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Ce site / blog artistique et ludique a pour vocation de présenter mes productions, et celles d'auteurs invités : livres, poèmes, chansons, nouvelles, expositions, billets d'humeur sur la vie culturelle, politique, sociale et juridique, émissions de radion, compositions musicales électro-acoustiques.

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(99) Abel GOURION, Rèves transcrits III - 1935 -Le feu

 

Abel GOURION

  Rèves transcrits III (1935) Le feu

Abel et Adrienne Gourion, Mariage

 Les feux de cimes

"Si nous rêvions toutes les nuits la même chose, elle nous affecterait autant que les objets que nous voyons tous les jours. Et si un artisan était sûr de rêver toutes les nuits, douze heures durant, qu'il est roi, je crois qu'il serait presque aussi heureux qu'un roi qui rêverait toutes les nuits, douze heures durant, qu'il serait artisan" (Pascal, Pensées).

Fin décembre 1934 ou commencement 1935
Une voiture avec dessus une grande machine à écrire ; les caractères sont chinois. Puis 3 chinoises de grandes tailles. Adrienne s'entretient avec elles ; elle me dit qu'elle savait quelques mots de chinois.
 
Samedi 5 janvier 1935
J'étais cuisinier dans l'armée. Une grande bassine de haricots non consommés ; pour la vider, je fais couler de l'eau claire jusqu'à ce que les haricots disparaissent.
 
14-15 mars 1935, le matin de 1 à 3h.
Un rêve dune forme assez sévère : Nous étions quelques-uns. Notre maître paraissait sévère quand à l'application ou l'exécution du travail. Un restaurant plutôt étroit. 
Quand on parlait au Maître on se découvrait, on restait droit. On attendait qu'il fasse signe de partir. Il ne commettait pas de négligence, tout en ne se fiant pas entièrement à nous.
La salle de restaurant ; en guise de manteau, j'avais la sortie de bain qui me sert à la maison ; on passant je la laisse, on la perds ; quelques lazzis contre moi. J'ai honte de moi. 
Salle étroite. Tables serrées. Une place entre 2 poêles, ou une près de la porte d'entrée, exposée à l'air froid d'un côté et à la chaleur des poêles de l'autre.
 
11-12 avril 1935, 2 à 4h matin
Une automobile. Quelqu'un y met le feu avec de l'essence ; je le signale à des soldats et des officiers qui sont tout à côté. Les soldats combattent le feu ; ils jettent de l'eau dans la direction de l'auto brûlée et d'une autre qui est à côté et qui risque de prendre feu. Je les invite à lancer l'eau dans une direction opposée.
 Les feux de cimes
En voyage, en chemin de fer, le passeport manquait.
 
15-16 juin matin
 
Nous cherchons un local à Oran(8) Blason de la ville d'Oran (description héraldique à l'agrandissement).pour les Amis. Nous en trouvons un assez grand dépendant d'une organisation protestante. A cause de cela nous préférons ne pas le prendre. Nous en cherchons un autre, avec les amis d'Oran. 
Depuis 3 à 4 jours, le matin, rêves non notés.
 
23-24 juin 1935
Conversation avec Besson au sujet du chèque postal, non envoyé ; je lui disais que j'avais annoncé un chèque mais qu'en allant faire un paiement à la Compagnie du Gaz il ne m'était plus rien resté ; et j'étais gêné depuis plusieurs mois. Il me répond qu'il avait été étonné de ne rien recevoir ; à quoi je dis que la poste faisait rarement d'erreur dans les chèques postaux. 
J'écrivais cette lettre à Sédir (je crois ??) et le même jour je partais pour me rencontrer avec Besson.
 
