Abel GOURION, Rêves transcrits, XX, 1953-1
Des Fleurs à ma Mère
14-15 janvier 1953
Je devais aller en voiture attelée à la plage avec la famille ; il y a un service de voiturier. Mais il ne vient qu'une voiture de 4 à 5 places après avoir attendu toute la journée. Il est déjà tard dans l'après-midi. Je dois retrouver l'automobile que j'ai laissée et qui me permettra de continuer. C'est un jour où il y a foule à la plage.
Je dois m'habiller. Je mets un temps fou. Je cherche des boutons de col et des manchettes. Je fais tomber une petite boîte contenant une quantité de petites perles, boutons et diverses petites pièces. On se met à 2 ou 3 pour les ramasser.
17-18 janvier 1953
Je veux remettre des fleurs à ma mère.
Je me dis d'en prendre aussi pour Adrienne. Je ferai plaisir à toutes les deux.
18-19 janvier 1953
Une réunion de membres de notre famille. Je vais à un secrétaire pour sortir une revue spirituelle. Je veux en parler à un invité (qui n'est pas un parents). Il doit venir aussi un rabbin. Parmi les parents, un fils ou une fille de Kalfon Pimienta. Un fils plutôt. Il est grand comme son père et lui ressemble.
Une grande cheminée d'un immeuble au rez-de-chaussée (en face de celui où je me trouve) s'est écroulée. Puis l'eau monte dans l'immeuble en face, qui devient comme une petite piscine. Un scaphandrier
descend pour rechercher la cause de l'inondation.
26 janvier 1953
Marie. Tuberculose du rein.
7-8 février 1952
Il y avait avec moi 4 à 5 relations amicales. Je reçois 2/3 lettres d'affaires qui me semblent importantes. Je prends des rendez-vous avec les amis (avec chacun) pour le lendemain. Dès le matin, encore dans la nuit, je vais chercher en auto Joseph Médioni. Puis les autres rendez-vous. Je suis très pris, occupé et absorbé.
Une visite chez Sotto. Vente en gros. Je sors un tas d'échantillons de tissus que j'ai reçus . Lainages. Vêtements. Tous très minces, à ce qu'il me semble. Venant d'une maison italienne.
27-28 février 1953
Il est question dans une note ou une brochure, ou un ouvrage, de Sédir, Le Maître. Maman (ou Adrienne) vient me dire qu'il y en a un aussi grand à Oran. Je lui demande qui le lui a dit. Elle répond qu'elle tient ce renseignement de quelqu'un qu'elle connaît et qui habite ici.
Un champ, un petit champ. Quelqu'un avec lequel je m'entretiens s'en occupe. Il y a plusieurs personnes. L'une d'elles veut le réserver pour un emploi particulier. Elle ne peut le faire. Les règlements interdisent cet usage ( ?) Lequel ? Il nivelle donc le terrain et il me dit qu'il veut en faire un pâturage. Il achètera six bêtes et en mettra sur ce carré de terre 2 chaque jour à tour de rôle, les 4 autres restant à l'intérieur de l'étable. Je lui suggère de mettre aussi les 4 autres dehors sur un autre terrain un peu derrière le carré en question. Les bêtes seront ainsi toutes au-dehors. Ce quelqu'un me dit qu'il craint le soleil pour les bêtes. Je réponds qu'on peut les placer sous l'ombrage des arbres qui s'y trouvent. Je vais voir ce terrain et le parcours. Il est assez grand. Il y a des arbres en assez grande quantité. Je me dis qu'on pourra même attacher les bêtes pour qu'elles ne s'éloignent pas trop. (4-5h matin).
1er-2 mars 1953
Je recommande à une Cie de navigation italienne (dont j'ai été le commissaire d'affaires) un italien expert et constructeur naval, pour qu'elle l'emploie à diriger des constructions de navires. Du moins, je dis à cet expert que je vais préparer cette lettre.
J'apprends par Georges Gourion ou toute autre personne (Gaby je crois) qu'une colonne ennemie aurait tourné, dans le sud des adversaires. Puis 2 émissaires sont chez moi. Ils me disent qu'ils viennent chercher l'Italien, qui est chez moi. Il aurait trahi et serait destiné à être exécuté. Je ne sais au juste pourquoi, je le leur livre. Les émissaires partent. Ils sont dehors quand je les rappelle et les fais revenir dans mon bureau. Les émissaires seuls. Mon bureau est encombré par nos enfants Alain et Yves, et d'autres. Je perds un temps fou à obtenir qu'ils sortent de la chambre. Je veux être seul avec les émissaires. Georges G. est là allongé sur un brancard. Il est malade. Je me propose de dire aux émissaires que j'ai livré le traître sans avoir trop pesé ma décision. Je veux leur demander de ne pas le condamner à mort. J'avais le droit de ne pas le livrer. Les émissaires vont me faire valoir que cette trahison a été grave. Qu'elle a touché une foule de combattants qui ne comprendraient pas une mesure de clémence. Je veux quand même rester ferme et dire que s'il le faut, je les accompagnerai et plaiderai
et défendrai la vie du coupable. La colonne qui avait tourné les troupes était justement destinée à s'emparer de ce coupable. Celui-ci, avant que je le remette avait dit : voici 5 ans que ces faits sont arrivés. Depuis je me suis repris. Si je restais avec cet homme (il parle de moi) je serais transformé et ne serais plus le même. (Ce rêve est le reflet d'un roman policier lu la veille, où il est question de luttes et d'espions italiens, nazis, en lutte avec les services secrets français et anglais).
