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  • : Ce site / blog artistique et ludique a pour vocation de présenter mes productions, et celles d'auteurs invités : livres, poèmes, chansons, nouvelles, expositions, billets d'humeur sur la vie culturelle, politique, sociale et juridique, émissions de radion, compositions musicales électro-acoustiques.
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7 février 2008 4 07 /02 /février /2008 14:03
Les Interviews imaginaires - Ben Mahmoud Ahmadinejad,
dessin-peintre-double-italien.jpgPortrait de l'artiste par lui-même. Milan, 1989.
 par Ben Hiroshima Monamour

 

 



  Notre envoyé spécial à Téhéran, Ben Hiroshima Monamour, a pu, après une longue planque, interroger le Président Ben Mahmoud Ahmadinejad, dont les déclarations fracassantes deffrayent la chronique des jours ordinaires. Ben.
Champignon atomique produit par l'explosion sur Hiroshima, le 6 août 1945

Ben Hiroshima Monamour : Dis donc, Ben Mahmoud, tu veux la bombe ou quoi ? Sarko est inqiet, tu sais, et c'est pas bien bon pour Carla...Toutes les photos de Carla Bruni

Ben Mahmoud Ahmadinejad :  Qu'est ce que vous en pensez, vous, en tant que Français ? (…) Vous pensez comme moi qu il ne faut pas qu il y ait des armes nucléaires dans le monde… Ne faut il pas que les armes nucleaires, qui ne sont d'aucune utilité dans le monde d'aujourd'hui, soient éliminées ? Nos deux peuples entretiennent de bonnes relation. Entre eux, il n'y a pas de problèmes sérieux. Ce sont deux peuples qui ont des points de vue communs sur beaucoup de questions internationales. Nous croyons que ces propos [ceux de M. Sarkozy sur le nucléaire iranien] n'ont pas leur place aujourd'hui. Nous ne les prenons pas trop au sérieux ; nous avons pensé que c'est le début ce nouveau gouvernement français. Nous attendons que les vraies positions de la France, celles qui auront un effet pratique. Nous n'avons pas d'inquiétudes à ce sujet.
 

Ben Hiroshima Monamour : T'inviteras Sarko, quand il sera Président de l'Europe, là, en avril mai ?Toutes les photos de Nicolas Sarkozy

Ben Mahmoud Ahmadinejad : Nous croyons que cette présidence française est une bonne opportunité, pour la France et pour l'Europe. Car nous pensons qu'il est temps que l'Europe repense la question de sa présence internationale. Aujourd'hui, sur la scène internationale, l'Europe n'existe pas, je veux dire une Europe qui soit une entité indépendante. Nous ne voyons nulle part dans les équations politiques internationales de ce début de siècle des positions qui seraient celles d'une Europe indépendante. Nous croyons que la présence de la France à la tête de l'Union peut être une occasion pour l'Europe de développer une politique indépendante, surtout dans la région du Moyen Orient, autour de la méditerranée. La présidence française devrait être l'occasion de lancer une politique européenne indépendante. Quant à M. Sarkozy, il peut venir en Iran à tout moment, nous l'accueillerons quand il le désirera, cela ne dépend pas de sa présidence de l'Union.

Ben Hiroshima Monamour : Avec Carla ? 
Comment on fait ? Voilée, pas voilée ? Nue ? Carla Bruni nue : DT/Vogue
Non, je rigole...Excuse moi, Mahmud, j'ai pas pu résister. Bon, et l'ONU, tu t'assois dessus ?

Ben Mahmoud Ahmadinejad : La question nucléaire est très importante pour notre peuple. Nous voulons que tous les pays - à commencer par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité - permettent à l'organisation légalement en charge de cette question, l'AIEA [l'Agence international de l'énergie atomique, qui dépend de l'ONU et est chargée de faire respecter le Traité de non prolifération] d'agir conformément à sa mission. Les problèmes ont commencé quand certains pays membres - les cinq permanents - ont voulu s'arroger des droits qui dépassent ceux des autres pays membres de l'AIEA. Les problèmes commencent lorsque ceux - là se dotent d'un droit d'intervention qui outrepasse les règles de l'AIEA. L'Iran agit en collaboration avec l'AIEA, respecte ses engagements et ses devoirs à l'égard de l'agence. Malheureusement, l'Iran est privé de certains de ses droits, en particulièrement de disposer de l'assistance des autres membres de l'AIEA en ce qui concerne le combustible nucléaire - on ne nous a pas aidés, comme nous y avions droit. Mais nous croyons que nous devons tous continuer à travailler avec l'AIEA et accepter ses avis. 

Ben Hiroshima Monamour : Mais à l'ONU,  les amerloks, les chinetoks, les bretons, les frenchies et les ruskofs vont te tomber dessus, malin !

Ben Mahmoud Ahmadinejad : Ecoutez, ces résolutions ne sont pas notre problème, c'est le leur. Quand sur la base d'informations erronées, un groupe de pays agit avec entêtement de façon erronée, alors c'est lui, c'est ce groupe qui a un problème…Mais nous n'avons pas d'inquiétude. Notre peuple est un grand peuple - quand il s'agit de défendre nos droits, nous sommes sérieux. 

(...)