15-16 juillet 1935 (matin 3 / 4h)
Les rêves sont fréquents quand je dors mieux et plus longtemps.
 Sigmund Freud
Jean X à la gare d'Oran. Il était inquiet et agité, au point que j'ai cru tout d'abord à un incendie chez lui destiné à masquer sa gêne. (J'ai eu dans la journée à parler de cela avec ma femme).
Un Jardin la nuit, éclairage par ampoule électrique. J'arrose ce jardin.
Un peu plus tard une forte pluie (dans le rêve).
Un bureau, quelques personnes ; le tout assez sévère. Un entretien dont il ne reste plus l'objet ; un assureur ; la manière d'arrêter ses comptes ; les déficits à éviter ; un compte chaque mois, mais pour les vacances un compte pour trois mois.
 
26-27 juillet 1935
           Une conversation avec Maître Sépulcre avocat au sujet de            mon  procès Phénix Muché. Eléments de cette                        conversation.
 
6-7 octobre 1935
Rencontre avec Sédir, dans un lieu très animé, une foire. Je visitais sa maison : cela avait la disposition d'une petite  encastré dans la terre. Ma famille était avec moi. Je soutenais Sédir à la hanche, il paraissait marcher avec difficulté, sa jambe gauche, en appuyant ma main dessus, portait un appareil orthopédique comme chez les amputés. Sédir me dit qu'il y avait la formule de deux liquides (je pensais à l'élixir de longue vie) dans les Bulletins ou les écrits. Il recommandait d'étudier avec soin. Il me montra un petit réduit, très étroit, où il me conseillait de m'enfermer plusieurs jours. Sa maison se trouvait dans un lieu très animé, une foire peut-être, et à Marseille, semble-t-il.
 
10 / 11 octobre 1935
Je bois de l'eau à une source. Plus tard en ville, je recherche
cette source.
 
26 / 27 novembre 1935 (le matin du 27 à 5-6h)
Conversation avec un employé de Allouche de Casablanca ; je lui demandai si le groupe acheteur d'immeuble à Oran avait répondu ; il me dit : oui ; je demande s'il est d'accord pour acheter : il répond oui de nouveau.
 
29-30 novembre 1935, 5-6h matin
Je rencontrai Sédir, vêtu comme un de ces espagnols voyageant de village en village, avec leur matériel pour faire des matelas : aiguilles, fils etc. Sédir était petit et gros.
 
2 / 3 décembre 1936
Un assassinat auquel j'assiste de loin.
20-21 janvier 1936
J'ai souvent eu, il y a quelques années des rêves dans lesquels je volais dans les airs, avec assez de facilité, sans le concours d'aucun instrument, en remuant bras et jambes. Cette nuit, je volais ainsi, mais pas très facilement, assez lourdement. Sédir signale que ces rêves indiquent de la vanité.
 
21-22 janvier 1936, 10h40
Sur une sorte de torpilleur, navire de guerre, rapide et effilé. Je me trouvais à l'extrême pointe avant, derrière moi Jacques Bensoussan (céréales). Le navire se dirigeait vers la terre, rapide ; il s'approchait d'une sorte de mur de bastion qu'il touchait légèrement par sa pointe avant ; cela le fit dévier, et le dirigea vers le rivage.
Réflexion de Bensoussan pour moi : « Pauvre diable ». J'étais menacé en effet d'être écrasé. Je pensais qu'il le serait avec moi. Mais la manoeuvre semblait être voulue ; le navire n'eut pas de dommage en touchant le mur du bastion, ni en atteignant le rivage.
Un peu plus tard visite d'un arsenal. Je montai sur une yole occupée par de tous jeunes, ronds et joufflus, qui me disent que cette yole est pour eux.
 

 (8) Oran: Oran, (arabe: Wahran les deux lions) ville et port du nord-ouest de l'Algérie, chef-lieu de la wilaya du même nom, sur le golfe d'Oran. Située à 450 km d?Alger, on l'appelle aussi El Bahia "la radieuse" ou Wahran, emprunt arabe au berbère, signifiant "des deux lions", dont Oran est la transcription européenne. http://fr.wikipedia.org/wiki/Oran

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