Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : BenBlog
  • BenBlog
  • : Ce site / blog artistique et ludique a pour vocation de présenter mes productions, et celles d'auteurs invités : livres, poèmes, chansons, nouvelles, expositions, billets d'humeur sur la vie culturelle, politique, sociale et juridique, émissions de radion, compositions musicales électro-acoustiques.
  • Contact

Recherche

Archives

11 janvier 2008 5 11 /01 /janvier /2008 08:07
Manon Reslaud,
Anatomie d'un Don Juan.undefinedphoto Walter Lego

Manon Reslaud ? Connais pas ! Mais qui se cache donc derrière ce pseudonyme évident ? Une mangeuse d'hommes ? Une frustrée congénitale, si j'ose dire ? Une femme en tous cas, c'est archi sûr, jamais un macho n'aurait pu commettre pareille oeuvre.

C'est que notre écrivaine n'y va pas par quatre chemins : lisez donc sa quatrième de couverture :

« Côté face, j’entrepris le visage : l’arrête du nez busqué, le creux des joues, le menton volontaire déjà rugueux de la barbe du soir, le front immense à dérider avec précaution.(...)Je descendis vers le torse puissant,
 G. Gorowski
tétant doucement le sein droit puis le gauche. Je grignotai le ventre. Le sexe enfin, que je pus admirer et palper à loisir. Au toucher, il était d’une suavité infinie, de la soie du satin. Seigneur ! Chaque parcelle de l’anatomie de cet homme était une folie. Ma folie. » Lorsqu’elle rencontre Simon, Fannie ne veut plus d’hommes dans sa vie. Mais l’intensité du plaisir qu’elle connaît avec lui ébranle ses résistances. Et le corps de cet homme devient son horizon. Dans cette course éperdue à la jouissance, que cherche-t-elle ? Que trouvera-t-elle ?
" (Jacques André Editeur, Lyon, 2006) 

Tu te rends compte ? Elle n'hésite pas une seconde à invoquer le "Seigneur", son vrai Maître sans doute, pour grignoter la suavité infinie et la soie de satin du pénis en question. Madre mia ! Stimulante en diable, la Manon, on en redemanderait, si ... !

Bon, sois sérieux, Ben, tu fais une critique littéraire, pas une expo libidinale.

Don Juan. Le Mythe(1). Molière. Don Gioviani. Dom Juan, avec l'accent por favor.Mozart.                Musique Don JUAN MOZART Pierre Jean JOUVE EGLOFF EnvoiMolière en tragédien

Dans Anatomie, le héro s'apelle Simon et l'héroïne Fannie, comme chez Pagnol. Simon est assureur et Fannie rédactrice des pages féminines d’un journal de province, on ne sait pas lequel et laquelle. Il y a juste un grand fleuve indifférent qui regarde leurs amours, comme deux subjectivités entrelacées.

C'est  le roman cohérent, érotique, d'un cheminement amoureux, de sa confrontation à l'autre, à l’homme aimé, à la femme désirée, quels qu’ils soient.  Certains amours laissent des traces. D’encre. Merci Madame.

Elle dit merci aux hommes, au sens de l'humanité. Merci. Merci de quoi ? D’avoir existé ? D’être un mâle ?
HEROIC ALBUMS 12 eme année VERITABLE DON JUAN N°3
Un être humain ?

Elle pleure sans doute sur ses amours perdues, percluse d’écritures rentrées. Elle se console avec ses amants de merde et ses amantes de coeur, et de corps et tu parles, peaux qui s’effleurent et mange moi tout, lèvres entrouvertes et tu ondules et moi je meure de désir, de plaisir. 

Belle écriture. Minois enfarinée, et plume enflammée, Manon Reslaud nous offre le corps même du délit, l’anatomie supposé du macho incontinent, trop rapide en amour, avec de sales mains aux doigts courts qu’elle n’a jamais aimées ! Quel culot !

Elle n’aime que sa queue, et sa voix aussi, ouf, on fait ce qu’on peut, c’est déjà ça, pleure pas tonton, t’as pas tout perdu.

Sa queue dans un roman comme sujet, non, objet principal !

 M. Bouvet
Mais dis voir, ce ne serait pas du viol, ça ? Et la liberté du bonhomme(2) ? Ne pourrait-on pas faire juger, genre nouveau développement post féministe de la jurisprudence protectrice d’une espèce en voie de disparition ? C’est plus Vol au Dessus d’un Nid de Coucou, c’est Viol d’Auteure sur Mec à Pénis suave. Belle affaire ! 

