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  • : Ce site / blog artistique et ludique a pour vocation de présenter mes productions, et celles d'auteurs invités : livres, poèmes, chansons, nouvelles, expositions, billets d'humeur sur la vie culturelle, politique, sociale et juridique, émissions de radion, compositions musicales électro-acoustiques.
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28 octobre 2007 7 28 /10 /octobre /2007 02:35


Patrice Giorda


photo Myriam Belhadj


   Patrice Giorda est peintre. Un vrai. Un angoissé, non pas que les heureux papillonants le soient moins, vrais, mais lui a l'angoisse à fleur de peau...et de pinceau. Un homme  exigeant avec lui-même, avec son art et, accessoirement, avec les autres et l'art des autres. Exigeant avec son art, oui,  sa signification, le jeu des ombres et des lumières, celui des couleurs qui transfigurent sa toile. Voici un patchwork bien imparfait, non pas de l'exhaustivité de son travail, mais de quelques éléments de celui-ci glanés sur son site et ailleurs. Giorda ? Un chantier permanent, comme son livre sur Venise sans doute, à paraître en décembre. Et outre sa peinture, Giorda sait trouver et écrire les mots qui touchent. Voyez donc ses "paroles", en cliquant ici. Oui, ICI. Pour sa dernière publication, voir la note en bas de page (1).

Ben.



Fête de Lumières

La Fête des Lumières attire chaque année le 8 décembre des centaines de milliers de promeneurs dans les rues de Lyon pour le spectacle inédit d'une ville transfigurée par la lumière. C'est l'occasion d'inviter artistes et concepteurs de toutes disciplines à réaliser des projets en lumière éphémères qui traduisent la richesse et la diversité de la création contemporaine : artistes, scénographes, architectes, designers et concepteurs lumière. Les promeneurs peuvent assister à de nombreuses mises en lumière dans toute la ville.

De 1993 à 1997, pour le 8 décembre à Lyon, des milliers de lanternes flottantes sur la Saône.

Patrice Giorda est à l'initiative de « Parole d'Amour » : des lanternes flottantes conçues par des adolescents en difficulté, et une parole d'amour écrite par le promeneur lyonnais, qui s'en va au fil de l'eau ...

Participation d'artistes plasticiens pour l'illustrations des lanternes, vendues au bénéfice d'associations caritatives venant en aide à l'enfance maltraitée, avec le soutien de SLEA  

(Société Lyonnaise pour l'Enfance et l'Adolescence) et la Ville de Lyon. 
                                                                                                              



 



contact@giorda.fr 

CITATIONS

 

 

- Giorda 1997-2000

- Le noir ou l'absence incarnée

- Les ménines

- Interviews

 

Ensemble de cinq textes rassemblés dans le 
catalogue GIORDA 1997-2000

Centre d'Art Contemporain de Feurs, 2000

1. J'ai remarqué que je peins toujours avec la 
conscience des couleurs que je veux mélanger, mais jamais avec la conscience des couleurs que je peux obtenir par le 
mélange ; dit autrement, je ne cherche jamais à faire un orange mais je sais qu'en un certain endroit de la toile je vais devoir 
travailler avec le rouge et le jaune.

Après chaque séance de travail, je note toutes mes 
couleurs : je fais un petit croquis du tableau sur lequel 
j'inscris la composition 
de tous les mélanges et les couleurs pures. Le 
lendemain , je peux ainsi reprendre plus facilement. 
Parfois, sans être devant la toile, je regarde mes 
cahiers de notes comme on feuillette une partition 
de musique et j'essaie de comprendre « quelque 
chose ». Mais derrière cette application à noter, il y a 
une inquiétude : celle que la peinture n'est que 
discontinuité, du bleu, du rouge, du jaune.

