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Ce site / blog artistique et ludique a pour vocation de présenter mes productions, et celles d'auteurs invités : livres, poèmes, chansons, nouvelles, expositions, billets d'humeur sur la vie culturelle, politique, sociale et juridique, émissions de radion, compositions musicales électro-acoustiques.

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(123) Abel Gourion, Rêves transcrits, XXII, 1954-1, Miroirs

Abel GOURION, Rêves transcrits, XXII, 1954-1
Miroirs
 
 
1er-2 avril 1954
 
Je ne porte pas le col ou le parement du col du vêtement de la troupe ou du groupe auquel j'appartiens. Mon camarade me le signale et me dit de faire attention. je vais me faire remarquer. Je me suis enfuit, je ne sais pas ce que j'ai fait et comment je vais passer inaperçu. Je signale à mon camarade que je suis venu dans le pays il y a 16 ans, après Israël Salomon et un autre ami sont venu se joindre à nous. Je défile avec la troupe ; nous sommes par rangées de 15 ou 20 (longues rangées) et je suis le 1er à la droite d'une rangée. Nous défilons. Puis nous gardons le pas. Un officier ou sous-officier vient se placer à ma droite au début de la rangée. Pendant qu'on marque le pas, j'entends que derrière moi on ralentit le pas et qu'on va s'arrêter. J'en fais autant. Le chef de troupe vient à moi et me le fait remarquer en souriant.
 
 
29-30 avril 1954, vers 6h matin, un peu avant.
 
J'attends un train de 19h allant à Paris, dans une gare. Je prends une collation de pomme de terre faite avec un peu de sauce. Puis dans un autre établissement de la gare, je mange des poissons. J'en commande d'autres ; le garçon de salle me suggère de prendre 2 soles. Je les demande moyennes, pas trop grosses.
 
 
1er-2 mai 1954, avant 3h30
 
Une réunion. Delpech demande qu'on prenne une mesure de sanction contre quelqu'un. Un autre membre de la réunion se lève et demande qui a pris cette mesure de sanction. A-t-elle été acceptée par l'ensemble de la réunion ? Quels griefs a-t-on contre le sanctionné ? Delpech répond avec un certain embarras. Il cite comme grief : le sanctionné a fait usage d'un mandalas ( ) ? ce qui selon lui serait un grief, comme étant défendu. Delpech ne signale pas de grief autre ou quoi que ce soit de sensationnel. Le membre qui a protesté signale entre autres choses le don fait par Messigué à Camerone (anniversaire de la Légion. Défense au Mexique de 63 légionnaires contre une armée de mexicains) de 3 milliers. Il montre le reçu. Je me lève à mon tour et fait le point général : il n'y a pas de grief sérieux contre le sanctionné ; nous ne savons pas exactement ce qu'est un mandala ; on peut admettre qu'il a une action bienfaisante. On se rend compte aussi que ceux qui soignent les malades comme Messigué, savent aussi faire preuve de générosité, et il y a lieu de ne prendre aucune sanction. L'ensemble du rêve est très net.
 
 
10 au 11 mai 1954
Au bord de la mer. Mer agitée, démontée.
Port de la Turballe
 Je suis en caleçon de bain. Je porte au bras quelques vêtements. Je veux aller me baigner à une plage plus éloignée. Je m'y dirige. Puis je reviens après un petit parcours. Il y a de nombreuses jeunes filles avec Pierrette et Jeannine. Je demande après elles.
 
Je me décide à prendre un bain à cet endroit. Il y a de nombreux rochers et la mer arrive avec violence ; il faut rester très au bord et faire attention de ne pas être projeté ou emporté par les vagues. Le bain est court. En remontant, je m'accroche aux rochers. Un homme entretient une petite embarcation soignée. Je veux passer par-dessus cette embarcation afin d'éviter les vagues. L'homme me montre qu'avec mes doigts remplis de sable j'ai rayé le vernis, et cela dit-il coûte 10.000F à réparer.
 
Ceignard Raoul se sépare d'un monsieur en lui disant « A demain, mon cher Bonin », et il rentre chez lui. Plus tard sur ma question de savoir s'il est allé à la pêche ; il me dit qu?au cours de cette journée il est allé sur plusieurs plages des environs.
 