Ben Hiroshima Monamour : Justement, Ben Mahmoud, t'aides pas tellement à la création d'un Etat palestinien indépendant en Cisjordanie et à Gaza ! Tu ne soutiens que le Hamas ! 

Ben Mahmoud Ahmadinejad : Qu'est ce que vous voulez dire ? Actuellement, n'y-t-il pas le gouvernement du Hamas [à Gaza] ? Un gouvernement qui a été établi par le peuple [le Hamas a remporté les élections législatives dans les territoires palestiniens en janvier 2006 puis s'est emparé par la force de l'administration de la bande de Gaza le 15 juin 2007] Qui s'oppose à ce gouvernement ? Ce sont les Européens, les Etats-Unis qui sont contre ce gouvernement du Hamas. Nous sommes actuellement le seul pays qui soutient le gouvernement légal de la Palestine. Alors, qui réprime ce peuple, qui lui impose des sanctions économiques ? Je suis désolé de dire que ce sont les gouvernements des pays européens qui collaborent avec les sionistes dans cette affaire. Mais la question de la Palestine va au delà de votre question. Il faut en revenir à un événement intervenu il y a 60 ans [la création de l'Etat d'Israël par une résolution des Nations Unies en 1948] , un événement qui a déplacé des millions de personnes, tué des centaines de milliers d'autres [selon l'ONU, quelque 700 000 Palestiniens ont été déplacés pendant ou à l'issue de la guerre israélo-arabe qui a suivi la création d'Israël, qui a fait quelques dizaines de milliers de morts]. Ce ne sont pas les initiatives européennes ou américaines qui vont régler le problème. Il faut aller à la source, à l'origine du conflit, à sa racine si nous voulons régler cette question, sinon la crise se poursuivra. A la longue, ceux qui perdront sont ceux qui sont responsables de l'occupation. 
Ben Hiroshima Monamour : Il y a deux jours, t'as quand même annoncé que " l'entité sioniste tombera tôt ou tard "… , et tu me soutiens que tu cherches la paix ?

Ben Mahmoud Ahmadinejad : Pourquoi le peuple palestinien doit-il accepter l'occupation ? Pourquoi doit-il accepter d'être amputé d'une partie de son territoire ? Ce n'est pas parce que les Nations Unies ont reconnu [Israël] que cela confère une légitimité à cette reconnaissance. Un peuple falsifié, inventé [le peuple israélien] ne va pas durer, il doit sortir de ce territoire. Ce n'est pas parce que tout le monde dit quelque chose de faux que cela devient juste.

Ben Hiroshima Monamour : T'es pour le black OBAMA ou la femme CLINTON ?
Couverture de Radar de novembre

Ben Mahmoud Ahmadinejad : S'il y avait des élections libres aux Etats-Unis, si le peuple américain avait différents choix, s'il n'avait pas seulement deux options, nous croyons que le peuple américain se prononcerait pour une autre politique que celle que mènent les Etats-Unis. Il essayerait d'orienter différemment la politique étrangère des Etats-Unis. Le peuple américain aimerait avoir des relations d'amitié et de collaboration avec les autres peuples. Il n'aime pas qu'il y ait dans le monde des massacres perpétrés en son nom, et des territoires occupés. Nous espérons que ceux qui sont candidats reçoivent le message du peuple américain, qui souhaite le changement.

Ben Hiroshima Monamour : Sinon, t'as des problèmes économiques et sociaux chez toi, non ?

Ben Mahmoud Ahmadinejad : Ou n'y a t il pas des problèmes économiques. Il n'y a pas de problèmes économiques en France ? Les progrès économiques de l'Iran sont bien connus, l'Iran progresse dans différents domaines. Evidemment, nous rencontrons des difficultés - c'est naturel. Aux Etats-Unis, il n'y a pas de problèmes ? Les difficultés des Etats-Unis sont plus nombreuses que celles de l'Iran. L'économie des Etats-Unis est en voie de régression. Dans l'ensemble de l'Europe, il y a beaucoup de problèmes.

Ben Hiroshima Monamour : C'est quoi ta carotte, Mahmoud ? Le sentiment national iranien ? Tes convictions religieuses ? 
Ben Mahmoud Ahmadinejad : A votre avis, Monsieur Ben Hiroshima Monamour, qu'est ce que demande le peuple iranien ?


Ben Hiroshima Monamour : Heu, plus de démocratie, non ?
  
Ben Mahmoud Ahmadinejad : Vous ne vous trompez pas. Mais ce que demande le peuple iranien ne se résume pas à la démocratie, c'est plus que cela. C'est quelque chose de plus haut que cela, c'est la dignité humaine. C'est une certaine place de l'homme dans l'univers. C'est la justice. C'est la pureté. C'est le refus de la domination. Et tout cela n'est possible qu'avec la croyance en Dieu. Et tout cela est plus haut que la démocratie. La démocratie n'est qu'une petite partie des acquis du peuple iranien. Le peuple iranien a ses racines dans l'histoire. L'Iran a été le foyer de grandes civilisations mondiales. Ce n'est pas un peuple qui craint les tempêtes, le vent. Vous avez vu que huit ans de guerre [la guerre irano-irakienne de 1980 à 1988] ont rendu notre peuple encore plus avisé. Et le genre de boycottage, de sanctions, le genre de menaces dont nous faisons l'objet nous donne encore plus de maturité. Sans aucun doute, l'Iran est actuellement une puissance mondiale. Il ne tire pas sa force de ses armes, mais de la vigueur de son influence culturelle.
Schéma de la propagation des ondes de choc et de leur changement de forme dans les explosifs