Inquiétude parce que, dans la peinture, le « Souffle »
n'est plus simplement, comme dans le dessin, 
électricité qui parcourt les lignes, mais lumière qui 
a besoin de l'abîme pour éclairer. Comme s'il fallait 
entre deux couleurs posées sur la toile creuser un 
abîme et le franchir dans le même temps ; ce 
creusement où s'élance l'être tout entier serait alors 
la condition de l'oeuvre, un peu comme, il me 
semble, la déchirure est la condition de la parole.

In Nouvelle Biennale de Paris 1985, Electa Moniteur, 1985, p.266.


2. Mon spirituel, c'est cet invisible mélange qui fait 
que tel rouge, composé de rouge cadmium, de 
Véronèse et de Naples, et placé à côté de tel bleu, 
composé de cobalt, de citron et de Véronèse, éclatera
d'une lumière qui les transfigurera tous les deux. 
Ôtez le Naples au rouge ou le citron au bleu ; et 
l'on n'aura plus que de jolies couleurs juxtaposées,
mais le miracle de la peinture aura cessé d'étreindre 
l'âme, car la lumière naît à partir du moment 
où la couleur cesse d'exister pour devenir Espace.

Dix ans de peinture, Centre d'art contemporain de 
Saint-Priest, 1993, p.12.


3. La lumière d'un tableau.

Dans une pièce noire, un tableau ne se voit pas. 
C'est éclairé qu'il révèle sa lumière. Mais un tableau 
n'est pas une source de lumière : la lumière qu'il 
renvoie, n'est qu'un travail complexe sur la lumière 
qu'il reçoit - la lumière qui l'éclaire.

Les pigments rouges renvoient la perception d'une 
couleur rouge. Les pigments verts, celle d'une couleur 
verte. Mais si dans le rouge il y a une pointe de pigment 
jaune, de pigment violet et de pigment vert, la lumière 
diffusée par ce rouge aura une complexité dont 
l'oeil ne percevra pas la richesse. Je ne pourrai pas 
dire que dans ce rouge il y a du vert, du violet et du 
jaune, car mon oeil ne saura distinguer ces couleurs. 
Mais tous ces pigments non dissous dans le mélange 
continuent d'exister et de travailler la lumière 
qu'ils reçoivent. Ils me renverront, sans que j'en 
aie conscience, la lumière colorée que leurs pigments 
diffusent.

Il est faux de penser qu'un tableau puisse se réduire à 
ce qu'on en voit - ou bien c'est que son efficacité 
est de l'ordre du dessin, ou encore que sa couleur ne 
cherche pas la lumière.

In Conférence n°1 automne 1995 , « Le noir ou 
l'absence incarnée » (pp. 101 – 114)
Conférence, 1995, p.102-103.


4. « La lumière naît quand la couleur cesse d'exister 
pour devenir espace »

C'est le juste mélange des couleurs qui brise 
la surface du tableau, ouvre l'espace au silence 
et à la contemplation de cette profondeur d'où l'on vient.

Le creusement de la toile dans le travail de l'espace 
et de la lumière, c'est le creusement de l'être en 
chemin dans le monde. Cette quête de l'espace fait 
figure de tradition car la modernité c'est la surface.

Pourtant la lumière qui vient du plus profond de la nuit 
du tableau est comme une mémoire de l'être.
Avec la lumière, la modernité se souvient.
Exposition Boulogne Billancourt Groupe Schneider, 1997.


5. Ces notes, dans leur totalité, sont quinze ans 
de ma vie. Quinze ans pour explorer cette 
pensée qui m'a obsédé « La lumière naît quand 
la couleur cesse d'exister pour devenir espace ».

Cette quête, ce creusement de l'être, puisque 
peindre est avant tout un expérience de vie, m'amène 
aujourd'hui hors de moi, hors les murs, sans 
qu'il s'agisse pour autant d'un décentrement. 
Je n'ai jamais été aussi près de mon désir. 
Mais quelque chose de mon passé est 
révolu et livrer ces notes c'est livrer la trace 
d'un travail accompli.

