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  • : Ce site / blog artistique et ludique a pour vocation de présenter mes productions, et celles d'auteurs invités : livres, poèmes, chansons, nouvelles, expositions, billets d'humeur sur la vie culturelle, politique, sociale et juridique, émissions de radion, compositions musicales électro-acoustiques.
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7 mai 2007 1 07 /05 /mai /2007 15:54

commentaires et critiques sur l'expo

 

 

 

 

 

 

 

La Justice et son Double, c'est le dyptique fondamental que Pierre Alain offre : la possibilité d'exprimer ce qui ne tranparait jamais des dossiers, mais qui pourtant est l'essence de la profession : la contribution de l'avocat au progrès de l'humanité, en se reconnaissant et en reconnaissant les clients comme membres de la Maison humaine. Passer de l'individuel à l'universel, de l'oeuvre pénale à l'oeuvre collective. Un très très grand métier.

              Odile BELINGA, Avocate

***

 

 

Je reste dubitative !!!! Quelle violence dans la retranscription de Double ! Par l'usage, la parole, l'être humain est-il si sombre ? Jusqu'où est-il capable d'exprimer son instinct ? Et comment ? Quel sentiment d'impuissance chez les avocats !

                  N.F.

***

 

 

Sous la robe, le fantasme du justiciable ! Très révélateur , à travers leurs doubles, de la façon dont les avocats perçoivent leur mission. On y trouve leur générosité et leur narcissisme tout à la fois (je sauve donc je suis !). Belle oeuvre mon cher Maître,

                 Sébastien

***

 

 

Une identité professionnelle commune, des perceptions et des maturations différentes que seule l'expression artistique pouvait synthétiser. Original ! Interessant ! Les représentations, loin d'apporter une réponse figée, requestionne l'être humain dans sa fonction. Une envie de continuer le dialogue.

                  S DURAND BELHADJ

***

Les photos en noir et blancs (les maîtres) sont très belles, les photos en couleur aussi , très réussies, avec de belles poses. Un plaisir de voir.

                   Luc FARGUES

***

 

 

Ce fut un grand plaisir d'être là. (...) L'auteur est un homme aux multiples facettes (...). Bravo !

                   Philippe BORDIER

***

 

 

Celà donne envie de se faire "Maître", mais j'ai toujours été plus photographe qu'avocat !

                   Illisible

***

 

 

J'aime bien la façon dont (GOURION) exprime sa créativité. Beaucoup de fond mais aussi plein d'humour dans cette exposition.

                  Jean - Noël BARDET 

***

 

 

Le génie de cette exposition est d'avoir montré le double que chacun de photographiés a réver de caractériser

                    Illisible

***

 

 

C'est beau et profond, c'est tout. Merci.

                   Bénédicte PANET

***

 

 

Je suis heureuse d'avoir vu, rassemblés, regards, réflexions, photos, mots, maux...autour de, pour, de...la justice. Désemparée parfois par un lien que je ne trouve pas toujours entre le texte, l'avocat, les émotions générées et le double...Merci à toi pour ton magnifique texte qui culmine en fin de parcours, tout est dit, tout est là, la photo de toi, sadualité visible, le double et tes mots ne font qu'une voix...juste...

                 Isabelle BUET

***

 

 

Voilà une magnifique exposition qui révèle la double personnalité de son auteur. Bravo.

                  Paul HATCHUEL

***

 

 

J'ai découvert un monde que je ne connaissais pas. Bravo.

                 Michel ORY

***

 

 

J'adore ! Vraiement, c'était une belle expérience, la démarche est belle et provocante !

                  Syhème REVOL

***

 

 

La justice mise à nue

                  Soraya GUEZLANE

***

 

 

A(U) POIL GOURION !

                  Henri PARADO

***

 

 

Un homme qui brille par ses mille et une facéties...

                  Virginie MAGNE

***

Très bel aboutissement. Bravo pour l'art et la constance !

                  Fabienne LAURES

***

 

 

La Justice et son Double ... Alain Gourion et son Double. Multiples facettes de l'avocat et de son oeuvre de création. Bravo !

                   Myriam BELHADJ

***

 

 

Je pense à la Nudité de l'Avocat face au dessin, aux Juges, à la Justice ... insolite ou vécue !