NOTES DE L'EDITEUR  

(1) Cet "Interview imaginaire est de la seule responsabilité de Ben, qui s'améliore en copier-coller, à défaut de le faire en imagination. Ce qui est écrit en vert est de lui. Ce qui est écrit en rouge provient d'un véritable entretien que le journal Le Monde a obtenu du Président iranien, sans aucune modification. L'interview du monde a été réalisée par  Alain Frachon et Marie-Claude Decamps. Les notes en blanc sont de la rédaction du Monde. 
Source : Une heure avec le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad

(2) Hiroshima mon amour
Alain Resnais
 1958 - Fiction - 91 min - France, Japon

Août 1957, à Hiroshima. Une chambre, un couple nu, enlacé dans la pénombre. Elle, française ,venue à Hiroshima pour jouer dans un film sur la paix lui, japonais qui ne cesse de lui répéter " tu n'as rien vu à Hiroshima, rien... ". Ils ont 24 heures pour vivre leur passion fulgurante, amour impossible qui réveille en la jeune fille son premier amour...

A travers trois thèmes, les victimes de la bombe atomique, les injustices de la libération et cet amour bref et sans lendemain, Resnais pose avec acuité les questions de la mémoire et de l'oubli, à la fois sur le plan collectif et individuel.

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27 décembre 2007 4 27 /12 /décembre /2007 11:56
·        (

Les Interviews imaginaires 


Ben Bayrou, par Sarkophage
francois bayrouBayrou UDF humour Légende





SARKOPHAGE Ben Beyrou, t'as vu mon discours, au Vatican, sur mon super concept de «laïcité positive», yavait même la mère de Carlamonamour ? 

BEN BAYROU. Quand t' as besoin d'un adjectif, c'est que tu veux changer le sens du mot. Il y a dans le discours prononcé à Saint-Jean-de-Latran quelque chose de profond, passé à peu près inaperçu, une remise en cause de la conception de la laïcité républicaine autour de laquelle, depuis la Libération, la France s'est construite. S'exprimant comme président de la République, tu introduis, camarade, la notion de «racines essentiellement chrétiennes» de la France, oubliant le grand mouvement d'émancipation des Lumières. Tu affirmes que la République a «intérêt» à compter beaucoup de croyants. Tu demandes aux religions, toujours dans «l'intérêt» de la République, de fonder la morale du pays. C'est le retour, qu'on croyait impossible en France, du mélange des genres entre l'État et la religion. Ce mélange des genres n'a jamais produit de bons fruits, je te le dis comme citoyen, et je te le dis aussi comme chrétien de conviction.

Le sarcophage en feu - Cliquez pour agrandir Tout le village assiste à la crémation Mise à feu du sarcophage - Cliquez sur la photo pour l'agrandir

SARKOPHAGE Putain, c'est une erreur de parler d'espérance quand on fait de la politique ?
 
BEN BEYROU La République n'a pas à sous-traiter l'espérance aux religions. La République est en charge de réaliser un monde meilleur, et pas d'inviter à l'attendre. Cette conception sociologique de la religion, fournissant «l'espérance» qui fait que les peuples se tiennent tranquilles et respectent les règles établies, on croyait qu'elle était loin derrière nous ! Ce n'est pas autre chose que «l'opium du peuple» que dénonçait Marx. C'est un leitmotiv chez toi, notamment quand tu as parlé des bienfaits de la présence de l'islam pour pacifier les banlieues. En réalité, l'espérance religieuse et l'espérance civique ne sont pas de même nature. Elles ne sont pas du même monde. Au demeurant, la foi, ce n'est pas seulement l'espérance, ce n'est pas seulement pour l'avenir. C'est pour le présent, c'est voir le monde et voir l'autre dans une certaine lumière qui les révèle et les grandit. C'est en cela qu'il existe un humanisme chrétien.

SARKOPHAGE Mais, bordel, Ben Beyrou, t'en fais quoi de  l' aspiration spirituelle de l'être humain, qui existe en chacun de nous ? 

Penmarch > Allée couverte Penmarch > Sarcophage à entailles 

BEN BEYROU L'aspiration spirituelle est un mouvement précieux de l'être humain. Sur ce point, je suis d'accord avec toi. La société doit la respecter. Mais lorsqu'on suggère que la morale républicaine doit se fonder dans les religions, on change d'approche. D'abord, il ne revient à aucune autorité civile de trancher ainsi une question de conscience. Il est aussi anormal de voir un président dire qu'il faut se référer à la religion que d'en voir un autre affirmer qu'il faut rejeter toute religion. Cette orientation, dans un sens ou dans un autre, n'est pas dans tes compétences. De surcroît, en tenant ce discours dans une société plurireligieuse, tu pré­pares les conditions d'un affrontement entre les différentes religions. Car, quand elles se contredisent, qui décidera qu'une religion est supérieure à une autre dans le domaine de la morale et des valeurs ?

SARKOPHAGE Et c'est quoi ta conception de la laïcité ?
 