Ces notes indiquent un chemin pour 
entrer en soi, plus qu'elles ne sont la formule 
exacte pour reconstituer un tableau. Et pourtant 
elles fonctionnent pour celui qui au travers d'elles 
cherchera à éclairer sa propre intériorité.

Patrice Giorda, le 13 décembre 1999, Lisbonne.

 

BIO

Patrice Giorda est né à Lyon en 1952. Remarqué très tôt, notamment dans la sélection internationale de la XIIIème Biennale de Paris en 1985, il n'a cessé d'affirmer sa singularité de peintre au sens classique. Sa figuration, loin des avant-gardes qui tournent le dos à la Peinture, demeure néanmoins absolument contemporaine. Sa représentation symbolique de la nature ou de l'homme dépasse les simples paysages, scènes, portraits ou natures mortes. La réalité est enrichie par la mémoire et la permanence d'une quête que Giorda qualifie comme un « creusement de l'être ». Avec une grande exigence formelle, spirituelle et poétique, Patrice Giorda mêle réel et imaginaire, universel et singulier. Il accorde l'inaccordable : les beautés éclatantes de la lumière et des couleurs et la profondeur des ombres de la solitude.

En 1980, première exposition chez Jeannine BRESSY à Lyon.
En 1982, rencontre avec Daniel TEMPLON. Il s'ensuivra une collaboration d'une dizaine d'années jalonnées d'expositions à Paris, en Suède, aux Etats-Unis et diverses biennales et foire internationales d'art contemporain.
En 1984, séjourne un an à Florence.
A partit de 1992, expose à Naples, à Dresde, à Lyon avec Patrick Martin et à Nice avec Pierre Colt qui le présente régulièrement à la FIAC.
A partir de 1997 travaille avec Véronique Smaggh à Paris, Alice Mogabgab à Londres et Beyrouth, Olivier Hough à Lyon et Serge Emiliani à Dieulefit.
En 2000 séjourne au Portugal pour peindre une série de 27 panneaux d'azulejos sur les fables de La Fontaine.
En 2007 expose chez Yves Guigon à Paris et Paul Gauzit à Lyon.

Patrice Giorda was born in Lyons 1952. Spotted very early on, notably among the international selection at the XIIIth Paris Biennale in 1985, he has constantly made his personal mark as a painter in the classical sense. Although far removed from the avant-gardes that turn their backs on Painting., his figurative art nevertheless remains absolutely contemporary. His symbolic representation of man and nature goes beyond straightforward landscapes, scenes, portraits or still lives. Reality is enriched by memory and the permanence of a quest described by Giorda as a “delving into one's being”. Making great formal, spiritual and poetic demands, Patrice Giorda blends the real and the imaginary, the universal and the singular. He brings harmony where harmony should not be possible - between the blazing beauty of light and colour and the depths of shadow of solitude.
                                                                                               

EXPOS

 