13-14 mars 1953
Un évêque. 
Je suis à sa gauche. Nous sommes tout un groupe autour d'une table. A un certain moment, l'évêque veut indiquer qu'il ne faut pas avoir peur de parler ou d'agir. Il en donne une démonstration en montrant son avant-bras droit dont il fait saillir les muscles. On voit alors apparaître des dessins sur la peau, des tatouages. Je suis ému, je vais à l'Evêque pour l'embrasser, le serrer. Mais je prends sa main qu'il me tend et que je baise.
15-16 mars 1953
Une réunion de personnes pour assister à une épreuve qu'on me fait subir. On me donne une jeune femme. Je la prends. Je fais l'acte d'union,
mais sans le résultat final. Une des personnes présentes est seule. Je la regarde. Elle fait comme si elle ne me voyait pas, et me dit : Bien, on verra. Je comprends que je n'ai pas abouti ou réussi.
Vendredi 17 avril 1953
Je me sens subitement assez vide.
17-18 avril 1953, le matin.
Je monte sur un tramway, d'une forme étroite. Il est bizarrement construit. Dans la partie « voyageurs » on enjambe des obstacles. Il n'y a pas de toit de véhicule. Le tramway roule et enjambe des obstacles (entre des immeuble ou des vides) en roulant sur des câbles qui sont presque invisibles. Je me demande comment il tient.
27-28 avril 1953
Un groupe d'officiers viennent nous voir Adrienne et moi. Nous sommes en un lieu isolé au haut d'une montagne. Je crains qu'on ne fasse la cour à Ad. Les officiers nous font préparer un repas. Je cherche Ad. Je trouve en un endroit des mauresques ; elles font des pâtes, des vermicelles qui sont étendues à terre. Je vois Ad. ; elle est enveloppée dans un voile ou un tissu fin ou une robe de toute beauté. Elle est étendue. (La veille, longue lecture Soufisme, Saints musulmans).
9-10 mai 1953
Un banquet où je n'étais pas invité
.
2-3 juin 1953
Je feuillette des revues Amitiés Spirituelles. Il y a là Bensoussan et Lasry. Dans une de ces revues, je trouve une ou plusieurs lettres de Sédir, assez longues. Je fais remarquer : S. était très chic, il n'hésitait pas à répondre, à écrire chaque fois qu'on lui écrivait, malgré son travail, ses occupations.
Mercredi 3 juin 1953
Du travail à quelqu'un qui ne peut effectuer qu'un travail limité. Benaïm. Une aide à quelqu'un qui en a besoin : Marie ((Lavranne). Lanery, juge de paix.
5 juin-6 juin 1953
Avec un fils Benichou (les professeurs), l'Aîné, et ce n'était pas Paul. J'ai un entretien. Je dis : à cause d'André Benichou, tous les frères sont partis avec lui en Amérique.
(Il y a encore 2 ou 3 autres rêves à me ressouvenir).
15-16 juin 1953
Je me livre à des études. J'hésite à les continuer. Un professeur m'y engage.
16-17 juin 1953
Mon Père se trouve fatigué ; il s'enferme dans sa chambre ; je le sais en danger. Je vais à la porte de l'appartement ; je la ferme bien ; je pousse les verrous intérieurs. Puis la porte aussitôt s'ouvre, comme d'elle-même ; entre et passe quelqu'un que je comprends être un adepte. Il va droit à la chambre de mon père ; il le touche et celui-ci se reprend aussitôt et redevient normal. Je comprends que mon père était un adepte. L'adepte me dit que mon père a oublié ou négligé une petite précaution, ce qui l'a mis en danger. Il m'explique qu'il possède une petite baguette ; à chaque croisement de rues, elle lui permet de connaître la direction à prendre. Je m'explique avec l'adepte. Je ne trouve pas qu'il devrait être nécessaire d'avoir un instrument pour se guider ; je veux dire qu'on doit pouvoir se guider par soi-même. J'ai un jeune bébé dans mes bras ; mon coeur est sur le sien ; il semble que dans cette disposition touchante, je veuille dire quelque chose et expliquer comment je conçois les dispositions spirituelles ; je veux dire que mon oreille est sur le coeur de l'enfant ; et l'adepte m'observe avec attention. Dans cette disposition, je m'efforce de mexpliquer, ce qui est quelque peu complexe.