SARKOPHAGE Celle de Jules Ferry, Sarkofuge ! Quand tu dis que «jamais l'instituteur ne pourra remplacer le pasteur ou le curé» dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, parce qu'il lui «manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance», tu exprimes, toi et tes conseillers, exactement le contraire du message de Jules Ferry. La morale de l'instituteur n'est pas inférieure à celle du prêtre. Pour Jules Ferry, elle est la morale universelle au genre humain, qui prend garde à ne choquer aucune des familles qui confient leur enfant aux maîtres. La laïcité est un bien très précieux que la France a su définir avant et mieux que les autres. Elle détermine un espace public à l'intérieur duquel on ne fait pas intervenir la religion par l'autorité du dogme, et un espace intime, familial, où chaque être humain cultive des convictions, une vision du monde, qu'il ne peut imposer aux autres. L'idée qui fonde la démocratie, c'est la vision géniale que Pascal a exprimée de la distinction des ordres : il y a l'ordre du pouvoir, l'ordre de la religion et l'ordre de la science. Le pouvoir doit garantir la liberté de prier et la liberté de penser dans les deux autres ordres. Mais l'homme n'est libre que si on empêche toute interférence entre ces ordres distincts. De la même façon, quand tu établis un parallèle entre la vocation religieuse et sa vocation présidentielle, tu mélanges ce qui ne doit pas l'être.

SARKOPHAGE T'es choqué mon chéri ?
 
Vers la pyramide de Téti. 80 Photos Autour d'Assouan  

BEN BEYROU Oui. En outre, c'est un paradoxe troublant que celui d'un pouvoir qui affiche chaque fois qu'il le peut sa complaisance avec le matérialisme financier et, en même temps, souhaite faire de la religion une autorité dans l'espace public. Cela s'est déjà produit dans l'histoire. Aujourd'hui, par exemple, chez Bush. Et cela, les citoyens républicains, laïques aussi bien que chrétiens, ne peuvent l'admettre : ils ont quelque chose en commun, c'est le «rendons à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu».

Le musée National d'Alexandrie. 

 cou cou bayrou

Sources : Le Figaro, 26/12/2007, Propos recueillis par Judith Waintraub;


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23 février 2007 5 23 /02 /février /2007 14:18

Les Interviews Régis Debray

 

 

 

Regis BenDebray,

 

par Ben Toucour 

- Ben : M'sieur BenDebray, comment voyez-vous cette élection présidentielle ?

- BenDebray : IIndifférence des paumés. Goguenardise des rupins. Dépeçage du marché en lobbies, communautés et minorités. Ciblage de souffrances à consoler, avec panels échantillonnés. Le vote comme transaction entre un vendeur et un consommateur. Marketing et clientélisme sonnent l'arrivée d'une transatlantique élective dont le lancement en France remonte aux années Valéry Giscard d'Estaing. Un ultime cran d'arrêt à faire sauter : le spot payant, et nous serons à bon port. Aux normes. En Amérique.

 

 

 

Sources:

http://www.regisdebray.com/content.php?pgid=pourquoi

http://www.lemonde.fr/

   
- Ben : T'y vas pas de main morte...
 
- BenDebray :  Ce n'est pas un sort enviable que de monter à 23 ans dans une voiture avec chauffeur pour n'en plus sortir. L'ENA, le stage en préfecture. Puis droit sur l'Elysée. Parachutage dans une bonne circonscription. Là, on laboure un minimum. Le blanc au zinc, le marché le dimanche. Puis l'Assemblée, un petit ministère, et sitôt après le fauteuil en région ou en département. Ces états de service bien enchaînés font assurément une carrière (gauche ou droite), rarement un caractère.
 
- Ben : Alors c'est tout foutu, not' personnel politique ?
 
- BenDebray : Il y eut la génération des combattantsPhoto : Résistance (3) qui avaient fait la guerre et la Résistance : François et Danièle Mitterrand, Gaston Defferre et Edmonde Charles-Roux. Ensuite, par eux hissée sur le pont, la génération des militants, formée dans les luttes anticoloniales, Dédicace d'Aimé Césaire qui étaient passés par le djebel, les tracts du petit matin et les manifs du soir : Jean-Pierre Chevènement, Pierre Joxe, Lionel Jospin, Michel Rocard. Vinrent ensuite les consistants. Ceux-là n'ont pas reçu de coups sur la figure, mais la bourlingue, plus une culture de première main, cela engendre des responsables comme Hubert Védrine ou Dominique de Villepin, plus qu'estimables, ou comme Laurent Fabius et Jack Lang. On n'aurait pas eu l'honneur de les aider, tous ceux-là, à divers titres ou degrés, sans une certaine communauté de réflexes.
 
- Ben : Et les petits nouveaux, SegoSarko ?
 
- BenDebray : Les battants qui ont pris la relève ont été épargnés par l'épreuve du réel. Ne serait-ce qu'un service militaire, un dérapage hors des clous, un tour du monde en stop. Ce n'est pas leur faute. La bonace locale ne leur a pas laissé la moindre chance, nos espoirs courent en terrain plat. Pour la compétence, l'outillage est là. Ils ont leurs papiers en règle. C'est le caractère qui peut faire souci. Photo : Nicolas MachiavelL'épaisseur, l'étoffe, le recul. Cela se forme cahin-caha, à contre-courant, vent debout. Pour qu'une fille ou un fils de bourgeois crève la bulle, il faut un bris de clôture, guerre, scandale, exil, usine ou galère,Ernesto le petit moment de béance ou de vérité qui donnera plus tard du style ou de la bouteille.
 