EXPOSITIONS PERSONNELLES

2007 Galerie le Lutrin, Lyon
2007
Galerie Guigon, Paris
2005 Galerie le Lutrin, Lyon
2005 Galerie Alice Mogabgab, Beyrouth
2004 Galerie Alice Mogabgab, Londres
2004 Galerie Véronique Smagghe, Paris
2003 Galerie Serge Emiliani, Dieulefit
2003 Galerie Véronique Smagghe, Paris
2002 Galerie Véronique Smagghe, Paris
2001 Galerie Alice Mogabgab, Beyrouth
2000 Galerie Olivier Houg, Lyon
2000 « Carnets de dessin »,
Ecole d'Architecture de Lyon
2000 Galerie Serge Emiliani, Dieulefit
2000 Réalisation à Lisbonne
de 27 panneaux d'azulejos
sur les fables de Lafontaine
1999 Galerie Jacques Elbaz, Paris
1999 FIAC, Paris
1999 Galerie Olivier Houg, Lyon
1998 Galerie Serge Emiliani, Dieulefit
1998 ST'ART 98, Strasbourg
1998 Couvent des Cordeliers, Paris
1997 Galerie Schneider, Paris
1996 Théâtre de St Quentin en Yvelines
1996 Galerie Patrick Martin, Lyon
1996 Galerie Pierre Colt, Nice
1996 « Frères humains »,
Institut français de Naples
1996 Collège Ponsard, Vienne
1995 Réalisation du 1%
du Lycée International de Lyon
1995 Institut français de Naples
1995 Galerie de Beyrie, paris
1995 Galerie Pierre Colt, Nice
1993 « Dresde, la mémoire oubliée », Institut français de Dresde
1993 « Dix ans de peinture »,
Centre culturel de Saint Priest
1993 Galerie Pierre Colt, Nice
1992 « Le Portrait »
Galerie Patrick Martin, Lyon
1991 « Dessins » Espace d'Art Plastiques, Villefranche sur Saône
1990 Banque Veuve Morins-Pons, Paris
1990 Galerie Daniel Templon, Paris
1990 Réalisation des fresques
de l'école d'Architecture, Lyon
1988 Galerie Daniel Templon, Paris
1988 Galerie ART NEW, Göteborg
1988 Galerie Léger, Malmö
1987 Galerie Daniel Templon, Paris
1987 Galerie L'œil écoute, Lyon
1986 Galerie Léger, Malmö
1986 Galerie Daniel Templon, Paris
1985 Galerie Wolf Schultz, San Francisco
1985 Galerie L'œil écoute, Lyon

EXPOSITIONS COLLECTIVES

2007 « Figures et Portraits »
Musée Paul Dini, Villefranche sur Saône

2006
« Cimes et Marines »
Musée Paul Dini, Villefranche sur Saône
2005 « Jardins et paysages »
Musée Paul Dini, Villefranche sur Saône
2004 Galerie Alice Mogabgab, Beyrouth
2003 Art PARIS Carrousel du Louvre, Paris, Galerie V. Smagghe
2002 Art PARIS Carrousel du Louvre, Paris, Galerie V. Smagghe
2001 Art PARIS Carrousel du Louvre, Paris, Galerie V. Smagghe
2001 Art BRUSSELS, Bruxelles,
Galerie Alice Mogabgab
2000 Art PARIS Carrousel du Louvre, Paris, Galerie V. Smagghe
1999 Espace Écureuil, Toulouse
1999 Galerie Jacques Elbaz, Paris
1999 « Anticiper le printemps »,
musée de Châteauroux
1998 « Malgré tout…la pittura »
Turin et Thonon-les-Bains
1998 Art Bruxelles,
Galerie Véronique Smagghe
1996 « Paysages après la bataille », espace Paul Ricard
1993 « Le portrait de l'autre »,
Bibliothèque municipale de Lyon
1993 « Du désir de spiritualité
dans l'art contemporain »,
Centre culturel de Boulogne Billancourt
1992 « Complicité d'évasion », ELAC, Lyon
1992 « Paysages : sujets prétextes » Château de Clermont, Annecy
1991 « L'art et le sacré »,
la villa du Parc, Annemasse
1989 « Debré-Giorda-Le Gac »,
Galerie Art 4, La Défense, Paris
1989 « La peinture au quotidien : France 1984-1988 », Colombie, Uruguay
1989 « 1789-1989 : le témoignage
de la peinture », halles d'Avranches
1989 « Salon d'octobre de Brive »,
Brive-la-Gaillarde
1987 « Paysage contemporain »,
Galerie Isy Brachot, Bruxelles
1986 « Les Figurations des années soixante à nos jours  », halles d'Avranches
Châteauroux-les-Cordeliers
Château-musée de Cagnes
Musée de Dunkerque
CE de Montpellier
1986 « Preview nine french artists»,
PS ONE, New York
1985 Biennale de Paris
1985 Salon de Montrouge, Paris
1985 Anniottanta, Galleria Communale d'Arte Moderna, Bologna, Italie
1985 « J'aime le dessiné  »,
Galerie C. Cheneau, Paris
1985 Fondation Château de Jau, Perpignan
1984 « France générations nouvelles », Hôtel de Ville, Paris
1983 Galerie Daniel Templon, Paris