Je pourrais faire plaider par un Maître du Barreau (désenchanté des femmes), on s’en donnerait à cœur joie, faudra éviter le ridicule et demander l’euro symbolique de dommage et intérêts, ou un million qu’on pourrait reverser à l’Association de Défense contre les Européennes Hystériques, les droits de l’homme c’est pour tous, non ?, et le mâle non homo devient minoritaire, va falloir faire des Parc naturel de Protection de la Nature masculine, on aura des autobus entiers d’américaines à lunettes d’écailles, genre ethnique ma sœur, avec chauffeuse en battle dress !

Blague à part, Manon Reslaud va faire bander et mouiller dans les chaumières.


Ce livre, c'est comme une vieille complicité mêlée de souvenirs et d’affection, de connaissance de l’autre dans son corps et son âme, ses contradictions et ses goûts, ses parfums et ses impasses. Magnifique cette complicité, on la connaît, elle vous connaît, rien à dire. 

Chemin faisant et sans désemparer, comme on dit dans les procès-verbaux de police, Reslaud avoue sans barguigner une franche attirance pour les femmes aussi.Mendell & Oberer Deux femmes ondulantes, le macho au milieu, mains baladeuses et sexes chauds, je te tiens tu me tiens, mais où donc est passé mon troisième genou ? Images surréalistes. Rêves, douceurs éventées.

Basta l’ironie, que vive la poésie! Solitaire l'écriture, oui, mais on partage bien.

Ce genre de bouquin me donne l'envie de faire mon roman à moi, jardin à la française de la revanche mûrie, comme une demande reconventionnelle qui ne tromperait personne. 
"DON JUAN'S RECKLESS DAUGHTER" - JONI MITCHELL

Le misérable petit pénis de Simon est là, décrit dans le détail, surtout quand il est grand, dur, immense ! Ben oui. Dure réalité masculine. Pauvre petite bête, va-t-elle se remettre de l’utilisation illégitime qu’elle en fait ?

Illégitime ? Vous avez lu illégitime ? Comment, que dites-vous ? Quoi ? les auteurs hommes qui depuis des millénaires parlent du sexe de la femme ? COURBET, La Naissance du Monde ?
Pourquoi le auteures et les peintresses et les princesses de l’art n’en feraient pas autant ? Au nom de quoi interdirait-on aux femmes de faire ce que les hommes ont toujours fait de leur intimité la plus sacrée ?

Ca n’est pas faux, ce que vous dites, ami(e) ; allez, c’est même vrai. Quoi ? Vous voulez que je retire illégitime ? Au nom de l’égalité et du parallélisme des formes et des droits ?J. Lenica

D’accord, je le retire. Je retire illégitime. Manon RESLAUD a fait une utilisation légitime du pénis. Ca vous va ? Quoi ? J’ai pas l’air vraiment sincère ? Et vous voyez ça à quoi ? A la tête que je fais ? Vous avez une web cam ? Au style ? Au non dit ?

Je vais vous dire ce que nous allons faire : nous allons faire juger. Nous allons faire juger cette histoire. Simon va déposer plainte, une plainte, tu vois d’ici la tête du (de la) flic qui va enregistrer sa déposition, pas une simple main courante, une véritable action judiciaire en bonne et due forme, avec référence aux textes applicables, 
aux arrétés municipaux idoines, aux Grands Principes du Droit et de la Jurisprudence, au droit romano germanique, à la Common Law, au Préambule de la Constitution de la IVe République, voire de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, à la Convention européenne, à feu la future Constitution de l’Union européenne, à la Lex
Ferenda, oui je parle latin, ça vous chatouille, j’en fais un poil troppo, j’en rajoute si vous voulez... On trouvera bien un support textuel applicable bordel !

Je sais bien que l'on a beaucoup écrit, joué et filmé sur le sujet(3). Mais n'est-ce pas dans les vielles potiches que l'on fait les meilleures soupes ?   

Juste une idée de ce que ça pourrait donner, façon de réactualiser la mythologie au siècle du féminisme  conquérant :
 
LA REVANCHE 
DU
PENIS (Premier jet)
M. Nowinski
 Scène 1. Le mec dépose plainte pour viol littéraire face au flic   ahuri.