- Ben : Putain, t'as du style BenDebray...
 
- BenDebray : oh c'est juste   Cliquez pour voir la quatrième de couverture
 
- Ben : Mais tu vas prendre des coups...
 
- BenDebray : J'ai de l'entrennement, petit...                 
 
- Ben : Et la Kultur, dans tout ça ?
 
- BenDebray : La culture a toujours été le nom noble donné à la technologie la plus performante. Nos challengers n'ont plus le loisir d'aller au théâtre ou de flâner dans une librairie. Ils feuillettent les magazines et surfent sur les écrans. Ce qui ne passe pas à la télé, à leurs yeux, n'existe pas. Aussi sont-ils sûrs d'avoir recruté la philosophie avec André Glucksmann ou Bernard-Henri Lévy et la littérature avec Christine Angot ou Jean d'Ormesson.
 
- Et toi, tu votes pour quoi ?
 
- Ben Debray : Il n'y a pas de quoi, il n'y a plus que des qui.
 
- Ben : Pas de quoi. Bon. Alors qui ?
 
- BenDebray : Pour un jacobin invétéré, un gaulliste Photo : Charles de Gaulled'extrême gauche, le choix semble ne faire aucun doute. Encore que... La question cruciale aujourd'hui est de savoir si l'Europe peut ou non, face au Sud et à l'islam, constituer une alternative à l'Amérique, ou si l'Occident se condamne à avoir un seul visage, celui de l'Empire. Photo : RésistanceLà-dessus, on peut hésiter. Nicolas Sarkozy nous invite à un Paris-Washington direct et sans chichis. Avec Ségolène Royal, l'avion fera pudiquement escale à Oslo ou à Copenhague. Cliquez pour voir la quatrième de couverture
 
- Ben : Accouche, emmerde pas mes lecteurs...
 
- BenDebray : Il est dommage que la gauche de gauche, celle qui ne se contenterait pas de citer Jean Jaurès,Photo : Jean Jaurès (2)Léon BlumLéon Blum
ou Pierre Mendès France Photo : Pierre Mendès-Francemais rappellerait ce qu'ils ont dit et écrit, n'ait pu se donner un candidat unique.
 
- Ben : Pigé ! Et au second tour ?
 
- BenDebray : Quitte, au finish, à jouer contre mauvaise fortune bon coeur Ségolène, fidélité oblige.
 
- Ben : Un mot de conclusion ?
 
- BenDebray : Un ballet de papillons dans la cour de l'Elysée ne déclenchera pas un cyclone.  http://www.bigapplefractals.com/Flowers.htm
 
 

Imaginaires :

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Published by PIERRE ALAIN GOURION - dans Les Interviews Imaginaires
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1 janvier 2007 1 01 /01 /janvier /2007 14:22

Père Ben Papa Noël

Entretien avec Jacques Chirac

 

 

 

 

 

 

Un Entretien privé exclusif

offert aux lecteurs du BenBlog

à l'occasion de la nouvelle année

(Note de la rédaction : Le document qui suit est la retranscription intégrale d'un entretien secret Volvex1tenu entre Jacques Chirac et le Père Ben Papa Noël, dans notre salle d'attente, alors qu'ils nous visitaient à l'occasion des fêtes de fin d'année. Il est fortement déconseillé de le laisser à la portée des enfants. Notre responsabilité ne saurait être engagée en cas d'accident cérébral survenu à des hémiplégique du cerveau (absence du bon lobe). Le sac plastique qui enveloppe ce blog peut également générer des étouffement : allonger immédiatement le sujet atteint et le laisser dans le noir absolu pendant deux minutes; consultation privée sur demande, par "laisser un commentaire". Bonne et joyeuse année.)   

 

Jacques Chirac : Père Ben Papa Noël, bonjour ! Quelle surprise ! Ben Papa Noël, je suis très très heureux de pouvoir vous rencontrer. Une question : êtes-vous dans les 80% qui ont voté pour moi ?

 

 Père Ben Papa Noël : Allons, petit Chirac, tu sais bien que je m'interdis de faire de la politique !

 

 Jacques Chirac : Non mais d'accord, mais vous n'avez quand même pas remplis les souliers de Le Pen ?Jacques Chirac Galerie photohttp://www.casafree.com/modules/xcgal/displayimage.php?pid=13483

 

 

Père Ben Papa Noël : j'ai essayé, de bonne foi, mais en descendant dans sa cheminée, à Saint Cloud, il y avait de drôles d'odeurs, j'ai été obligé de repartir ! J'espère qu'il ne m'en voudra pas, mais vraiment, ça puait trop fort !

 

Jacques Chirac : Ben Papa, vous le savez, n'est-pas,

c'est la nouvelle année;

permettez-moi de vous présenter, au nom de la France, mes meilleurs voeux de santé. Euh,... entre deux Noël, vous faites quoi au juste ?

 

Père Ben Papa Noël : Je dors, Chirac, je dors.

 

Jacques Chirac : J'ai du mal à vous croire, allez, dites le moi...

 

Père Ben Papa Noël : Oh, des bricoles, à côté, moins que rien...