REALISATIONS PUBLIQUES

2000 Réalisation au Portugal de 27 panneaux d'Azulejos sur les fables de La Fontaine
1999 Un jardin de poche pour la ville de Lyon, architectes P. Cribier et L. Guibert
1998 Vitrail pour la chapelle Saint Philomène, Lyon
1994 Réalisation du 1% artistique du Lycée internationale de Lyon, conception : Jourda et Perraudin architectes
1990 Réalisation des peintures murales de l'École d'Architecture de Lyon, conception : Jourda et Perraudin architectes
1990 Station de métro Parilly-Lyon, conception : Jourda et Perraudin architectes

 
 

 

Parutions

Nouvelle série sur Venise

" Venise en chantier " qui rassemble 112 aquarelles sur Venise de Patrice Giorda, 
ainsi qu'un texte de Jérome Prieur, est à paraître aux éditions Jean-Pierre Huguet à la 
fin du mois de Septembre 2007. Ce livre peut dès maintenant être commandé sur le 
site de l'éditeur: www.editionhuguet.com


39 acryliques et sanguines sur Venise


Exposition Musée Paul Dini

"Portraits et Figures"
Du 22 Avril au 16 Septembre 2007.


Exposition Galerie le Lutrin/Paul Gauzit

" Venise en chantier "
110 aquarelles sur Venise

Du 24 Mars au 4 Mai .

Galerie le Lutrin/Paul Gauzit                                                
4 Place Gailleton
69002 Lyon

Tel : 04.78.42.58.00


Variations vénitiennes

Patrice Giorda présente, jusqu'au 4 mai, au Lutrin une série d'aquarelles sur Venise. 
Superbe symphonie de couleurs et de sensations à la lisière du réel et de l'imaginaire

Le peintre Patrice Giorda a passé quinze jours à Venise en juillet 2006, réalisant là-bas 
de multiples croquis et photographies. Mais c'est à son retour à Lyon et dans son atelier 
qu'il a composé cent onze aquarelles sur la ville comme autant de variations aux couleurs 
et aux lumières hallucinées.
Cent onze feuillets arrachés aux fantômes et aux fantasmes de la ville, à ses espaces 
et à ses architectures. Cette « suite » vénitienne fascinante est divisée en plusieurs petits 
ensembles, donnant chacun différentes visions d'un même lieu ou d'un même motif : 
« Gondoles sur le grand canal », « Cloître à San Michele », « Burano », « La Barque 
noire », « La Salute », « Un banc à Roreto » Venise à l'aube ou de nuit, sombre ou 
joyeuse, étouffante ou ouverte, silencieuse ou criarde, légère ou tragique.
Avec Giorda, Venise reste toujours vide de présence humaine, et s'esquisse à la lisière 
du réel et de l'imaginaire. Si pour certains l'art est dévoilement réaliste et recherche 
d'exactitude, celui du peintre ménage ici au contraire toute une série de voiles, de filtres 
irisés, de brumes de couleurs des plus glauques aux plus vives, rappelant parfois 
celles des Fauves ou encore les variations de Monnet. Véritables blocs de sensations, 
les architectures sont réduites à l'essentiel et, souvent, se fondent avec leur 
environnement.

