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14 janvier 2007 7 14 /01 /janvier /2007 21:16
LA BAGOUZE D'OR 
                                         par Pierre Alain Gourion.
 
 
 










photo Ben.


  C'était un Premier de l'an. A cette époque, en 2017 je crois, le gouvernement français avait essayé de remettre les citoyens au travail, car le temps de travail était truffé de jours chômés censés être des conquêtes des travailleurs, de « ponts » qui ressemblaient disait-on à des viaducs : dans les entreprises, c'était la course pour poser à temps les bons congés, ceux qui vous permettraient de partir en week-end, sortir des embouteillages des villes pour tomber dans des embouteillages des campagnes, quitter les soucis du quotidien, le métro boulot dodo, pour goûter à ceux de la neige absente et des vacanciers moutons. La France était le pays de l'Europe où l'on travaillait le moins, affirmaient les post-sarkosiens, après l'assassinat de Nicolas Sarkosy par l'islamiste Ben Begag. Les autres, la Présidente Royal
(elle avait été obligée de prendre Balladur comme Premier Ministre, vous vous rendez
compte ?), les socialistes, les alter mondialistes et les survivants du communisme mourrant disaient que la rentabilité n'en souffrait pas, au contraire, les bénéfices du CAC 40 n'avaient jamais été aussi élevés et  il fallait bien reconstituer sa force de travail.
 
  Moi, je m'en foutais de leurs conneries, j'y comprends que couik, je suivais ça de loin.
 
  Les français ripaillaient, discutaient, se chamaillaient et partaient sur les routes, merde à la politique, c'est tous des pourris qui s'en foutent plein les poches.
 
 
  J'étais chômeur. Les ASSEDIC, j'aime bien,
 
  je suis pas tellement fier pour ça remarquez. A côté je bosse au black, je sais travailler de mes dix doigts quand il faut.
  
 
  Y avait eu la Noël, un truc de chrétiens laïcisés, une drôle de fête chômée comme ils disent, tu parles de chômage ! C'était une journée bizarre, la ville vidée de ses plus riches, de ses consommateurs de croissance, les autres restés là, certains travaillants, d'autres pas, des étrangers et des banlieusards comme moi pleins les rues, bizarre je vous dis, un jour off, comme au festival d'Avignon, j'ai des lettres moi, ça vous emmerde ?
 
 
  Je retrouvais ma guimbarde décapotable sur la Place Sadi-Carnot, un Président de la Troisième République assassiné par un anarchiste italien,D'après le portrait officiel en président de la République garée en épi, ça caillait un max, les vieux mourraient de froid et on en parlait tout le temps à la télé, bien au chaud devant son chocolat.
 
  Au moment de fermer ma portière, je vois un objet brillant sur le sol, j'avais presque marché dessus, c'était une bague en or, bien grosse, genre big alliance pour parader, c'est tout juste si un diamant était pas incrusté dedans ! Au même moment, un jeune type est arrivé, genre bulgare sans papier, en me demandant si elle était à moi, l'a ramassée et me l'a tendue.
 
  Je l'ai prise, l'ai soupesée et j'ai fait un tour d'horizon pour voir si quelqu'un la réclamerait. Personne. Juste le bulgare dépenaillé qui me regardait avec des faux bons yeux de chien battu. Je cherchais le bon doigt pour l'enfiler, elle m'allait plutôt bien sur l'annulaire. J'ai de gros doigts courts avec de larges paumes, signe d'esprit ai-je retenu de ce qu'on m'a dit il y a longtemps déjà, ça reste à prouver, vous allez voir la suite...
 
 
  Elle est bien grosse la bague. Pas belle mais grosse. De l'or avec deux poinçons et tout. Il y a des jours de chance, ça tombait bien, je joue pas au loto, je suis un peu raide ces temps-ci et ma nana m'a plaqué, elle dit que je suis égoïste.
 
  Mais à qui elle est la bagouze ? C'est toi qui l'a trouvée je lui dis au roumain, genre généreux, t'es plus fauché que moi, et je lui tends l'objet.
 
  Non, gardes la, moi j'ai faim, donnes moi de l'argent s'il te plaît ...
 
  De l'argent. Bon, un peu, d'accord, c'est une bonne affaire, il a l'air concupiscent, le bulgare roumain gitan, mais il a aussi la gueule à pas avoir bouffé depuis trois jours. Je lui donne ce que j'ai dans la poche, je sais pas, trois ou quatre euros. Il fait une moue désappointée, il a la tronche du type qui trouve que je suis un peu radin avec ma bagnole belle pour lui, c'est pas faux d'ailleurs, quatre euros pour une bague en or, c'est pas terrible, non ? Je sors mon portefeuille, il va quand même pas me le piquer, en extirpe péniblement le plus petit des billets que j'y trouve, merde c'est vingt euros quand même, et le lui donne. Il ne saute pas de joie, l'ukrainien, mais bon, ça va,  il passe son chemin après une poignée de main semi franche qui signe notre mini contrat. Je traîne pas, je démarre, le salue d'un geste vague, j'ai bloqué les portières, on ne sait jamais avec ces gens là.
 
 
  J'ai la bague au doigt malgré mes deux divorces, mes quatre gosses que leurs mères élèvent bien et les pensions alimentaires que je paye quand j'ai le temps et du pognon. Plutôt content, ça va, le soleil brille à présent, le verglas le reflètent à loisir, ville vacante, jour étrange, moi aussi ça va, la bagouze a fait deux heureux, mais la bonne affaire, c'est quand même moi qui l'ai faîte, et en plus je suis pas un immigré dans ce pays, j'ai de la chance finalement...
 
  Dans le quartier arabe de la Place du Pont, j'ai été chez un bijoutier juif pour vérifier. La bague n'est pas en or. C'est un vulgaire métal jaune. Elle ne vaut rien. Pour faire le test, le juif m'a demandé quatre euros, la même somme que j'avais proposé au bulgare, au début. 

  J'ai demandé au bijoutier avec quel produit il avait fait le test. Il m'a répondu que c'était une recette de famille, que c'était secret.
 
  Franchement, sa réponse ne m'a pas plus du tout, il se foutait de moi ouvertement.
 
  C'est pour cette raison précise que j'ai sorti mon revolver,Firearms Advisor celui que j'avais acheté la veille à un arabe. Il était pas en toc celui là.  Oui j'ai tiré sur le juif, Monsieur le Président. Pour cette raison précise. Je n'aime pas que l'on se moque de moi, Monsieur le Président, je suis pas raciste non plus, vous me comprenez ?   
 

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Published by PIERRE ALAIN GOURION - dans Nouvelles et Essais
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