 

Jacques Chirac : Et moi, alors, qu'est-ce que je vais faire, après les élections ?

 

Père Ben Papa Noël : Tu vas faire comme moi. Et on t'oublieras vite. Moi tu vois, je reviens chaque année ! Toi t'es mal parti, et en plus tu risques d'aller en prison !

 

Jacques Chirac : Tu crois ?

 

Père Ben Papa Noël (prenant un air mystérieux) : C'est ce que j'ai entendu dire dans certaines chaumières bien informées... 

Jacques Chirac : Sarko Iznogoudme ferait ça ?

 

Père Ben Papa Noël : Lui, c'est archi sûr ! Mais peut-être pas Ségo, remarques ! Tu devrais voter pour elle !

 

Jacques Chirac : Ouais...je reconnais que c'est une belle femme...Voeux Ségolène Royal 4

Père Ben Papa Noël : ...et une bonne mère !

Jacques Chirac : Attends, j'ai plus l'age !

Père Ben Papa Noël : Ta ta ta ! On a toujours l'age de se faire dorlotter et endormir le soir, crois-moi, j'ai du métier, pas la peine d'avoir fait l'ENA pour le savoir !

Jacques Chirac (il change de sujet): Donc, entre le jour de l'an et le Noël suivant, tu dors et tu bricoles...C'est quoi, au juste, tes bricoles ?

Père Ben Papa Noël : J'ai différentes activités annexes, c'est vrai, que peu de gens connaissent d'ailleurs, je me demande pourquoi...

Jacques Chirac (intéressé) : Tu m'intrigues, là, c'est quoi, au juste ?

Père Ben Papa Noël  (géné):  Heu, je suis Consultant privé en Bonnes Nouvelles, Soporifique en Chef à l'ONU, Illusionniste Internationnal à l'OPEP, Placebo Général à l'UNESCO, Membre du Panel de l'OMCQuestions couvertes par les comités et accords de l'OMC et j'en passe et des meilleures. A vrai dire, je suis littéralement surbooké, je sais pas ce qu'ils me trouvent tous ! BenGod lui-même m'a demandé une consultation !

Jacques Chirac (halluciné) : attends, Papa, mais je rève, on fait le même boulot !!

Père Ben Papa Noël : C'est exact, Président.

Jacques Chirac (il se fait doucereux) : Et t'as pas un petit quelque chose, pour moi ?

Père Ben Papa Noël : T'emballes pas. Faut voir. J'ai encore jamais eu de collaborateurs salariés. Tu connais la musique, tout le monde va me tomber dessus : ton Conseil Constitutionnel, le Parlement, l'Union européenneL'Europe passe à 27,  l'URSSAF, les Eglises, les ASSEDIC,  la retraite Vieillesse... Faut voir...

Jacques Chirac : Pour la retraite, ya pas d'souci ! J'aurai celle de Président de la République, celle de Premier Ministre, celle de Député. Je te coûterai pas un sou !

 Père Ben Papa Noël : Putain, Chiraquou, je vais pas non plus te faire bosser au black merde ! Réfléchis, c'est pas bon pour ta République...

Jacques Chirac : Mais on s'en tape de la République, Papounet ! allez, sois sympa, viens me voir à l'Elysée le 2 janvier à 8 heures 30 (j'ai Sarko Voeux Nicolas Sarkozy 9à 10 heures, ça me ferra une détente), tu passes par derrière, gardes ton déguisement, il y verra que du feu !

Père Ben Papa Noël :  Tu m'offres le p'tit dej, avec tes louffiats, tout ça ?

Jacques Chirac : Mais bien entendu ! (A part : ce type ne mérites pas sa place..et je la lui piquais...Présidentielle 2007Iznogoud pourra aller se rhabiller, super...)

Père Ben Papa Noël : allez banco !

Pic_fireworks

 

 

 

 

***

 

Jacques Chirachttp://perso.orange.fr/caricaturenet/politique.htm

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Published by PIERRE ALAIN GOURION - dans Les Interviews Imaginaires
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30 décembre 2006 6 30 /12 /décembre /2006 09:53

 Les Interviews josé bové

La biographie de José Bové

Imaginaires :josé bové

Jean de Ben José Bové

 

 

 

 

 

 

 

 

(propos receuillis par José Bové)

 

- José Bové : Camarade Ben Lafontaine, quelle est ta position sur les travailleurs de la terre ?

 

- Ben Lafontaine :


          Travaillez, prenez de la peine ;

          C’est le fonds qui manque le moins.

Un riche laboureur, sentant sa mort prochaine,
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.
Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage
Que nous ont laissé nos parents :
Un trésor est caché dedans.
Je ne sais pas l’endroit ; mais un peu de courage
Vous le fera trouver : vous en viendrez à bout.
Remuez votre champ dès qu’on aura fait l’oût.
Creusez, fouiller, bêchez ; ne laissez nulle place
Où la main ne passe et repasse.
Le père mort, les fils vous retournent le champ,
Deçà, delà, partout ; si bien qu’au bout de l’an
Il en rapporta davantage.
D’argent, point de caché. Mais le père fut sage
De leur montrer, avant sa mort,
Que le travail est un trésor.
- José Bové :  D'accord, on connait, mais la RTT ?
 
