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Samedi 29 janvier 2011 6 29 /01 /Jan /2011 18:29

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Résumé : M. Hublot, mon alter ego, me suggère un voyage. Là dessus, un hacker me pirate ma messagerie et raconte à mes amis que j’ai un cancer du foie. Moi je pars aux Canaries, et Hublot, qui décide de faire le reporter, me trouve un bateau pour traverser l'atlantique.

 


Résumé : M. Hublot, mon alter ego, me suggère un voyage. Là dessus, un hacker me pirate ma messagerie et raconte à mes amis que j’ai un cancer du foie. Moi je pars aux Canaries, j'arrive, et je perds ma carte bancaire ! La femme d'Hublot nous envoie des sous, et Hublot décide de faire le reporter tout en me cherchant un bateau.

 

 

On a donc été les revoir, le lendemain, et voilà ce que Jérôme nous a répondu, quand nous lui avons demandé, avec M. Hublot, pourquoi il était là.

« Je m’appelle Jérôme Panciera, j’ai 33 ans et je suis marseillais. Personne n’est parfait. Je suis formateur de communication interpersonnelle en free lance. 

«  Je suis là à la recherche de moi-même. Je suis bouddhiste, au moins pour la traversée. Je vais faire comme une immersion, en recherchant le vide pour le remplir avec l’authentique de moi-même. Trouver la Voie, le nœud gordien, le point névralgique.

«  Je prêche et prescrit le symptôme : la technique pour résoudre un problème, c’est de s’enfoncer dedans. L’errance existentielle, c’est dans quel état j’ère …

 

C’est un Marseillais : il blague, passe du sérieux intello à la blague de comptoir avec aisance et gourmandise. Il éclate d’un rire sonore, me regarde et me dit :

-       T’es une grande gueule, toi ?

« Pour moi, poursuit-il, le voilier, c’est l’errance spatiale, copie de moi dans l’univers, balloté que je suis par vents, marées, humeurs aussi … Se mettre en harmonie.

Et le voilà parti à réciter du Baudelaire …

 

« Homme libre, toujours tu chérira la mer

   La mer est le miroir qui contemple ton âme

   Dans le déroulement infini de sa lame

   Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer »

 

…et du Simone Weill encore :

« Nous ne possédons rien au monde, car le hasard peut tout nous ôter, sinon le pouvoir de dire « Je ! »

«  Pour remplir un verre, Hublot, il faut d’abord le vider, con ! L’état méditatif de l’errance en mer me permettra de laisser émerger ma vérité.

 Il éclate à nouveau de rire, regarde M. Hublot en biais, vérifie en un éclair la citation sur son I Phone et lui lance Nietzche en pleine tronche, comme pour le tester :

« Celui qui veut, dans une certaine mesure, appréhender la liberté de la raison, ne peut plus désormais et pendant longtemps se considérer sur terre autrement qu’en voyageur. »

« T’es un voyageur, Hublot, je suis sûr que tu me comprends !

 

Hublot, tel Obélix s’adressant à son copain Astérix,  me regardait avec de grands yeux comme pour me dire : ils sont fous ces romains, mais c’est vrai, on est des voyageurs dans la folie du monde …

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