 
15-16 mai 1954
 
Je parcours longuement les rues de la ville. J'avais 2 chaises, que je cherche et ne retrouve pas. Puis je recueille 3 chats, 1 tout petit, 1 moins petit et un gros. Je les tiens dans mes bras. Je recherche Pinto (29 Rue Bastille). Il est 1 heure, et je n'ai pas encore déjeuné. Avec mes 3 chats, je tombe dans une maison ; on me reçoit ; j'ai mes enfants avec moi. On sert de vrais repas pour les chats, et je me demande si ce n'est pas en même temps pour nous ; on sert du poisson. Puis un poisson à moitié ouvert, je le nourris ; je le place dans le plat à poissons. Un peu plus tard ; je fais remarquer que le poisson, heureux, est mort d'indigestion. La famille qui nous reçoit est obligeante et sympathique. A chaque instant, je recherche les chats qui ont disparu, et il me semble que je vais finir par partir sans eux.
 
 
9-10 juin 1954, minuit.
 
Je suis en automobile. Je passe devant la demeure d' Albert Legrand. Il y a beaucoup de boue dans la rue. Rue détrempée. L'eau stagne. Je dépasse la demeure. J'allais vers une maison voisine. Je reviens en automobile. Puis je suis devant la demeure. J'y entre. 1 ou 2 amis sont avec moi. Une lumière s'éteint et une autre s'allume seule. Je pense que Albert est là. Sur son bureau il y a quelques papiers. Puis 1-2-3 ouvrages dont 2 semblent être l'un le 1er tirage, le second, l'exemplaire tiré effectivement. Le 3ème livre ou ouvrage que j'ouvre est rempli de cartons percés pour voir, semble-t-il, certaines questions ou certains sujets. L'Ami ou les 2 Amis paraissent ne pas apercevoir ces ouvrages. Puis on sonne du dehors. Je vais voir. J'allume et un jeune homme allume la cour ou l'entrée. Je m'adresse à une jeune fille. J'ai, devant moi, posé une glace,
 à la place de la jeune fille. Je lui demande ce qu'elle désire, si elle est malade.
 
 
10-11 juin 1954
 
On mobilise jusque y compris la classe 1893, la mienne ( ). Je suis surpris que l'on appelle jusqu'à cet âge. Je me trouve à la campagne, dans une ville, seul. Le bateau qui doit emporter les réservistes part à midi. Je me propose, si je ne pars pas par ce bateau, de prendre un avion.
 
16-17 juin 1954
 
Un rêve. Un décès. Je console Léon Gourion. Mais il me semble que le décédé est un frère de Maman (lequel ?) et non un parent de Léon. Je suis très peiné, désolé même que la vie soit si dure.
 
 
15-16 juillet 1954
 
Sur un terrain, des piles de louis d'orlouis de Louis XIV sont enfouies dans le sol. Presque à fleur de terre. Dans la nuit, un compagnon et moi allons en chercher. Non par intérêt, mais en vue d'une nécessité quelconque. Dans la nuit, pendant que je me trouve sur les lieux où est cet or, vient à passer un homme petit, assez corpulent. Il me regarde et passe. Mon compagnon et un autre Ami qui est là le reconnaissent. C'est Monsieur Philippe. Ce dernier s'étend sur le sol, face contre terre, les bras en croix, en prières ; mes 2 compagnons en font autant. Je veux le faire aussi ; mais j'ai de la difficulté ou de l?hésitation à me mettre plus qu'au sol, les bras bien en croix. Je me tiens un peu sur le côté.
 
 
26-27 juillet 1954
 
Sédir et un Ami. Je lui parle. Nous conversons. Je dis que Prosper Dahan (ou Gaston Dahan, décédé) peut faire un Ami. Je pense aussi et dis que Dahan est plus prêt que Barouk Lasry.
 
 


[4] Mandala : du mot sanskrit « cercle ». Représentation géométrique et symbolique de l'univers, dans le brahmanisme et le bouddhisme. Des mandalas. Petit Robert de la Langue Française.
( ) Abel Gourion est né le 5 aout 1893.
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