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Ce site / blog artistique et ludique a pour vocation de présenter mes productions, et celles d'auteurs invités : livres, poèmes, chansons, nouvelles, expositions, billets d'humeur sur la vie culturelle, politique, sociale et juridique, émissions de radion, compositions musicales électro-acoustiques.

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(98) Abel GOURION, Rèves transcrits II (1931-1934) - La dent

Abel Gourion

  Rèves transcrits II (1931-1934) La dent

18-19 mars 1931
 
 
 
Au sommet d’une éminence de terre ; au-dessous une terre qui semble assez éloignée à atteindre. Nous descendons, ce n’est pas si long à atteindre.
 
23-24 mars 1931
 
 
 
 
Juste au 1er sommeil. Avant 11h du soir.
On sortait mon cadavre, d’une prière. Je me réveille fort brusquement.
 
Plus tard dans la nuit :
Une sorte de conseil politique, comme une cour privée d’un roi. Je soufflette un premier personnage, puis un peu plus tard, un second, et un troisième personnage. A un moment, sur un signal imperceptible du premier personnage souffleté, je suis vivement saisi par un bourreau, puis un second. Ils me font sortir et m’engagent dans une sorte de puit. Cela descend sans que je sache comment, puis je m’engage par moi-même dans une sorte de réduit, et je me dirige vers le lieu qui semble devoir être celui de mon exécution.
Je me réveille assez agité.
 
19.20 octobre 1931. Avant 3h ½ du matin
 
 
 
 
La route de Mers El Kebir [2] barrée ; une route que l’on refait entièrement ; les automobiles étaient passées et ne pouvaient revenir ; il fallait un grand détour.
 
Une jeune fille guide un jeune aveugle ; il la recherche. Je la trouve faisant de la culture physique avec mon père Georges ; nous en faisons ensemble.
Un enfant insiste pour que je le ramène à Oran ; il insiste trop ; je l’envoie promener.
La mer, le monde, mon automobile, des amis. Cohen (de chez Lévy) me dit  « je te vends des orges ».
La route de Mers El Kébir toute défoncée. Le réveil de beau matin ; la jeune fille qui passait ; à sa recherche ; elle venait acheter quoi : de l’orge.
Elle était bien faite, bien moulée ; sa culture physique en maillot de bain.
 
30-31 mars 1931
 
 
 
 
 
Un rêve. Sédir ou un Ami y était mêlé. Je ne me souviens plus sous quelle forme.
 
Presque pas de rêves notés jusqu’en février 1932.
 
 
2-3 avril 1932. Vers le matin avant 3-4 heures.
 
 
 
 
 
 
 
Un lieu très vaste où doit se donner un très grand concert, de nombreuses salles où sont assemblés des enfants des écoles, des musicicens. Pour descendre, comme une échelle. La ville. Une église…
 
 
 
 
 
 
 
5-6 mars 1934 (matin)
 
 
 
 
 
 
Conversation avec l’élève d’un rabbin ; il paraissait connaître bien des choses sur la vie. …. (Avant cela une réunion, ou à la synagogue avec ce rabbin et un autre) puis repas de tous (il y avait du monde, entre autres … Gourion, Julie Gourion, Mme Maxime Cohen) avant d’aller à la synagogue. Nous descendons dans la rue, il va pleuvoir, nous attendons un tramway ; je voulais étudier la tradition rabbinique, puis je me dis que c’était inutile. Qu’étant avec les Amis, cela suffisait.
 
(A noter que Georges Krielt m’a entretenu peu de temps après, ou avant (je ne me souviens plus) d’un livre ancien qu’il possède et qu’un rabbin de passage voulait lui acheter, et qu’il n’a pas voulu vendre). … Georges Krielt semble être au courant de questions rabbiniques (je crois la Kabbale) ; nous conversons souvent ; sans aborder cependant ces sujets. Je le sens autour de moi (écrit le 12 juin 1934).
 
21/22 juin 1932 au matin après 3h
 
 
 
 
 
 
 
Avec M. Stay, … de la Suverpool de London et Globe [4]. Nous visitons un risque de la CADUM auquel faisait suite un risque de la maison Molinari-Bors. (En réalité la CADUM a pris la suite d’un risque Molinari. Les 2 risques ne sont pas ensemble. (Dans la même journée, avec M. Schicroun Isaac, nous nous sommes entretenus de Molinari, et j’ai pensé à une visite à faire avec M. Stay). Dans le risque Molinari on voyait des machines fonctionnaient[2]. La force motrice est dans les sous-sols. Puis je perds de vue M. Stay ; je le retrouve, il était malade ; il vomit des matières fécales, où l’on voit des vers. Il se glisse dans une ouverture dans un mur. On l’en retire.
 
21-22 juin 1932. Matin 3h environ
 
 
 
 
 
 
 
Une maison appartenant à la famille Solal, d’Oran, négociants en céréales ; une grosse maison, un château bâti sur une roche en pleine mer ; je m’y rends en barque. C’est pour une déclaration d’incendie d’appartement. Des effets ont été brûlés dont on réclame le paiement. L’assurance m’avait été donnée par le gendre M. Chiche. Je rencontre Georges Gourion dans cette maison où il arrive avec un fils Solal ;
puis Esclapez, son beau-père. Puis le retour en barque. Puis je vois que ce château est près de la terre. Je demande à descendre pour aller déjeuner, il y avait longtemps que je n’avais rien pris.
 
