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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 10:36


Zohar-Israel.gif 

Comment comprendre le Mur de Jérusalem ?

Comment clarifier, chacun pour soi, sa position à l'égard du conflit judéo-palestinien ?

On peut certes sombrer, par implication affective, adhésion idéologique ou facilité intellectuelle, dans la simplification à outrance : les méchants sionistes, soldats avancés du capitalisme occidental contre les gentils arabes expulsés de leurs terres; ou, à l'inverse, défense légitime du petit peuple juif contre sa négation, cerné qu'il est par le terrorisme islamiste.

On n'aura pas avancé d'un iota.

On peut aussi aller sur le terrain pour se faire une idée concrète de la mosaïque moyen-orientale.

C'est à cette plongée dans le réel que nous convie, post mortem, Martine Zohar dans un livre paru en 2009 aux Editions Persée (1), Ma Vie en Israël à la Lumière des Pins parasols.

Ce récit autobiographique raconte avec sensibilité et clarté le parcours d'une française juive, ex assistante sociale à Paris, qui fait son alya en Israël après sa rencontre et son mariage avec un metteur en scène de Haïfa, Ouriel Zohar.

L'originalité du propos tient à ceci : Ouriel est depuis toujours un militant actif et engagé du dialogue et du rapprochement entre palestiniens et israéliens, arabes et juifs au sémitisme commun, par le biais de l'art et du théâtre. C'est le sens de sa vie, et l'on imagine sans mal les multiples difficultés de ce choix dans une région en guerre larvée ou déclarée : nationalismes exacerbés, paranoïas foisonnantes, jeux et enjeux politiques internationaux.

Et peut-être est-ce la mixité des langues parlées sur scène (arabe et hébreu) et dans la vie, celle des auteurs, des metteurs en scènes et des acteurs, celle, au delà, des mariages et des Etats qui est le chemin à long terme de la solution.      
Les chapitres du livre, courts, lumineux et simples, sont faits de rencontres, de repas, de promenades, de rêves,de souvenirs, d'anecdotes, d'observations, de portraits vite jetés sur le papier, croquis aux traits justes qui ne sont jamais pesants. Ils brossent une peinture pointilliste de cette société dans ses contradictions multiples, ses joies sans pareil et ses angoisses de mort.

Oh non, rien n'est simple ici !

C'est que, comme dit la Bible, "la terre d'Israël est comme une mère qui dévore ses enfants".

"Au moment de la Guerre du Golfe, je découvrais et constatais avec stupéfaction qu'un goût pour le morbide sommeillait au fond de tout citoyen israélien. Ne parlons pas de leur attirance inconsciente pour les rôles de victime, sans doute seule attitude possible pour supporter les insupportables douleurs et souffrances durant les siècles de persécution. Seule une subtile analyse transactionnelle appliquée aux Etats permettrait de clarifier ces comportements inconscients. Mais aussi les psychologues connaissent bien le fine distinction qui existe entre le rôle de persécuteur et celui de persécuté. Il n'est pas nécessaire de rappeler ici les cas des enfants battus à qui l'on ne pourra jamais demander de devenir de bons et d'honorables parents. En eux, sont inscrites les marques indélébiles de la souffrance et du manque d'amour. Ils ne pourront jamais donner ce qu'ils n'ont pas reçu, c'est à dire de l'amour. Ainsi en est-il en Israël. Pourquoi demander et attendre de la part de ce peuple trop longtemps persécuté d'être meilleurs que les autres et ceci présisement à cause de ces souffrances ?"

Faut-il donc désespérer ? Non, car, comme le disait David Ben Gourion, "celui qui ne croit pas au miracle n'est pas réaliste !"
 
Mais il faut aider les miracles à se réaliser. Lisez donc le livre de Martine Zohar, c'est une bonne introduction à une connaissance du réel et des espoirs de la région, en un temps et des lieux qui en comptent si peu.      

Ben  

   


Lors de courts séjours effectués dès 1972, Martine Zohar s’est doucement familiarisée avec le pays et la langue… Puis elle a rejoint son époux en Israël en 1987.

Elle témoigne de sa découverte et analyse son vécu en tant que nouvelle immigrante. Elle dresse une série de portraits où s’entrecroisent différents arrivants, religieux et laïques, Juifs et Arabes, athées ou anarchistes : toute une mosaïque d’origines et de cultures !

Cette vie fut ponctuée d’épisodes de violences mais aussi d’éclats de rire grâce à sa participation active avec des artistes engagés et éclairés qui poursuivent leur tentative – au moyen du théâtre et de l’art – d’arriver à une meilleure coexistence entre Israël et Palestine.

Une découverte intime touchant au centre du système nerveux d’une société dans ses plus riches et parfois sombres aspects, initiant un retour à soi-même. Une histoire d’amour au regard lucide. Un bouquet d’impressions vécues en se confrontant aux situations, aux êtres et à la vie.

Martine Zohar a exercé le métier d’assistante sociale à Paris. Directrice de centres de la médecine du travail, elle y anima des équipes de médecins.

D’une infinie sensibilité, elle avait l’âme d’une artiste. Spécialiste de l’interprétation des rêves depuis sa jeunesse, elle a poursuivi des études approfondies en psychologie. 

(1)© 2008 – Les Editions Persée – Tous droits réservés – infos@editions-persee.fr 38 rue de Bassano – 75008 Paris – France – Tél. 01 47 23 52 88
67 Cours Mirabeau – 13100 Aix-en-Provence – France – Tél. 04 94 17 29 80 

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Published by Ben - dans Bubble Art
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