Patrice Giorda
photo Myriam Belhadj
Patrice Giorda est peintre. Un vrai. Un angoissé, non pas que les heureux papillonants le soient moins, vrais, mais lui a l'angoisse à fleur de peau...et de pinceau. Un homme exigeant avec lui-même, avec son art et, accessoirement, avec les autres et l'art des autres. Exigeant avec son art, oui, sa signification, le jeu des ombres et des lumières, celui des couleurs qui transfigurent sa toile. Voici un patchwork bien imparfait, non pas de l'exhaustivité de son travail, mais de quelques éléments de celui-ci glanés sur son site et ailleurs. Giorda ? Un chantier permanent, comme son livre sur Venise sans doute, à paraître en décembre. Et outre sa peinture, Giorda sait trouver et écrire les mots qui touchent. Voyez donc ses "paroles", en cliquant ici. Oui, ICI. Pour sa dernière publication, voir la note en bas de page (1).
Ben.
Fête de Lumières
La Fête des Lumières attire chaque année le 8 décembre des centaines de milliers de promeneurs dans les rues de Lyon pour le spectacle inédit d'une ville transfigurée par la lumière. C'est
l'occasion d'inviter artistes et concepteurs de toutes disciplines à réaliser des projets en lumière éphémères qui traduisent la richesse et la diversité de la création contemporaine : artistes,
scénographes, architectes, designers et concepteurs lumière. Les promeneurs peuvent assister à de nombreuses mises en lumière dans toute la ville.
De 1993 à 1997, pour le 8 décembre à Lyon, des milliers de lanternes flottantes sur la Saône.
Patrice Giorda est à l'initiative de « Parole d'Amour » : des lanternes flottantes conçues par des adolescents en difficulté, et une parole d'amour écrite par le promeneur
lyonnais, qui s'en va au fil de l'eau ...
Participation d'artistes plasticiens pour l'illustrations des lanternes, vendues au bénéfice d'associations caritatives venant en aide à l'enfance maltraitée, avec le soutien de SLEA
(Société Lyonnaise pour l'Enfance et l'Adolescence) et la Ville de Lyon.
contact@giorda.fr
CITATIONS
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- Giorda 1997-2000 - Le noir ou l'absence incarnée
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Ensemble de cinq textes rassemblés dans le
1. J'ai remarqué que je peins toujours avec la
Après chaque séance de travail, je note toutes mes
Inquiétude parce que, dans la peinture, le « Souffle » In Nouvelle Biennale de Paris 1985, Electa Moniteur, 1985, p.266.
2. Mon spirituel, c'est cet invisible mélange qui fait
Dix ans de peinture, Centre d'art contemporain de 3. La lumière d'un tableau.
Dans une pièce noire, un tableau ne se voit pas.
Les pigments rouges renvoient la perception d'une
Il est faux de penser qu'un tableau puisse se réduire à
In Conférence n°1 automne 1995 , « Le noir ou
4. « La lumière naît quand la couleur cesse d'exister
C'est le juste mélange des couleurs qui brise
Le creusement de la toile dans le travail de l'espace
Pourtant la lumière qui vient du plus profond de la nuit
5. Ces notes, dans leur totalité, sont quinze ans
Cette quête, ce creusement de l'être, puisque
Ces notes indiquent un chemin pour
Patrice Giorda, le 13 décembre 1999, Lisbonne.
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BIO
En 1980, première exposition chez Jeannine BRESSY à Lyon.
Patrice Giorda was born in Lyons 1952. Spotted very early on, notably among the international selection at the XIIIth Paris Biennale in 1985, he has
constantly made his personal mark as a painter in the classical sense. Although far removed from the avant-gardes that turn their backs on Painting., his figurative art nevertheless
remains absolutely contemporary. His symbolic representation of man and nature goes beyond straightforward landscapes, scenes, portraits or still lives. Reality is enriched by memory and
the permanence of a quest described by Giorda as a “delving into one's being”. Making great formal, spiritual and poetic demands, Patrice Giorda blends the real and the imaginary, the
universal and the singular. He brings harmony where harmony should not be possible - between the blazing beauty of light and colour and the depths of shadow of solitude. |

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EXPOSITIONS PERSONNELLES
2007 Galerie le Lutrin, Lyon |
EXPOSITIONS COLLECTIVES
2007 « Figures et Portraits » |
REALISATIONS PUBLIQUES
2000 Réalisation au Portugal de 27 panneaux d'Azulejos sur les fables de La Fontaine |
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Parutions |

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Essai sur Lyon - 1991 |
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Autoportrait - 1993 |
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Le Noir ou l'Absence Incarnée - 2003 |
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Azulejos pour Lafontaine - 2004 |
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La Peinture Lyonnaise - 2005
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Le Miracle de Peindre
Texte de Gilles
Verneret
Catalogue de l'exposition GIORDA « dix ans de peinture »
Centre d'Art Contemporain de St Priest 1993
Ce qui me touche chez Giorda, je n'ai pas de mots pour l'exprimer. C'est la peinture elle-même. C'est la même chose qui me touche dans "La petite
église bleue d'Auvers sur Oise" de V. Van Gogh, chez les "Baigneuses" de Cézanne, la "Fenêtre" de Matisse, les "Barques du Nil" de Klee, le "Van Gogh qui marche" de Bacon, le "Billard" de Braque
et le "Déjeuner sur l'herbe" de Picasso. C'est à partir de ce "déjeuner" original de Manet que la peinture s'éveille à elle-même. Et contradictoirement, c'est de cette peinture, dont il est le
continuateur, que Giorda se démarque le plus consciemment. Giorda peintre de la contradiction extrême ... le reproche qui lui est le plus couramment adressé est "d'être un peintre du
dix-neuvième", critique qui le hérisse, lui qui déteste cette époque petite bourgeoise. Si je pose à même le sol des reproductions de la "Laitière" de Goya, de "l'Assomption" de Gréco, de "La
fillette à sa fenêtre" de Rembrandt, du "Portrait bleu" de Vermeer, du "Jeune homme de Raphaël" ou du "Balcon" de Manet, je vois le monde pictural qui fascine Giorda... mais je ne retrouve pas
Giorda.
