Abel GOURION, Rêves transcrits, XXVI, 1955-3
Trains
1er juin 1955, avant 3h ¼
Un Maître, le Maître était là (Pas M. Philippe) sur un pré au devant d'une assemblée ; tous se sont endormis, ou se sont comme évanouis, ont disparu ; je me trouve seul en face de Lui. Sur ce pré, je suis à quelque distance, mettons 12 mètres, je vais vers lui, avec respect et un sourire profond. J'avance lentement tout en le regardant. Un peu en avant de Lui, il y a un buisson de verdure ; quand je m'approche de Lui, mes 2 mains se détachent lentement de moi et, effectuant comme un mouvement de magnétisation, ou de bénédiction, décrivent un grand cercle, et partant du buisson, l'enveloppent en descendant et mes mains reviennent lentement vers moi. Le Maître suit bien mon mouvement et m'indique du regard et m'aide à le bien terminer. Cela tout en fixant à la fois le maître et le buisson. Et en terminant je fais une inflexion profonde devant Lui. Le Maître aussi me sourit et est radieux.

Après 4h. Des sculptures arabes, des petites reproductions de mosquées, comme si c'étaient des maquettes, maisons arabes etc, même des tombes minuscules ; elles sont exposées et rassemblées à l'air, au dehors, le long d'une portion de rues et de places, et cela descend par d'autres rues. Je suis déjà passé par là.
J'ai laissé Adrienne et notre toute petite fille ou petit fils ; j'étais avec un Ami, il me semble que c'etait Catzeflis ; il est petit et court et gros, et à un certain moment, je me demande si ce n'est pas M. Philippe. Tout en marchant pendant longtemps, nous conversons. Il a un reproche à me faire, et je le connais, mais il ne le dit pas (je ne fournis pas un effort suffisant). Nous restons si longtemps que je me dis qu'Adrienne a dû rentrer avec l'enfant ; et nous allons non où nous l'avons laissée, mais à notre maison. Mais quand nous arrivons, elle n'y est pas et il fait déjà nuit. Elle a dû donc nous attendre. Je me décide après un certain temps à repartir. Il fait un très mauvais temps ; il pleut abondamment ; je cherche mon manteau, et juste avant de sortir, notre petite fille rentre et aussi Adrienne. Des Amis l'ont amenée en automobile.
Nous recevons ces amis, deux familles hommes et dames ; nous les installons dans notre appartement pour prendre une consommation. Ils se sont tous assis. Au mur se trouve une installation électrique assez sommaire et bizarre : des sortes de boutons en métal (dix ou douze) disposés sans ordre. Je tire tous les boutons les uns après les autres ; cela éclaire certaines parties assez bien, de la salle, et d'autres parties assez mal ; à la fin un dernier bouton éclaire avec intensité et à lui seul mieux que tous les autres. Ces autres boutons s'éteignaient d'ailleurs tout seuls.
Jeudi 2 - vendredi 3 juin 1955 (avant 2h)
Dans un train extrêmement rapide ; je dois changer de train alors qu'il y a croisement avec un autre train, /http%3A%2F%2Fblogsimages.skynet.be%2Fimages_v2%2F002%2F564%2F935%2F20070331%2Fdyn001_small150_130_91_jpeg_2564935_987bbfe4abdf03921be58234e4f6ec56.jpg)
les sièges des deux trains se faisant vis-à-vis en quelque sorte, et cela en quelques secondes. Si bien qu'au croisement, je n'ai pas eu assez de vivacité pour changer ; et je reste dans le premier train. Je m'adresse au Chef du train, et plusieurs voyageurs sont dans mon cas. Sur son intervention et longtemps après, le train s'arrête, les voyageurs qui doivent changer descendent ; mais la gare où ils se trouvent est vaste, personne ne nous renseigne, si bien que je ne sais plus où me diriger et j'erre dans ce qui est non une gare, mais une ville, avec un très grand mouvement de véhicules. Je dis que j'arriverai bien à reprendre un train car je dois aller à Marseille et rentrer chez moi.
Vers 4-5h. Alfred Lasry, dans une auto, derrière moi. Puis il me demande véhémentement de raccommoder sa femme avec la mienne.
Vendredi 3 - samedi 4 juin 1955, après 4h matin
1er rêve : avec Maxime Tubiana. Il a du beurre à vendre. J'en prends un échantillon ; je remue, plie et déplie plusieurs fois cet échantillon avec d'autres parties de beurre resté sur la table ; nous devons vendre ce beurre à des négociants grossistes. Puis je pense ne pas obtenir de bons résultats avec eux et vendre ce beurre directement à des détaillants.
2ème rêve : avec Obadia Arthur (décédé). Nous sommes attablés dans un café. Nous prenons le déjeuner du matin : pain et beurre. Puis je veux payer les consommations ; il me devance et il le fait ; le garçon commence à enlever, à débarrasser la table. Mais je n'ai pas terminé mon café ; je lui redemande ma tasse et du pain beurré ; je mange bien ; Obadia en est amusé et surpris.
3ème rêve : je me suis ouvert une veine ou une artère sous le pied ou sous le commencement de la cuisse ; le sang sort abondamment et j'inonde mon pied et une baignoire où je me lave. Après un bon moment, je me rince bien la jambe et j'examine le point où je suis blessé ; le sang a cessé de couler.
4ème rêve : j'ai perdu le veston de mon costume croisé (bleu foncé) dans un café où je l'avais suspendu auparavant. Je le cherche longuement ; je trouve dans le café désert, et par terre divers effets, dont un ancien vieux veston qui n'est pas le mien ; il appartient à un indigène du Sud algérien. Il y a un portefeuille et de vieux papiers dans ce veston ;
je prends note de son adresse. Entre-temps une dame et un garçon du café viennent et m'enlèvent ce veston, et ils mettent de l'ordre dans le café, ils enlèvent les autres effets qui traînaient à terre et ils lavent le parquet sali. Je me dis que dans mon veston il y avait mon portefeuille avec un peu moins de 15.000F (ce qui est exact en ce moment-ci), les papiers d'identité dont la carte d'auto vaut pour être renouvelée 5.000F et la valeur du costume qui est de 40.000F ; cela fait 60.000F en tout.