                   Illisible

***

 

 

Comme disait Ralite, quand les bornes sont franchies, il n'y a plus de limites ... Je rajoute...au mauvais goût.

                   JPN

***

 

 

Vraiement d'un goût douteux. Le message est interessant, mais le moyen un peu limite...Sans doute réactionnaire er hermétique à l'art, je trouve ces photos peu compatibles avec notre serment (notamment pour l'image et la dignité de la profession).

                Illisible, avocat

***

 

 

Paradoxal et provocateur ! Voulu ? La provoc est parfois un peu facile. Mais faire parler ... c'est bien. On s'interroge, on partage, on repousse etc...

                  Illisible

***

 

 

Il y a des jolies morceau en foto ! C'est délicieux !

                   Illisible

***

Voilà une exposition originale. Est-on surpris de l'image de la justice qui en sort ?

                    Illisible

***

Un grand plaisir de voir les photos associés au(x) texte(s) que je connais bien pour les avoir traduits. Effet de distance et de rapproché avec les six mois qui ont passé depuis. Le projet a bien vu le jour dans son entier. Bravo !

                     Christiane Orgeret

***

Il est rare que les avocats se mettent à nus. Vous avez su les faire se projeter à travers des photos expressives et des réflexions intimes. Bravo.

                        Pierre Sachot

***

 

Totalement hermétique ! C'est de l'art ?? On en a brûlé pour moins que ça ! La liberté d'expression permets décidement tous les débordements et les excès !

                         Michel Jalot

***

Toutes ces critiques montrent bien l'étroitesse d'esprit de ces personnes et le "non respect" du travail effectué par les photographes...

A quand la liberté de censure de ces "êtres" qui nous exaspèrent par leur rigidité et leur politiquement CORRECT. RRRR !

          Un anonyme qui défends l'ART et les artistes et qui condamnent ces hommes sans fantaisie !!!

***

 

Se donner le droit de représenter son double nu, amplifiant ainsi l'émotion, la justesse du sentiment, les sens, s'autoriser à ouvrir des portes secrètes... L'expérience devrait s'ouvrir à tous nos doubles ! Bravo.

                                 Patrick Minod

***

 

Difficile de ne pas confondre l'art et le cochon...

                                 L. Bohé 

***    

 

 

 

J'ai lu et relu les textes qui accompagnent les photos et surtout j'ai essayé de comprendre l'argument qui peut justifier l'opposition constante des corps nus (les accusés, les suspects) et les hommes d'appareil sanglés, casqués dans leur tenue dont, en hommes de pouvoir, ils se drapent.

Le jeu me semble faussé ence sens que les acteurs nusface à une Cour n'auraient pas les attitudes légères qu'ils prennent ici. Seule la mère avec ses deux enfants, cette mère enchainée me paraît vraie. Les autres jouent. Et l'expérience mentre qu'étant accusé, il est difficile de jouer.

Mais je me sens exprimé par Begag : le nu est une invitation au voyeurisme et ne convient pas dans un débat d'idées. Ici la nudité des accusés"mis à nus" les fragilise, les abaisse, face à leur partenaire. Ils sont déjà fragilisés par l'accusation, par le cadre, on devrait les valoriser, les aider à être à égalité avec le Peuple qui va les juger. Leur nudité les complexe. le débat n'aura pas lieu. A moins que leurs juges, leurs avocats soient également nus. L'institution judiciaire devrait garantir l'égalité dans le prétoire. C'est un minimum. Ce minimum passe par le refus de l'accentuation des rôles (accusés, juges) et ce serait justice que tous les acteurs soient dans la tenue qui égalise au lieu de différencier. Alors oui pour le nu, à cette condition.

Begag compare la justice à une "roue crantée qui broie".

Je suis d'accord avec lui pour penser que le nu des accusés les vouent à être broyés avant même que se mette en route la machine.

Si l'on veut exprimer celà, on a réussi. Mais alors, que devient la "balance" comme symbole de la justice du Peuple ? " Depuis l'enfance, j'aitoujours peur de la justice" dit Begag. Quelle tristesse au " pays des droits de l'homme ", de Voltaire, de Montesquieu et de Zola !