 
8 mars 1933 vers 5 ½ à 6h ½ du matin
 
 
 
 
 
 
 
Une salle de spectacle. Un numéro composé d’un couple, l’homme grand, la femme petite. Il y avait des tables pour consommer, l’homme fait des gestes sur les murs ; et au fur et à mesure des desseins[1] se formaient. Puis je me trouvais allongé dans un autre coin de la salle ; des yeux fixés sur moi, les mains de l’homme sur mon nez ; il voulait m’endormir, m’hypnotiser. Quand je m’en rends compte, je me trouve dans les bras de la femme ; je me dégage vivement ; je reproche véhémentement à l’homme d’avoir essayé de m’hypnotiser. Le rêve est précis, net, clair, très prenant ; mieux vécu qu’une scène de la veille.
 
26-27 octobre 1933
 
 
 
 
 
Je monte une jument (c’est la première fois que je monte une bête, en rêve). Une promenade à la campagne (vers le matin).
 
14-15 nov. 1933
 
 
 
 
 
 
Réveil agité à minuit et demi, le souffle court. J’entendais mon souffle.
 
Je me suis disputé avec X (Benkim…). J’avais dit du mal de sa compagnie à un client, qui l’avait répété à un autre client, auquel je présentais des contrats, et qui ne voulait pas traiter avec moi. Je m’adresse alors à X, et je demande qu’il répète ce qui lui a été dit, de mes paroles ; X proteste très fortement. Nous étions X, le 2ème client, 2 ou 3 personnes et moi.
 
Lundi 12 février 1934 (nuit du 11/12)
 
 
 
 
 
 
 
Rêve prolongé ou séries de rêves.
 
 
C’était pendant la guerre ; un jour je m’éloigne de mon cantonnement ; je prends un chemin de fer ; en cours de route je descends, à 100km environ de mon point de départ.
 
Une épicerie, on sert des denrées ; il y a beaucoup de monde ; on attend son tour ; puis on me sert. Au moment de sortir je veux prendre une douche ; il y a quelqu’un avec moi ; on doit faire la guerre pour prendre soit un ticket, soit du linge ; une deuxième guerre pour recevoir autre chose.
 
La salle prend alors l’aspect d’une salle de fêtes ; de belles jeunes filles et dames servent les soldats. Sédir vient se placer parmi elles. Un peu plus tard on distribue des objets, j’obtiens quelque chose d’assez insignifiant ; je ne sais plus quoi ; si : un ruban mince de machine à écrire. J’avais eu de l’hésitation pour aller à Sédir ; puis il n’est plus là.
Je suppose qu’il s’est retiré avec des Amis pour prier ;
 
Puis je me trouve avec Besson [3], et une autre personne ; nous l’accompagnons chez lui, une petite villa qui monte ; nous le quittons
à la porte. Je m’en vais, puis je reviens ; je sonne, la sonnette me vient dans les mains ; un domestique arrive ; il dit que Besson est
parti à ses affaires ; je crois le voir à travers un mur.
 
9-10 juin 1934
 
 
 
 
 
 
Vers 2 à 4h matin. Rencontre avec un Ami. Très précis.
 
24-25 juin 1934
 
 
 
 
 
 
Une dent de mon dentier s’était détachée.
 
 
 
25-26 juin (anniversaire Adrienne [5]) 30 ans.
 
 
 
 
 
 
Une de mes chaussures (espadrilles) envoyée dans une fosse
par une automobile. L’automobiliste me donne un chiffon pour les essuyer.
 
19/20 ou 20/21 juillet 1934 avant minuit
 
 
 
 
 
 
Sur l’eau, la mer, il y avait des planches, pour soutenir des bâteaux ; c’était des sortes de radeaux. Avant de partir, je détachai une de ces planches, qui se trouva former une canne d’une forme recourbée
assez particulière.Blog de papyrusa : Beni-Saf for ever : le retour pour huit jours et ensuite, jour après jour, ch. 4 Un décablogue peut en cacher un autre : épisode de récré mathématique
 
 
1.2 août 1934 6h à 7h matin
 
 
 
 
 
 
 
Une réunion avec les Amis.
 
5-6 août 1934.
 
 
 
Un gémissement de femme
 
Vers le lever. Juste un peu avant 7h. Un rêve long, avec une jeune fille, nous nous cachions dans un étage assez vaste, nous prenions des précautions ; je cherchai pour elle et moi un revolver, je devais la
suivre à la terrasse, pour une menace qui pesait sur elle; la défendre. Quelqu’un nous cherche ; pour ne pas nous démasquer, nous nous cachons.
 
17-18 septembre avant 5h ½ du matin
 
 
 
 
 
 
 
Rêves d’une grande précision
 
 
 
1) Une sacoche ou serviette à papier, et objets appartenant à
une personne assassinée. Une église, à l’entrée je pleure.
 