Un mince vernis de réalité
Comme si arbres, bâtisses, barques, ciels, lagunes n'étaient ici qu'autant de reflets 
lumineux, mêlés les uns aux autres pour dessiner de nouveaux flux et de nouveaux 
espaces de perception.
« A Venise, on ne rencontre jamais Venise. La réelle déçoit, la fantasmée 
échappe. Entre ce lunapark de gondoles et cet « embarquement pour Cythère » 
rêvé, s'ouvre une béance », écrit Patrice Giorda. De cette béance naissent à la fois une 
vision très subjective de la ville et un espace proprement pictural fait de couleurs, 
de traits un peu frustes et brutaux, d'énergie et de matière.
« La lumière naît quand la couleur cesse d'exister pour devenir espace », aime à 
répéter l'artiste. Venise n'existe donc ici que dans les yeux de l'artiste et ceux 
du spectateur, dans leur inconscient collectif commun, et sur cette frêle surface de 
papier recouverte d'aquarelle.
Et quelle ville mieux que Venise, qui flotte entre deux eaux, entre ciel et terre, 
entre passé et présent, peut susciter ce trouble entre la représentation objective des 
choses et leur sensation intime, les formes de la réalité et leurs ombres 
inconscientes. Trouble fécond et émouvant qu'explore maintenant depuis de 
nombreuses années l'oeuvre de Patrice Giorda.

Fabien Giacomelli



Exposition Galerie Guigon            

Du 18 janvier au 3 mars 2007.

Galerie Guigon,
39 rue de Charenton
Paris 75 012

T. 01 53 17 69 53
P. 06 07 04 84 86




Galerie Véronique Smagghe

La galerie propose un choix d'oeuvres de 1985 à 2004.

Galerie Véronique Smagghe
10 rue de Saintonge
Paris 75003

T. 06 08 50 19 46
 

FILMS
   

Essai sur Lyon - 1991
de Patrick Chiuzzi
www.chroma-tv.com
Télécharger :
- Windows Média Player : 10,7Mo
- Quick Time : 7,3Mo

   

Autoportrait - 1993
de Michel Fessler
EN ATTENTE DES DROITS DE DIFFUSION
Télécharger :

- Windows Média Player : 7,8Mo
- Quick Time : 5,7Mo

 
                 
   

Le Noir ou l'Absence Incarnée - 2003
Lecture
marni1@wanadoo.fr
Télécharger :
- Windows Média Player : 9,7Mo
- Quick Time : 9,4Mo

   

Azulejos pour Lafontaine - 2004
de Philippe Marouani
marni1@wanadoo.fr
Télécharger :
- Windows Média Player : 12Mo
- Quick Time : 22.2Mo

 
                 
   

La Peinture Lyonnaise - 2005
de G. Combe et J.J. Lerrant
Avec l'aimable concours de CLC Productions
www.clc-productions.fr

Télécharger :
- Windows Média Player : 4,4Mo
- Quick Time : 5Mo

 

 

     

 

 

 




Le Miracle de Peindre

Texte de Gilles Verneret

Catalogue de l'exposition GIORDA « dix ans de peinture »
Centre d'Art Contemporain de St Priest 1993

 

Ce qui me touche chez Giorda, je n'ai pas de mots pour l'exprimer. C'est la peinture elle-même. C'est la même chose qui me touche dans "La petite église bleue d'Auvers sur Oise" de V. Van Gogh, chez les "Baigneuses" de Cézanne, la "Fenêtre" de Matisse, les "Barques du Nil" de Klee, le "Van Gogh qui marche" de Bacon, le "Billard" de Braque et le "Déjeuner sur l'herbe" de Picasso. C'est à partir de ce "déjeuner" original de Manet que la peinture s'éveille à elle-même. Et contradictoirement, c'est de cette peinture, dont il est le continuateur, que Giorda se démarque le plus consciemment. Giorda peintre de la contradiction extrême ... le reproche qui lui est le plus couramment adressé est "d'être un peintre du dix-neuvième", critique qui le hérisse, lui qui déteste cette époque petite bourgeoise. Si je pose à même le sol des reproductions de la "Laitière" de Goya, de "l'Assomption" de Gréco, de "La fillette à sa fenêtre" de Rembrandt, du "Portrait bleu" de Vermeer, du "Jeune homme de Raphaël" ou du "Balcon" de Manet, je vois le monde pictural qui fascine Giorda... mais je ne retrouve pas Giorda. Giorda est du côté des modernes : des Picasso, Matisse... cela est une évidence pour moi. Et pourtant ce sont les Anciens qui l'inspirent, certainement parce qu'inconsciemment leurs oeuvres ne le satisfont pas complètement. Cette admiration qu'il leur porte, c'est pour repeindre derrière eux, pour réanimer leur peinture dans une vision moderne. C'est l'insatisfaction qui pousse Giorda à suivre le chemin des classiques, alors que cela saute aux yeux, sa peinture est essentiellement contemporaine. Le mot unique qui pourrait subvenir à l'émerveillement que l'on ressent face à toutes ces oeuvres, est celui de MIRACLE (à condition de lui retirer sa connotation mystique, car le "sacré" de la peinture est celui de l'incarnation, quand celui du "religieux" est de détachement).Giorda participe du miracle de la peinture, à mes yeux, éternelle et moderne.