Encore une citation de Begag : "N'importe quel citoyen peut se retrouver dans cette situation : dos à un public de curieux et ...face à un juge et un procureur, représentant les intérêts suprèmes et la société de droit". Pour moi, mes droits sont les mêmes que ceux qui sont défendus par les magistrats.

Je n'entends pas être fragilisé, minimisé, complexé par mon absence de vêtements (fragilisé je le suis déjà) face aux effets de manche de ceux qui restent habillés, accentuant le manque d'égalité.

Si c'est celà qu'on a voulu exprimer, c'est réussi. Mais alors exprimons un sursaut pour changer cet état de fait.

                   Max BOBICHON

***

 

   Sur les murs, l'impression est forte. Le concept est audacieux, mais je n'ai pas pu m'arrêter de penser que cette exposition vous oblige en quelque sorte à une suite où les hommes de loi seront à poil. Sens aigu de la symétrie, cynisme et ironie de ma part ?! ... je ne sais pas exactement. Peut être simplement une utopique aspiration vers une égalité parfaite entre les hommes, quel que soit le pouvoir "social" dont ils sont dépositaires.


                                  Florin CONSTANTIN

 

 ***

La lecture de La Justice et son Double m'a surpris, déconcerté puis retenu. Je n'ai eu de cesse que de la terminer, en consacrant le temps qu'il fallait à chaque photo (inégal selon la photo) mais surtout aux commentaires de chacun des avocats photographiés. Ils sont inatendus, parfois savoureux, jamais ininteressant même les plus brefs...et même les plus verbeux.

Votre idée d'affirmer que chaque avocat ou avocate a un double et qu'il doit le chercher obligatoirement dans une nudité féminine ou masculine, masquée ou non est baroque peut-être, mais pourquoi pas ?

Une fois admise l'idée, les réactions des avocats choisis sont instructrices et révélatrices. Comme vous mêlez avec grâce et talent l'art consommé du photographe à la virtuosité de l'avocat à toute épreuve, le résultat au fil des pages est charmant, léger...et sérieux.

Je suis amateur de la représentation en deux ou trois dimensions de la nudité féminine dans ses plus secrets mystères. J'étais donc à moitié convaincu au départ.

A la fin du livre, en admirant les confrères qui se sont prêtés avec élégance au jeu, je ne trouvais pas de critique ni même de réserves. J'ai bien aimé la sobre définition d'Yves Bismuth et surtout celle du Bâtonnier Ianucci (...)

Mes félicitations aussi pour vos propos introductifs, souvenirs d'enfance et poésie, souvenirs professionnels et développements subtils sur l'art de la photographie et ses risques. Mille fois plutôt qu'une on m'a posé la question du mensonge de l'avocat : j'aurais, je pense, répondu comme vous à votre fils Emmanuel :"Non, un avocat n'a jamais le droit de mentir mais il a souvent le devoir de se taire".

Et parfois au péril de sa vie, comme notre confrère Pithon, sous l'occupation.

(...)

J'ai enfin aimé la conclusion du ministre (qui ne l'est plus !) Azouz Begag, avec son point de vue de musulman et ses impressions d'audience correctionnelle. Combien je les partage après cinquante trois ans et demi de barre !

  Henri ADER, Ancien Bâtonnier de Paris, Président 

                        du Palais littéraire et musical

 

***

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Published by PIERRE ALAIN GOURION - dans Expo La Justice et son Double
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31 mars 2007 6 31 /03 /mars /2007 09:29

Expo Photo

La Justice et son Double

 
 
LA JUSTICE A NU …
 
 
Pierre-Alain GOURION et Bubble Art ont le plaisir de vous annoncer l’exposition « La Justice et son Double »  (Vérités, Egalités, Nudités)  qui se déroulera du 18 avril au 30 mai 2007 au Nouveau Palais de Justice de Lyon.
 
L’exposition présente 24 photographies d’avocats, et les associe à 24 nus masqués, doubles nus symboliques du justiciable.
 
 
Ces 24 diptyques sont illustrés par les propos spontanés des avocats : visages, masques et textes.
 
Cette démarche originale a pour intérêt de proposer une réflexion sur la justice actuelle et la relation humaine dans le cadre judiciaire.
 