 
 
 
 
2) Une grande réunion de gens. On parait très gais. On s’amuse.
Je demande à entrer ; le contrôleur demande mon billet ; je n’en ai pas ; il veut refuser l’entrée ; je demande alors le … général Besson ; il s’agit alors d’une réunion d’Amis. Le portier revient et me fait entrer. J’aperçois Besson étendu ; il est gravement malade, condamné même ; nous nous étreignons longuement ; je pleure ; je veux le faire venir en Algérie pour le soigner.
 
 
8-9 octobre 1934
 
 
 
 
 
 
 
J’ai demandé la veille que les songes soient précis et que je les note.
 
 
 
 
1)   Conversation avec mon père au sujet de maman ; j’engageais
Papa à reconnaître ses torts ; que Maman pardonnerait.
 
 
 
 
2)    Entretiens ou discours sur les Juifs et les Chrétiens. Sur les torts des uns et des autres.
 
12-13 octobre 1934
 
 
 
 
 
 
Mademoiselle Madeleine (Nièce de M. … de Paris). Nous étions dans un restaurant – avec Lasry ? Et d’autres personnes. Passe une demie mondaine que j’invite à déjeuner seule. Vers la fin du repas la demi mondaine me dit que Mlle Madeleine, avec laquelle elle m’avait vue, allait quitter le restaurant ; je quitte mon invitée et vais vers elle.
 
21-22 octobre 1934
 
 
 
 
 
 
 
Découverte par moi d’une statuette semblable à une autre mais d’une conservation meilleure – plus parfaite.
 
23-24 octobre
 
 
 
 
 
 
 
Messaoud était une femme ; il faisait je ne sais plus quoi.
 
14-15 octobre 1934 – 1 à 3h du matin
 
 
 
 
 
 
 
Un Ami (sans doute Besson) me montre une publication sur des controverses ou questions chrétiennes. On y voit la gravure d’un bâtiment à double disposition[6]. Je demande s’il ne s’agit pas d’instructions de Maître Philippe [7], maître de Sédir. Je crois que oui.
 
Puis les objets de la publications se réalisent : la scène existe ; il y a quelques personnes ; nous sommes à Kachi ou Karachi en Asie.
 
21-22 octobre 1934. 2 à 4h matin
 
 
 
 
 
 
« Si nous faisions un véridique », c’est-à-dire un rapport complet, alors que j’allais avoir une pollution. Aussitôt je m’éveillai.
 
 

[2] Bourgade et port de guerre situé à l'est d'Oran, Mers-el-Kébir fut d'abord un port romain avant de devenir un arsenal naval almohade au XIIe siècle. Elle fut dominée par les seigneurs de Tlemcen au XVe siècle avant de finalement devenir un centre de piraterie aux alentours de 1492. Elle fut régulièrement occupée par les Ottomans, les Portugais et les Espagnols (qui la capturèrent en 1505 sous le Cardinal Cisneros et la tinrent jusqu'en 1792).

Les Français l'occupèrent en 1830, agrandissant le port en 1868 avec le phare Saint-André de Mers-el-Kébir [1] (détruit durant la seconde guerre mondiale). Après la défaite française face aux Allemands en 1940, une partie de la flotte française s'y réfugia. Le 5 juillet 1940 la Royal Navy détruisit la flotte française à Mers-el-Kébir (Bataille de Mers el Kebir) afin de l'empêcher de tomber aux mains des Allemands.

Après la Seconde Guerre mondiale, la France utilisa sa base navale à Mers-el-Kébir comme base de soutien pour ses essais atomiques. Les accords d'Évian du 18 mars 1962, qui reconnaissaient l'indépendance de l'Algérie, autorisaient la France à conserver sa base durant 15 ans mais la France se retira au bout de cinq années.

[3] Emile BESSON, l'un des plus chers "amis" de l'auteur

[4] Abel GOURION était agent d'assurances
 
[5] Adrienne Saada Laure SAYAGH (1904-2005), épouse de l'auteur
 
[6] Esquisse rapide du bâtiment.
 
[7] Anthelme, Nizier Philippe plus connu sous le nom de Maître Philippe de Lyon, (25 avril 1849 au Rubathier Loisieux - 2 août 1905 L'Arbresle) est un mystique français.Considéré par quelques
partisans comme l'égal du Christ, sa notoriété de guérisseur était telle qu'il fut notamment appelé à la Cour du Tsar Nicolas II de Russie pour soigner le Tsarévitch Alexis. Il s'y rendit en compagnie de Papus.
 
Le Curé d'Ars aurait annoncé à sa mère enceinte, son avenir.

Pour Maître Philippe, la réincarnation est la seule explication à l'évolution. Elle permettrait de

progresser moralement et spirituellement afin de transformer en soi le mal en bien. Pour lui, en effet,

l'essence de la révélation chrétienne se confond avec la révélation du mystère du pouvoir salvateur de la souffrance : la souffrance étant présentée comme l'unique aiguillon permettant de progresser, et de ne pas s'endormir sur ses acquis.

Il est enterré au cimetière de Loyasse à Lyon.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ma%C3%AEtre_Philippe  

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