- Ben Lafontaine :

Rien ne sert de courir, il faut partir à point :
Le lièvre et la tortue en sont un témoignage.

« Gageons, dit celle-ci, que vous n’atteindrez point
Sitôt que moi ce but. ─ Sitôt ? êtes vous sage ?
     Repartit l’animal léger.
     Ma commère, il vous faut purger
     Avec quatre grains d’ellébore.
     ─ Sage ou non, je parie encore. »
     Ainsi fut fait ; et de tous deux
     On mit près du but les enjeux.
     Savoir quoi, ce n’est pas l’affaire,
     Ni de quel juge l’on convint.
Notre Lièvre n’avait que quatre pas à faire ;
J’entends de ceux qu’il fait lorsque, prêt d’être atteint,
Il s’éloigne des chiens, les renvoie aux calendes,
     Et leur fait arpenter les landes.
Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter,
          Pour dormir, et pour écouter
     D’où vient le vent, il laisse la tortue
          Aller son train de sénateur.
          Elle part, elle s’évertue ;
          Elle se hâte avec lenteur.
Lui cependant méprise une telle victoire,
          Tient la gageure à peu de gloire,
          Croit qu’il y va de son honneur
     De partir tard. Il broute, il se repose ;
          Il s’amuse à toute autre chose
     Qu’à la gageure. À la fin quand il vit
Que l’autre touchait presque au bout de la carrière,
Il partit comme un trait ; mais les élans qu’il fit
Furent vains : la tortue arriva la première.

« Eh bien, lui cria-t-elle, avais-je pas raison ?
          De quoi vous sert votre vitesse ?
          Moi l’emporter ! et que serait-ce
          Si vous portiez une maison ? »
 
- José Bové : Tu réponds pas du tout à ma question ! Tu parles de Sarko, là...
 
- Ben Lafontaine :
                                                                      
Une grenouille vit un bœuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n’était pas grosse en tout comme un œuf,
Envieuse, s’étend, et s’enfle et se travaille,
Pour égaler l’animal en grosseur,
Disant: « Regardez bien, ma sœur;
Est-ce assez ? dites-moi : n’y suis-je point encore ?
Nenni - M’y voici donc ? - Point du tout. M’y voilà ?
— Vous n’en approchez point. » La chétive pécore
S’enfla si bien qu’elle creva.

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages.
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages.
 
 
- José Bové : Tu parles pour moi ? Et les Mac Do, t'y étais ? Tu sais que je cause l' anglais aussi ?
 
 
- Ben Lafontaine :
 
A city rat, one night,
Did, with a civil stoop,
A country rat invite
To end a turtle soup.
Upon a Turkey carpet
They found the table spread,
And sure I need not harp it
How well the fellows fed.
The entertainment was
A truly noble one;
But some unlucky cause
Disturb'd it when begun.
It was a slight rat-tat,
That put their joys to rout;
Out ran the city rat;

His guest, too, scamper'd out.
Our rats but fairly quit,
The fearful knocking ceased.
'Return we,' cried the cit,
To finish there our feast.
'No,' said the rustic rat;
'To-morrow dine with me.
I'm not offended at
Your feast so grand and free,--
'For I've no fare resembling;
But then I eat at leisure,
And would not swap, for pleasure
So mix'd with fear and trembling.
 
 
- José Bové : Putain, j'y comprends rien ! T'as pas un traducteur automatique, tu sais,  tu vas sur l'internette...
 
 
- Ben Lafontaine :
 
Autrefois le Rat de ville
Invita le Rat des champs, Il faut tuer José Bové
D'une façon fort civile,
A des reliefs d'Ortolans.
Sur un Tapis de Turquie
Le couvert se trouva mis.
Je laisse à penser la vie
Que firent ces deux amis.
Le régal fut fort honnête,
Rien ne manquait au festin ;
Mais quelqu'un troubla la fête le corbeau de la fable
Pendant qu'ils étaient en train.
A la porte de la salle
Ils entendirent du bruit :
Le Rat de ville détale ;
Son camarade le suit.
Le bruit cesse, on se retire :
Rats en campagne aussitôt ;
Et le citadin de dire :
Achevons tout notre rôt.
- C'est assez, dit le rustique ;
Demain vous viendrez chez moi :
Ce n'est pas que je me pique
De tous vos festins de Roi ;
Mais rien ne vient m'interrompre :
Je mange tout à loisir.
Adieu donc ; fi du plaisir
Que la crainte peut corrompre.
 

- José Bové : So long, Ben Laf, ouais t'as raison, vas, je retourne à mes chèvres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

***
  portrait de Jean de La Fontaine
morales ou vers célèbres des fables

Lafontaine,

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27 décembre 2006 3 27 /12 /décembre /2006 10:29

Les InterviewsBrut De Femme Imaginaires :

Pierre de

Benronsard

(Propos receuillis par Diam's, (Rapeuse) Brut De Femme

 

-Diam's :  M'sieur Ronsard, ma parole, zarma tu m'inspires...

 

- Pierre de Ronsard :


Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.

- Diam's :  La mort de ton âme, tu m'prends pour une poupée ou quoi ?