Matin 3h. Une réunion d'Amis, une douzaine, avec Sédir, Besson. A la fin de la réunion un Ami fait la prière. Nous sortons tous et allons prendre un train ou un métro. Un ami prend 10 places. Moi je prends la mienne. Je m'embarrasse avec la monnaie, le portefeuille, la valise. Si bien que le train part et je reste sur le quai.
Une malade est étendue près de moi, sur le quai ; elle geint, elle souffre ; je lui parle. Puis j'ouvre ma valise et l'étend derrière moi. Je m'entretiens et me retourne pour parler à 2 ou 3 employés de gare : une dame qui vend ou occupe un poste et d'autres personnes. Quand je cherche ma valise, elle a disparu ; cela n'a pas pu se faire sans la complicité de ceux auxquels je parlais et qui avait la valise en face de leurs regards. Je fais un raffut du diable. Vient un chef ou sous-chef de gare qui est ivre et veut envoyer tout le monde promener. Un autre vol de bagages vient d'avoir lieu.
Je circule sur des trottoirs assis assez bas sur une sorte de trottinette d'enfant, comme en ont les enfants. Assez basse. Sur la route je reprends le véhicule en mains.
3/4h. Un hélicoptère s'élève au-dessus d'une route. Il est dirigé du sol et maintenu par un fil que tient un homme. Une auto arrive et l'homme fait des signes et parle pour que l'auto s'arrête. Mais elle passe et emmêle le fil qui tient l'appareil. Une dame vient aussi avec une auto. Le 1er homme qui semble son mari la prévient de ne pas passer ; elle n'entend pas ou n'écoute pas et passe. Et elle emmêle encore le tout. Le 1er homme réclame au second le montant des dégâts. Ils en discutent.
21-22 juin 1953
Je sens dans mes intestins des matières fécales en boules, ce qui indique de la constipation. Cette constipation se maintient même si je vais à la selle en employant la coréine. Les matières mêlées de coréine passent ; celles sans coréine (paillettes) ne passent pas.
Je recherche dans un immense hôtel, luxueux, ma chambre. Je ne sais plus la trouver. Cet hôtel comporte des halls de commerce du plus haut luxe. Ainsi, je vois des jeunes femmes belles, parées magnifiquement, faire les mannequins, en rampant, en se suivant sur le sol et en faisant avec la bouche d'étranges mouvements. Je ne trouve, ni le palier, ni l'endroit de ma chambre. Je suis avec un voyageur mystérieux, un homme d'affaires ou un explorateur. J'échange quelques mots.
Est-ce avec ce voyageur ? Il a un souci, une inquiétude, un secret lourd. Je veux essayer qu'il se confie, non par indiscrétion, mais comme je lui dis, parce que en se confiant, il trouvera ensuite la chose ou la situation dans laquelle il se trouve moins irrémédiable. Je m'efforce de m'expliquer le mieux que je puis. Mais il ne donne aucun signe de réponse.
28-29 juin 1953
Une famille dont 2 jeunes filles mattend pour un repas. En m'y rendant, je me trouve à Paris, en un lieu élevé, un magnifique paysage. C'est éclairé par la lune. En fait, c'est un foyer lumineux, une lumière électrique qui se reflète sur un plan d'eau. Tout le paysage est éclairé. Il est beau. Je suis sur une élévation, tout près il y a la chute d'un précipice, ou plutôt la dispersion du terrain. Pendant que je regarde, arrive un couple. La dame regarde puis m'adresse la parole en anglais ; je réponds en français. Tant bien que mal la conversation s'engage, car la dame parle un peu le français. Elle me questionne ; je sors de ma poche 4 à 5 couteaux dont 1 plus grand et les lui passe, et différents autres objets. Nous conversons et je vais avec elle. J'arrive dans un parc, très grand, des espaces. Alain est avec moi. Il semble que ce soit un très grand hôtel.
Dans une salle d'archives, on me communique des pièces. Dans ce dernier lieu, nous somme 4 à 5 Nous devons prendre un bain. On me donne le groupe à diriger. C'est au 3ème étage (l'endroit des archives). Nous devons là prendre notre bain. J'ai un paquet ou 2 dont je suis embarrassé. Pour atteindre un ascenseur, où il y a beaucoup de monde, nous prenons la file. En haut, au 3ème étage, diverses personnes, et conversation. Mes paquets se défont. Je les refais.
Le lien du sang. Le moustique.