LA GRANDE INSTITUTION

Giorda revient dans le monde des morts, le monde mort de son enfance et ce qui saisit, là, est que la lumière naît du sol comme si elle s'infiltrait par dessous les interstices des portes de classe ou des lattes du plancher, tel est le désir de l'élève de s'échapper hors de ce sombre savoir. Nous sommes revenus entre les murs des "Lazaristes", mais le lierre semblait envahir les cours de classe et je n'ai pas retrouvé les traces d'Antoine de St Exupéry. Giorda avait son carnet de croquis. Pensionnaire dans les années soixante, il me dit "y avoir beaucoup rigolé", mais je sens dans ces mots de grands solitudes. Courses dans les escaliers pour réprimer des chagrins, Lyon gît à nos pieds avec ses fumées dans la brume glacée de décembre. Et cela débouchera sur dix grands tableaux, magnifiques et prenants, comme à la gorge de l'adolescence. Ce voyage c'est aussi celui du vingtième siècle avec ces espaces à la Bacon. La couleur qui domine est le "vert", exceptée une toile où le "rouge" des pupitres vient pour l'équilibrer. Ce sont des lumières de fin de jour et d'automne. Ambiance blafarde où les bureaux sont comme des cafards ou des cercueils... apparitions fantomatiques de ces années mortes aux blouses grises et aux "mea culpa" des sorties d'église de la fin des années cinquante. Dans le "neuvième" : est-ce un autel ou le bureau du maître ? La lumière enfin timide vient frapper l'estrade... dans d'autres, les pupitres s'avancent vers nous comme pour nous écraser. Dieu que l'éducation "bonne chrétienne" marque l'âme et Giorda en évacuera les stigmates dans cette grande institution. La série sortira dans ses grands contrastes qui installent le "style Giorda" avec les grands aplats de couleurs d'où surgit magmatique cette lumière, sur laquelle Templon ne se trompera pas. "La grande institution" verra le jour dans l'Hôtel de Ville de Paris instituant par là même sa fonction sociale de "peintre".