Pierre- Alain GOURION, ancien avocat en droit international, s’est associé avec le Photographe Gilles VERNERET, Directeur de la Galerie Le Bleu Du Ciel, et avec Azouz BEGAG, Ecrivain.
 
L’exposition photographique  fait l’objet de la parution du livre « La Justice et son Double »  (Vérités, Egalités et Nudités).
 
Les auteurs du livre proposent un ouvrage qui s’appuie sur l’exposition et offrent de nouvelles perspectives sur la justice et le sentiment d’injustice.
 
Un livre à paraître aux éditions ALEAS dès le 18 avril 2007, en vente sur les lieux de l'expo.
 
Exposition du 18 Avril au 30 Mai 2007
Au Nouveau Palais de Justice
Rez- de jardin, salle des avocats
44, rue de Bonnel
69007 Lyon
 
Ouverture de 13 H à 18 h
Entrée Gratuite
 
 
 
Vernissage le Mercredi 18 avril 2007 à 18H00
Avec la présentation du livre « La Justice et son Double »
 
En présence des auteurs : Pierre-Alain GOURION, Gilles VERNERET et Azouz BEGAG.
 
 
 
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Published by PIERRE ALAIN GOURION - dans Expo La Justice et son Double
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3 décembre 2006 7 03 /12 /décembre /2006 17:40

 

EXPO PHOTO La Justice et son Double - L'Atelier du projet 2

Véronique est morte

Véronique est morte

Véronique est morte

Et il vit

Le salaud
Il vit son assassin
Qui des ses coups de bottes
Pétrifia son destin
 
Véronique est morte
Véronique est morte
Et le voilà héros
Sur cette scène ignoble
Où il ose être beau
 
Véronique était morte
Véronique était morte
Et les juges humanistes
Et les experts psycho
Les avocats moirés et les témoins bigots
Ne savent pas pleurer
 
Ils n'auront que des mots
Langue de bois du droit
Trémolos d'un trépas
 
Véronique ma fille
Véronique ma fille
Ecartelée voulue
Par un monstre sangsue
C'était deux enfants nus
 
Mais Véronique est morte
Mais Véronique est morte
La fureur meurtrière
Faucha son vol d'oiseau.
 
 
 
C'était il y a longtemps, à la Cour d'Assise.
J'étais l'avocat d'une jeune fille violée et
assassinée, ou plutôt l'avocat de ses parents.
Une jeune et jolie jeune fille de seize ans,
Véronique.
 
Son meurtrier n'était pas beaucoup plus vieux
qu'elle, dix neuf ans peut-être. Il était beau
aussi, comme un éphèbe grec. Peut-on être
beau et violeur ? Oui. L'audience fut terrible,
mais digne, au delà des inévitables petitesses
qui sont le lot des hommes, et de la lourde
condamnation qui vint justement sanctionner
le bel et horrible coupable.
 
En sortant du tribunal, à minuit, sonné et
comme ivre de la rudesse de cette trop longue
journée, j'écrivis ce poème, dédicacé à Véronique
certes, mais aussi à notre folie criminelle à tous.
Tout le monde peut tuer.
 
Nous sommes tous des assassins.
 
Les souvenirs et les images restent parfois
imprimés dans nos esprits de longues années,
le jour et la nuit. Les métiers judiciaires sont
violents. Celui d'avocat au pénal tout
particulièrement. Projetter ces souvenirs et ces
images dans un travail qui les dépasserait, c'était
peut-être la solution à ces tourments. 
Alors me vint l'idée, au bout de ce
cheminement, de confronter avec
mon matériel de photographie ce
qui avait fait beaucoup de ma petite
vie : et la beauté des femmes et celle
d'un regard bref, et la robe de
fonction, noire d'un jais judiciaire,
et la seule nudité pour revenir
aux sources.
 
Confronter le noir, le blanc et la
couleur, l'argentique et le
numérique, la toge du plaideur à
la nudité de son client, le diable et
le bon dieu, l'endroit et l'envers,
la lumière et les ombres, le réel
et l'imaginaire,l'homme et la
femme, le conscient et
l'inconscient.
 
Et pourquoi pas, m'objectera-t-on,
la pensée et la langue, le cru et le
cuit, les gendarmes et les voleurs,
la langue du droit et celle de la
poésie, trucmuche et son contraire,
bidulette et son double ?
 
