Bon tu fais ce que tu veux, moi j’y vais, je ne vais tout de même pas rester là, à attendre que ça passe avec toi, non, je vais y aller, je passerai devant eux, tranquille, je ne les regarderai

pas, je ferai comme s’ils n’existaient pas, c’est le meilleur moyen de ne pas attirer leur attention. Passer son chemin, paraître occupé, surtout ne pas s’arrêter, jamais, ça peut être fatal s’ils s’en aperçoivent.


                                                                     ***




 L’homme pressé
Alors qu’il s’apprêtait à descendre les escaliers, les marches se mirent à se contracter, se rétrécir, formant de larges rides de béton. Les marches, convulsivement remuaient en tout sens. L’homme pressé se résolut à prendre l’ascenseur. Il appuya sur le bouton d’appel, son doigt fut aspiré, puis son bras, puis tout son corps. L’homme était pressé.

                                                                      ***


Bleu
Le ciel est bleu, la mer est bleue, le soleil est bleu, il pleut.
                                                                    
                                                                      ***



Le visage de l’autre (1)
 
De dos je l’aperçois, est-ce elle ? Vraiment ? Cette courbure en bas des reins, cette allure, je presse le pas, la foule est dense, j’hésite, je veux et ne veux pas savoir, je ralentis, elle est à ma portée, à portée de regard, il suffirait que j’accélère un peu pour voir son visage. Subitement elle tourne, disparaît de mon champ de vision, je sens battre mon cœur, je la perds, il faut que je la rattrape, je veux y croire, il y a d’autres couloirs, c’est une immense toile, et je cours à droite puis à gauche, je ne sais plus, mon cœur s’emballe et ma tête et mon sexe et tout mon être. Ne sais plus où elle est passée, je l’ai laissée filer, c’est comme ça à chaque fois, je veux et ne veux pas la voir, de dos oui mais pas de face, ne sais pas la raison, ne veux pas savoir. Et tandis que je parle elle a disparu. Et je reste avec cette impression d’elle, je l’ai perdue encore une fois et ne saurai peut-être jamais quel est ce visage dont l’empreinte me hante.


                                                                     ***
« Maudit Mot » (Chanson P.Minod)


Refrain
Ce joli mot, ce maudit mot d'amour
Que ne te l'ai'je dit, écrit en retour
Dans l' creux de tes reins, le galbe de tes seins
Que ne te l'ai'je dit, écrit, c'petit rien
Dans la jungle d'nos nuits d'automne à Paris
Dans les plaines froides, figées de Sibérie
Quand le soleil se couche là bas à son tour
Que ne te l'ai'je dit ce mot sans détour


Couplet
Les mots convenus sont des déserts sans issus
Où flottent un océan de paille, un vent reclus
Quand vidés de leur moelle ils restent dans les nues
Suspendus aux lèvres tremblantes, désir déchu
Ne pas dire sa joie, sa gène, ne pas être vu
Cache cache comme seule hygiène, pilules anti bévues

Refrain

Couplet
Quand la parole n’est plus que plainte, murmure, soupir
Et qu’elle se pétrifie, pourquoi ne pas la dire
Ces mots perdus dans la limbe, les non dits d’hier
Comme des jouets fantômes dans les greniers, ils errent,
L’amour comme la haine parfois ne peuvent être dit
Marre des âmes en peine, et vive la comédie

Refrain

Couplet
Quand le verbe broie du noir qu’il s’rejoue la grand’ scène
Sous le pont Mirabeau mais où donc coule la Seine
Prisonniers de ciels gelés, de lunes accroche-coeurs
Les mots d’humeur chavirent en de bilieuses rancoeurs
Comment soigner ces maux, cette lancinante douleur
Un souffle, un sourire, un mot, un baume au coeur

-------------------------------------

Ephémère (Texte P.Minod)

Le lent contournement du train
Dans cette plaine infinie
que borde la montagne

Que de rêves perdus
Dans cet océan du bout du monde
Que de sourires gâchés

Aux portes de l’automne  
le temps s’immobilise
devient racine

De cet égarement amoureux
J’en extrais toute la pulpe
Je provoque l’ivresse

Derrière la vitre le soleil dévore la terre
inonde le wagon

Au loin le chant des sirènes

Ni attaches, ni boussoles
Ni remords, ni regrets

Les champs s’ouvrent, la terre s’écarte
Le train vole sur les rails
Que nos regards se croisent ou non
Dans le hall de la gare
Au diable l’amertume

Aujourd’hui l’éphémère sera éternité

-------------------------------------
« Marre » (chanson P. Minod)


Refrain
Aucun oiseau de passage
Ne rêve encore dans ce pays
Ecoute moi
Où que tu sois
Quelles que soient les couleurs passées
Envie de toi
Où que tu sois
Quelles que soient
Les digues jetées

Couplet
Que la lune sur ton visage
Efface les nuages de l'ennui
Ici l'océan n'a plus d'âge
Les soleils se couchent à minuit
Le lagon est bien trop sage
L'azur trop infini
Marre du paradis, des alizés    
Des lézards verts, des cocotiers
Marre du sable blanc, des vahinés
De l'eau turquoise, tous ces clichés

Refrain

Couplet
Que la brise sur ton regard
Renverse tous mes horizons
Ici Gaughin a perdu l'espoir
D'un monde nouveau foin des canons
Son dieu païen l'a laissé choir
Lumière figée, trop de saisons
marre des daiquiris, des azalées
du rhum frappé sous les palmiers
Marre de ces émois des quant à soi
des coraux rouges ou mordorés

Refrain

Couplet
Que tes hanches, tes seins, tes soupirs
irise ma vie de Robinson
Ici tout part à la dérive
Atoll perdu dans la mousson
Le temps nonchalant s'étire
Sable étourdi par l'érosion
Marre des paréos, des orchidées
Des bénitiers, des cétacés
Marre de ces cancans, de tout ce temps
Des parasols blancs, des flamboyants
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Patrick Minod
Etudes supérieures en sciences humaines et en musicologie,  chargé d'enseignement à HEC et à l'Ecole Centrale de Paris, il dirige une entreprise spécialisée dans  le coaching, l'art oratoire et la cohésion d'équipe. Il intervient auprès de cadres dirigeants, d'hommes politiques, d'artistes et de coachs qu’il forme et supervise. Le thème de la présence physique et vocale, conjugué à celui de l'identité et de la créativité sont au cœur même de son approche. 
Après un parcours de plus de 15 ans dans le domaine de la création artistique (théâtre musical contemporain), il a repris depuis peu l'écriture de chansons et la composition musicale.


François Minod :
Après avoir exercé pendant 25 ans des activités de professeur en Sciences sociales dans l'enseignement supérieur et de conseil dans le monde de l'édition, François Minod se consacre désormais à l'écriture et au théâtre .
 
Son ouvrage "au fil de l'autre" publié en mars 2008 aux éditions Hesse est une déambulation poétique autour de ce qui, en creux, murmure. En deçà des mots dits, un monde étrange, insolite, affleure à peine et s'insinue dans les petits plis du langage où l'autre, en embuscade attend…
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L
Nous sommes allées consulter une partie de ton blog qui est absolument fascinant tellement il aborde des sujets variés et intéressants... Nous nous permettrons d'aller nous balader et nous enchanter de temps en temps.. A très bientôt. Lucia, Natasha et Sarah.. 
Répondre
B
<br /> Trois d'un coup, mais je rève...<br /> <br /> <br />