LE RETOUR AUX SOURCES

Régulièrement, Giorda retourne aux sources, que ce soit par hasard ou par nécessité. En 1984, il part en voyage d'études à Florence. Il y peint ses "Iris", et ses "anémones" qui le guérissent de ses chagrins romantiques. Il les intitule "l'offrande" et, il est exact qu'il débarque souvent aux invitations les bras chargés de fleurs." Les fleurs étaient la preuve de ma vie souterraine que j'envoyais au monde. Elles n'étaient pas moi, mais éclairaient le monde de cette lumière que j'étais allé quérir dans l'obscurité. Moi, pour l'heure, il fallait que je poursuive dans le "noir" de moi-même. Somme toute, je fleurissais ma propre tombe, c'est ainsi que les fleurs nous parlent, quand ce sont les morts qui les fleurissent." Ces "anémones au ventre noir" comme celui des femmes dont il s'éprend, et dont il peint la sexualité enfouie comme dans les grands couples au fusain. Bouquets insolites d'apparence glauque malgré ces couleurs chair et vives, telles des emprisonnées dans des donjons. Fleurs naturellement gaies qui, ici, se parent de l'éclat tombal, mais aussi du désir. Lentement, à travers cinq toiles, la lumière monte jusqu'au cratère comme s'il avait fallu qu'elles aillent très profondément chercher l'eau de "vie" bien au delà des guéridons. Fleurs magmatiques de texture vitreuse qui n'explosent qu'en corolles fumeuses et incandescentes... femmes indécentes et momifiées, ténébreuses Lilith au lustre opalescent derrière des voilettes séchées entre les pages d'un dictionnaire, mais où traîne encore l'odeur suave de la séduction. Il croque aussi ses "promenades" dans les collines de Settignano où nous déambulons un matin de février glacé, la vapeur blanche attestant de nos respirations chaleureuses. Elles surgiront plus tard de l'atelier, étrangement revisitées. Un paysage effréné plonge dans l'océan et c'est tout juste si l'on se retient à l'échelle, chaloupe allongée au dessus des flots, sentier spectral à la nudité Van-goghienne. Une petite église, dont la lumière est intense, semble jaillir de son silence et de son abandon, une masse informe et noire annonce la rotation de la lumière. Parfois, au fond plus qu'une oliveraie avec ses échelles pour la cueillette, c'est un rempart d'assaut qui lui est donné. Giorda semble y étouffer. Si dans une toile on croise un cyprès empreint de sérénité, c'est comme pour ignorer au pied du promeneur solitaire, dans l'ombre du sol, des restes de placenta de sa mémoire effilochée. Et ce n'est pas par hasard si deux des tableaux de la série traitent du cimetière : résurgence plutôt qu'engloutissement, il faut mourir une fois pour toutes à tous les "vieux monstres". Il faut entrer au cimetière par la petite porte obscure, pendant que de l'autre côté, une rivière lumineuse semble descendre comme un flot rayonnant. Dans ces murs, l'angoisse de Giorda est circonscrite.

Au dehors s'élève un cyclone, les valeurs du ciel sont estompées et assombries par une masse noire lunaire de cyprès entremêlés. Tel Dante vers Béatrice, le peintre accède au jour en nous révélant son paysage intérieur ; il fait d'abord l'expérience de la nuit totale ; il y a illumination et profanation du mystère dans ce cimetière anonyme avec ses tombes ouvertes, ces torches offertes et incongrues, noyées, presque invisibles dans cet enfer de MARRON rougeoyant. " Nous n'avons qu'une ressource avec la mort : faire de l'art avant elle " CHAR. Ressourcement enfin sur les berges de l'Arno avec les "Santo-spirito", où la présence de l'eau apporte l'apaisement. Ces quelques toiles d'une beauté rare de par leur évidence tranquille, laissent passer un instant de grâce, non redevable à des paysages réels ou retranscrits, mais à l'impression d'un dégagement intérieur. "Santo-spirito" est une église entre eau et ciel, un relais où l'on se recueille, et pour une fois, le titre qui n'est que la description d'un lieu florentin parle bien de l'esprit saint en nous, celui qui ne s'éveille qu'à la BEAUTE. " Ce sont mes premiers vrais paysages, mes premiers ciels bleus et dans ces premiers ciels bleus à l'air si rare et si glacé comme en haute montagne, c'est l'esprit saint qui se suspend au fil des eaux, de colombes de lumière en dômes irradiées "

Il avouera aussi que les dômes peints ne sont pas ceux de Santo-spirito qui n'étaient pas visibles de cet endroit, prouvant qu'une fois de plus, la couleur affirme, à l'exclusion de toute autre expression, sa primauté sur la toile.Ce "Santo-spirito" n'a jailli que de sa palette et loin de l'Arno. 




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GIORDA - La mémoire éblouie B. GOY

GIORDA

E. DAYDE




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GIORDA

  

 

 

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