Oui, en effet, pourquoi pas ? Dans la
pesée  contradictoire et simili
juridictionnelle de cette  série
d'oppositions, ce ne serait pas
l'institution qui, pour une fois,
trancherait, mais chacun, dans
son for intérieur, à l'issue d'un
débat où l'émotion du corps et
du regard viendrait se heurter à la
nécessaire rigidité des textes.
 
Dans la poésie, dans la peinture,
dans tous les arts qui parlent
à l'imagination, et dont le but est
d'instruire et de plaire, c'est
toujours sous le voile de l'allégorie
que la morale présente aux hommes
des vérités consolantes, des
préceptes utiles, et l'histoire
emprunte souvent le même langage.[1]
 
En faire un livre, et une expo,
montrer les corps des justiciables face à des robes de basoche.
Confronter la fonction de juger,
de défendre - avec ses apparats -
à celle d'être défendu, et jugé, et
violé dans ses intimités. Pour la
bonne cause bien sûr : celle de la
vie ensemble, des règles indispensables
au fonctionnement social, bien juger bien
punir, acquitter faute de preuve ou 
condamner petit parce que le doute est
petit (selon l'horrible adage  petit doute,
petite peine), tout existe,
même et surtout le pire qui n'est jamais
exclu. Justice humaine imparfaite on
vous dit.
 
Outreau. Pauvre petit juge
BURGAUD lynché médiatiquement pour avoir
fait comme les autres,
rien de plus, rien de moins, joli bouc
émissaire d'une société malade.
 
Mais le bouc ici est un homme, pas un
animal comme dans la Bible, où le rite
sacrificiel éloignait nos ancêtres
de leurs iniquités[2].
                                               
Pas plus petit que les autres, BURGAUD,
juste jeune et sans doute conformiste,
mais  pourquoi voudriez vous que vos
juges ne soient pas en majorité
conformistes ? Que leur demande-t-on
d'autre que de se conformer à la loi du
moment, aux codes sociaux actifs,
aux habitudes acquises ?
 
Souhaitons que son sacrifice sur l'autel
du bien penser, son quasi suicide
organisé par nos parlementaires et nos
journalistes, ne l'ait pas cassé, l'ait
peut-être grandi[3].
 
On voudrait qu'il écrive son histoire de
mediamartyr, qu'il règle ses comptes
même s'il devait y laisser des plumes.
Qu'il se défende en prenant enfin
l'initiative. Est-ce trop lui demander ?
 
En faire un livre et une expo que les
gens regarderont et qui fera parler,
et débattre de nos systèmes judiciaires
prétentieux et souvent sans les moyens
en hommes et en argent que l'ambition
- juger le moins mal possible-
postulerait. Mais les hommes et les
femmes politiques se moquent de la
justice, sauf quand elle leur est opposée :
aucune rentabilité électorale à court ou
moyen terme, la cause est hélas
vite entendue. [4]
                                                     

[1] GRAVELOT et COCHIN, Iconologie, Paris, 1797.
 
[2] La Bible, traduction d?André CHOURAQUI, Paris,
Desclée de Brouwer, 1989.
 
[3] Le juge BURGAUD était un très jeune magistrat
instructeur français saisi d'une affaire de pédophilie
apparemment grave. Il mit en détention préventive,
avec l'aval de juridictions supérieures, de nombreux
inculpés mis en cause par des enfants et des
adultes. A la suite d?une campagne de presse et
d'une relaxe générale réclamée par le Parquet
lui-même, ce magistrat fut entendu,
medias présents, par une Commission d'Enquête
parlementaire. L'image passée en boucle sur les
chaînes de télévision d'un juge contrit entouré
de deux avocats muets reste dans ma mémoire
non comme une preuve de santé démocratique,
mais comme celle d'une maladie sociale grave
que l'on prétendrait soigner avec de la poudre
de perlimpinpin médiatique. Si la Commission
d'Enquête modifie en profondeur le fonctionnement
de la police judiciaire et de la justice pénale, je me
 fais moine.                                            
 
 
 
[4] La justice française est assez moderne mais honteusement
pauvre. Nous
avons dix juges
pour cent mille
habitants, contre
vingt cinq en
Allemagne.
Rapporté au
produit
intérieur brut (PIB),
l'effort
budgétaire
qui
est consacré
au système
judiciaire public
place la France
au vingt neuvième
rang sur
le continent
européen. Le pays
lui consacre
cinquante et un
euros par an et
par personne,
la moitié de ce
que nos voisins
allemands dépensent.
 