 

- Pierre de Ronsard :


Ni de son chef le trésor crépelu,
Ni de son ris l'une et l'autre fossette,
Ni l'embonpoint de sa gorge grassette,
Ni son menton rondement fosselu,

Ni son bel oeil que les miens ont voulu
Choisir pour prince à mon âme sujette,
Ni son beau sein dont l'Archerot me jette
Le plus aigu de son trait émoulu,

Ni son beau corps, le logis des Charites,
Ni ses beautés en mille coeurs écrites,
N'ont esclavé ma libre affection.

Seul son esprit, où tout le ciel abonde,
Et les torrents de sa douce faconde,
Me font mourir pour sa perfection

-Diam's : Tu m'chicane mon frère...c'est du verlan là ou quoi ?

 

- Pierre de Ronsard :

Ô doux parler, dont l'appât doucereux
Nourrit encore la faim de ma mémoire,
Ô front, d'Amour le Trophée et la gloire,
Ô ris sucrés, ô baisers savoureux ;

Ô cheveux d'or, ô côteaux plantureux
De lis, d'oeillets, de porphyre et d'ivoire,
Ô feux jumeaux dont le ciel me fit boire
Ô si longs traits le venin amoureux ;

Ô vermillons, ô perlettes encloses,
Ô diamants, ô lis pourprés de roses,
Ô chant qui peut les plus durs émouvoir,

Et dont l'accent dans les âmes demeure.
Et dea beautés, reviendra jamais l'heure
Qu'entre mes bras je vous puisse r'avoir ?

 

-Diam's : Comme il y va lui ! T'es qu' un bouffon Ronsard, ya rien à faire avec un keum comme toi ! J'me casse, j'ai jamais vu un balourd comme ça sur ma vie ! 

 

 

 

 

 Pierre de Ronsard

 

(Aimable autorisation des Editions Ma 6T Va Cracker)

 

Tai toi babillarde Arondelle,
Par Dieu je plumerai ton aile
Si je t'empongne, ou d'un couteau
Je te couperai ta languette,
Qui matin sans repos caquette
Et m'estourdit tout le cerveau.

Je te preste ma cheminée
Pour chanter toute la journée,
De soir, de nuit, quand tu voudras :
Mais au matin ne me reveille,
Et ne m'oste quand je sommeille
Ma Cassandre d'entre mes bras.

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27 décembre 2006 3 27 /12 /décembre /2006 05:58

Les Interviews

Imaginaires  :

Ben Lacan, propos receuillis par Ben

(Les parenthèses sont de la rédaction)

 

- Question: Monsieur Ben Lacan, pourquoi êtes-vous incompréhensible? Est-ce selon vous une preuve de la complexité du monde, de perpexité de Votre Hauteur devant la Vie ou bien le résultat d'un sentiment d'infériorité compensé à l'égard de vos Maîtres, Auteurs lisibles?

- Réponse de Ben Lacan: Rien de tout làce (celà), jeune homme. J'y pense donc j'essuie.

- Question: C'est à dire ?

- Réponse de Ben Lacan: C'est à dire que. Et que. Et que. Et aussi selon que. Voire selon queue, mais là, j'abuse un chouia! (il rit)

- Question: Précisemment, dans votre ouvrage "Le Que, la Queue et le Chouia", paru aux Editions ALEASMANN -merci, Maître, de m'offrir cette transition inespérée- vous opposez courageusement deux concepts a priori fort éloignés l'un de l'autre. Que souhaiteriez-vous faire comprendre à vos patients?

- Réponse: Un la patience. Deux que le "que" suit, quand "la queue" précède. J'ai dit.

- Question: C'est en effet tout le débat actuel. Ben Ardisson en a lui-même parlé lors de son séminaire audiovisuel...

- Réponse: Bon Ah ! (Ah bon !) Sondiar (Ardisson) lui-même?

- Q : Oui, enfin, Ardisson quoi, vous savez, l'interviewer névrotique...

- R : Je ne le sais que trop. Et c'est peu dire. Mais enfin. Sondiar lui-même. Bon Ah (Ah bon). Yabon.

- Q : Yabon ?

- R : Ben oui, Yabon.

- Q : A ce point ?

- R : Yes, enfin oui, en cas tous [tout cas] c'est pas non ! Je dis Yabon.

- Q : Bon.

- R : En effet, bon, je ne vous le fais pas dire, mais enfin. Mon enfant, votre interview s'essoufle ce me semble oui non. Comment comptez-vous la relancer non oui avant que vos propres lecteurs [il rit, je me demande pourquoi] ne s'essouflassent eux-mêmes?

- Q : En vous questionnant encore, Maître !

- R : Il vous reste une minute avant la fin irrémédiable, définitive et espérée de votre consultation, jeune homme, vous verrez ensuite avec ma divine assistante pour le règlement de mes honoraires délirants, je vous en prie faîtes vite, je n'en puis littéralement plus !

- Q : Si je puis me permettre, ce n'est pas une consultation, Maître, mais un entretien...

- R : Oui, bon. Ainsi soit-il. Alors ?

- Q : une petite dernière : finalement, pourquoi tout celà ?

- R : Voilà enfin une interrogation pertinente et une réponse qui ne le sera pas moins, ni plus d'ailleurs, afin de ne pas vous embrouiller l'esprit. Encore que.

- Q : Encore que quoi ?

- R : Encore que. Je me comprends. J'ai dit.    

                                                    (propos receuillis par Ben)

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