                    Scène 2.
Flash back sur le début de leurs amours
 
                    Scène 3. Le contrat amoureux
 
                    Scène 4. Le contrat littéraire
 
                    Scène 5. La rupture

                    Scène 6.
Elle écrit, seule 
 
Le titre pourrait être :

La Revanche du Pénis
La Revanche de Don Juan
Un Partout
Anatomie d’un Désir de Morsure
Rêves d’Eunuques
Circoncis mon Amour
Section, Halte !
           
ou bien, F. Starowieyski          
 
           
            LA REVANCHE 
     DE DON JUAN
(Deuxième jet)
 
 
 I.                  La plainte au Commissariat (ou son avocate, Me Bouteboule-Oversea)
II.                  Flash-back
III.           L’inamoramento
IV.          Lui
V.            Le contrat amoureux, les cadeaux
VI.           Le contrat littéraire
VII.          La rupture
VIII.        Elle écrit
IX.            L’anniversaire
X.             Fin du flash back
XI.           Le commissaire entends l’auteure, qui développe la légitime   défense et dépose elle-même plainte pour tentative de captation d’ego féminin.
XII.         Réunion de conciliation chez Me Francesca Bouteboule-Oversea  

D'accord, j'arrète de délirer. Lisez donc ce livre, si vous le trouvez encore dans les bacs ou chez l'éditeur.  Il paraît que les Don Juan qui tounent bien deviennent mystiques...

Ben                                                     MOZART La Passion selon Don Juan (1991)

(1) Don Juan désigne à la fois une personne ayant réellement existé et un personnage apparaissant dans de nombreuses œuvres de fiction. La vraie personne était reconnue pour sa faible moralité et ses conquêtes féminines. Après sa mort, sa vie est devenue un mythe qui a été maintes fois utilisé pour présenter des allégories de la séduction mais aussi du défi à l'autorité et à la morale en soi, et donc autant à l'ordre établi qu'à Dieu.

Fondamentalement, Don Juan recherche et vit dans le plaisir et la jouissance de l’instant présent, en s'opposant aux contraintes et aux règles sociales, morales et religieuses, ainsi qu'en ignorant volontairement autrui. C'est donc à la fois un jouisseur et un libertin, également égoïste et destructeur. À notre époque moderne post-révolutionnaire on en fait aussi l'archétype de l'homme (devrait-on dire "le surhomme?") indépendant et puissant, faisant primer le libre-arbitre et la liberté individuelle face à toute "oppression" : contrainte ou autorité sociale ou divine.

L'usage établi veut que l'on écrive « Dom Juan » lorsqu'il s'agit du titre de l'œuvre de Molière ou du poème de Baudelaire, « Don Giovanni » lorsqu'il s'agit de l'opéra de Mozart et Da Ponte, « Don Juan » lorsqu'il s'agit d'une autre œuvre....... (lire la suite)

(2) Dom Juan : un homme libre ?
(extraits)

  La figure de Don Juan est une des plus hautes dont on convient d'accompagner le mot liberté. Dans un siècle fortement sanglé par les codes et les normes, il incarne en effet un refus hautain de toute mesure et proclame les droits du désir et de la raison. A vrai dire, l'alliance de ces deux termes déjà poserait problème si le personnage de Molière - auquel nous nous limitons - n'était à l'évidence plus soucieux de tester son pouvoir de séduction que de conquérir des femmes en vue de quelque satisfaction sexuelle. Sur ce plan, la pièce ne peut qu'accréditer l'intuition de Gregorio Marañon selon laquelle "l'attitude de Don Juan devant l'amour témoigne d'un instinct indécis et ne répond pas à l'idée proverbiale d'un magnifique modèle de virilité ".

Quoi qu'il en soit, cette indifférenciation du sexe opposé pour Dom Juan participe bien d'un projet général de transgression dans lequel la femme n'est tentante que parce qu'elle est entourée de bastions : à preuve la quasi disparition aujourd'hui du donjuanisme, qui n'a pas survécu à la libéralisation des mœurs, encore moins à l'émancipation féminine. Mais, même située dans les époques où elle garde un sens, la figure de Don Juan pose quelques problèmes quant à l'authenticité de la liberté qu'elle prétend fonder. Notre thèse voit plutôt dans le personnage l'incarnation d'un narcissisme inconséquent, qui alourdit ses chaînes au lieu de les briser.

  Voyons d'abord les chaînes et de quoi Dom Juan prétend se « démesurer ». Le mariage, bien sûr, promis-juré à la première venue, manière de bien piétiner la sainte institution. Pour justifier son inconstance, le libertin argue de sa nature (« Je te l'ai dit vingt fois, j'ai une pente naturelle à me laisser aller à tout ce qui m'attire.» (III,5), .........
(voir la suite)

(3) Bibliographie et videos sur le mythe de Don Juan

 sur le Don Juan de Molière

Mises en scène

             
Marc Favier 
             
Colette Roumanoff 
              Daniel Mesguich 

Partager cet article

Repost 0
Published by Ben - dans Lectures
commenter cet article

commentaires