Si son aide judiciaire (assistance que l'état fournit
aux personnes qui n'ont pas les moyens financiers
suffisants pour se défendre elles-mêmes devant
un tribunal) est assez bien dotée, la rémunération
des avocats à ce titre est notoirement faible et
fait supporter aux moins riches d?entre eux une
véritable charge de service public. Les magistrats
non professionnels y sont beaucoup moins
nombreux qu'en Grande Bretagne où la grande
majorité des litiges est réglée par les "magistrates",
citoyens bénévoles. La Convention européenne
des droits de l'homme proclame que toute
personne a droit à ce que sa cause soit
entendue équitablement, publiquement et
dans un délai raisonnable : les procédures
de licenciement devant les Conseils de
Prud'homme et de divorce devant les
Tribunaux de Grande Instance sont chez
nous parmi les plus longues d'Europe. Outre
le budget de l'Etat qui devrait au moins
être doublé à moyen terme, une culture
de l'évaluation pourrait avantageusement 
être développée : questionnaires aux        
usagers à la
suite des
audiences,                         
enquêtes de
satisfaction,
renforcement
des procédures
disciplinaires
contre les
magistrats
(faute
déontologique
ou
insuffisance
professionnelle),
avec garantie
de leur indépendance, comme aux Pays-Bas,
en Belgique ou en Espagne. (Sources :
Le Monde du 6 octobre 2006, enquête de
la Commission européenne pour l'efficacité
de la justice et interview de Jean-Paul JEAN,
Magistrat, Président du groupe des experts
de la CEPEJ.)
        
 
 
 
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Published by PIERRE ALAIN GOURION - dans Expo La Justice et son Double
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23 novembre 2006 4 23 /11 /novembre /2006 04:13
 
EXPO PHOTO La Justice et son Double - L'atelier du projet (1)



 
photo A. Gourion

C'était en 2003. Le premier janvier, genre lendemain de fête, tu es chez toi, tu vasouilles, les lampions sont eteints. Il flotte comme un parfum de vacuité. J'en fais quoi de ma vie, de mon expérience ?
 
 
 
 
Sur la page blanche qui, souvent, m'a permis de faire le point avec moi-même, une drôle d'idée s'écrit : elle est tirée de ma double activité de photographe et d'avocat. Pourquoi pas un travail qui mèlerait les deux? Par exemple présenter les portraits de vingt quatre avocats dans leurs robes de fonction en les associant à vingt quatre nus, hommes et femmes dans leurs variétés humaines, mais masqués. Vingt quatre : vingt quatre images à la seconde, comme au cinéma.
 
 
 
Pourquoi le masque? C'est que la mise en espace judiciaire est un théatre réel et dur où les personnages incarnés ont un rôle : juges et avocats, prostitués et souteneurs, entrepreneurs et enfants tristes, veuves joyeuses et assassins.
 
 
C'est que la justice a ses tenues, ses symboles, sa grammaire, ses codes de comportement et de langages. Son cléricalisme aussi. Quant au théatre, tragédie ou comédie jouée car redite, les masques de papier ou de chair que l'on y met en scêne y expriment les symptômes des principales affections de l'âme.
 
 
 
Le recours au nu, tradition picturale et photographique de tous les temps, est en rapport avec la necessaire recherche de l'équilibre que la justice poursuit, dans ses lumières crues ou trompeuses, ses affirmations contradictoires,  son administration impossible.
 
 
 
J'étais parti d'une vieille lecture faite du temps de ma première vie professionnelle, celle des métiers du cinéma : c'était Le Théatre et son Double, d'Antonin ARTAUD. Et de mes débuts de photographe : j’ai toujours fait des photos. Depuis que j’ai douze ans.
 
 
 
C’était à Oran, où je suis né ; mon grand cousin Albert, un ingénieur, m’avait donné, il ne s’en servait plus, une petite boite ronde et noire, avec une tige rouge, pour développer les films en les faisant tourner dans le révélateur. J’avais également hérité d’un agrandisseur, d’un margeur et de deux cuvettes pour révéler et fixer les tirages.
 
 
Je squattais la salle de bains familiale, obturais toutes les ouvertures avec du papier noir à cause du jour et m’enfermais - des heures durant – dans la mystérieuse obscurité où la lumière inactinique de la lampe rouge permettait le calme, les rêves et les projections. C’était magique.
 
 
Ma première photo, c’était hier, est un papier sensible blanc que je glisse sous la porte, l’exposant ainsi à la lumière extérieure du couloir d’accès. Je la développe et – ô miracle – apparaissent dans le bain du révélateur les deux parties : la noire, exposée à la lumière, et la blanche, qui est restée dans le laboratoire improvisé.
 
 
Décalage dans le temps, jeu de lumière sacré.
 
 
J’occupe la salle de bain, personne ne peut violer ce sanctuaire secret où se construit l’imaginaire du gosse. La famille le respecte je crois, Alain fait des photos, il est pénible parce qu’on ne peut plus prendre sa douche mais bon, ça l’occupe !
 
 
Le monde s’attrape par tous les bouts. La photo en est un. Elle est rencontre, elle est regard sur les autres, il faut sortir de soi et se construire hors de l’introspection. Les images saisies, les souvenirs et les odeurs se mêlent. La photo fixe l’instant, certes, mais elle offre au regard la liberté du cadre, elle amène à focaliser et à jouer avec la distance et la netteté, attention, le petit oiseau va sortir.
 
 
Attention, le petit oiseau est sorti, il vole de ses propres ailes, chapardant des miettes de réalité. Ca le nourrit, l’oiseau, et il rend aux autres, longtemps après, parfois jamais ou autrement, le produit digéré de ses rapines d’un jour.
 
 
L’appareil de photographie est un objet, comme le pinceau du peintre, le stylo de l’écrivain ou la souris de l’internaute. Les mots de ma langue, les images de ma rétine souvenir, les couleurs de ma palette ne sont que des techniques inventées pour nous permettre de se parler et de s’écouter. Les oiseaux parlent aussi, a ce que l’on dit, et même les dauphins, les chauve-souris et les poissons. Comme nous. Nous, les petits hommes, nous avons la technique en plus, des tas d’inventions géniales et encombrantes quand on mélange la fin avec les moyens.
 
L’appareil est un moyen. La fin, c’est le bonheur de la rencontre quand elle est là. Quand elle n’y est pas, on peut la susciter, la faire venir lentement. Prendre son temps avec ceux que l’on photographie, juste le contraire des odieux paparazzi violeurs. Avec un couteau, je peux couper mon pain et le partager. Je peux aussi tuer. Avec un kodak c’est pareil. Le petit oiseau peut tuer. Il peut aimer aussi, embellir, divertir.
 
 
Longtemps après, après les études de droit et le métier d’avocat, j’étais allé en Hongrie, à SEBEZVITZ, près de LILAFURED et de MISKOLC, vers la frontière ukrainienne, pour des workshops photographiques qui se tiennent là depuis vingt ans, animés par le président des photographes d’art hongrois, Janos EIFFERT.
                                                                                                   
 
 
Les hongrois, comme beaucoup de sociétés d’Europe orientale, ont gardé une vision purement artistique de la photographie. C’est comme si, dans notre monde technicien et médiatisé, les déluges d’images à bon marché, celles qui font de l’audimat et vendent de la publicité, le pictural avait gardé de la fraîcheur et du sens. On retrouvait là-bas le goût de la photo des années trente, quand on découvrait encore cette merveille de la reproduction qui apparaît, magie chimique, projection de nos rêves.
 
 
Quatorze heures par jour de photos, avec d’autres photographes professionnels et amateurs avertis, des modèles rémunérés par l’organisation, des conférences, des échanges d’images et de projets. De vraies vacances quand on sort de quatorze heures par jour … du métier d’avocat.          
                                                                                                                    (suite à la prochaine parution)
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Published by PIERRE ALAIN GOURION - dans Expo La Justice et son Double
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