Giorda est du côté des modernes : des Picasso, Matisse... cela est une évidence pour moi. Et pourtant ce
sont les Anciens qui l'inspirent, certainement parce qu'inconsciemment leurs oeuvres ne le satisfont pas complètement. Cette admiration qu'il leur porte, c'est pour repeindre derrière eux, pour
réanimer leur peinture dans une vision moderne. C'est l'insatisfaction qui pousse Giorda à suivre le chemin des classiques, alors que cela saute aux yeux, sa peinture est essentiellement
contemporaine. Le mot unique qui pourrait subvenir à l'émerveillement que l'on ressent face à toutes ces oeuvres, est celui de MIRACLE (à condition de lui retirer sa connotation mystique, car le
"sacré" de la peinture est celui de l'incarnation, quand celui du "religieux" est de détachement).Giorda participe du miracle de la peinture, à mes yeux, éternelle et moderne.
LA GRANDE INSTITUTION
Giorda revient dans le monde des morts, le monde mort de son enfance et ce qui saisit, là, est que la lumière naît du sol comme si elle s'infiltrait
par dessous les interstices des portes de classe ou des lattes du plancher, tel est le désir de l'élève de s'échapper hors de ce sombre savoir. Nous sommes revenus entre les murs des
"Lazaristes", mais le lierre semblait envahir les cours de classe et je n'ai pas retrouvé les traces d'Antoine de St Exupéry. Giorda avait son carnet de croquis. Pensionnaire dans les années
soixante, il me dit "y avoir beaucoup rigolé", mais je sens dans ces mots de grands solitudes. Courses dans les escaliers pour réprimer des chagrins, Lyon gît à nos pieds avec ses fumées dans la
brume glacée de décembre. Et cela débouchera sur dix grands tableaux, magnifiques et prenants, comme à la gorge de l'adolescence. Ce voyage c'est aussi celui du vingtième siècle avec ces espaces
à la Bacon. La couleur qui domine est le "vert", exceptée une toile où le "rouge" des pupitres vient pour l'équilibrer.
Ce sont des lumières de fin de jour et d'automne. Ambiance blafarde où les bureaux sont comme des cafards ou des cercueils... apparitions fantomatiques de ces années mortes aux blouses grises et
aux "mea culpa" des sorties d'église de la fin des années cinquante. Dans le "neuvième" : est-ce un autel ou le bureau du maître ? La lumière enfin timide vient frapper l'estrade... dans
d'autres, les pupitres s'avancent vers nous comme pour nous écraser. Dieu que l'éducation "bonne chrétienne" marque l'âme et Giorda en évacuera les stigmates dans cette grande institution. La
série sortira dans ses grands contrastes qui installent le "style Giorda" avec les grands aplats de couleurs d'où surgit magmatique cette lumière, sur laquelle Templon ne se trompera pas. "La
grande institution" verra le jour dans l'Hôtel de Ville de Paris instituant par là même sa fonction sociale de "peintre".
LE RETOUR AUX SOURCES
Régulièrement, Giorda retourne aux sources, que ce soit par hasard ou par nécessité. En 1984, il part en voyage d'études à Florence. Il y peint ses
"Iris", et ses "anémones" qui le guérissent de ses chagrins romantiques. Il les intitule "l'offrande" et, il est exact qu'il débarque souvent aux invitations les bras chargés de fleurs." Les
fleurs étaient la preuve de ma vie souterraine que j'envoyais au monde.
Elles n'étaient pas moi, mais éclairaient le
monde de cette lumière que j'étais allé quérir dans l'obscurité. Moi, pour l'heure, il fallait que je poursuive dans le "noir" de moi-même. Somme toute, je fleurissais ma propre tombe, c'est
ainsi que les fleurs nous parlent, quand ce sont les morts qui les fleurissent." Ces "anémones au ventre noir" comme celui des femmes dont il s'éprend, et dont il peint la sexualité enfouie
comme dans les grands couples au fusain. Bouquets insolites d'apparence glauque malgré ces couleurs chair et vives, telles des emprisonnées dans des donjons. Fleurs naturellement gaies qui, ici,
se parent de l'éclat tombal, mais aussi du désir. Lentement, à travers cinq toiles, la lumière monte jusqu'au cratère comme s'il avait fallu qu'elles aillent très profondément chercher l'eau de
"vie" bien au delà des guéridons. Fleurs magmatiques de texture vitreuse qui n'explosent qu'en corolles fumeuses et incandescentes... femmes indécentes et momifiées, ténébreuses Lilith au lustre
opalescent derrière des voilettes séchées entre les pages d'un dictionnaire, mais où traîne encore l'odeur suave de la séduction. Il croque aussi ses "promenades" dans les collines de Settignano
où nous déambulons un matin de février glacé, la vapeur blanche attestant de nos respirations chaleureuses. Elles surgiront plus tard de l'atelier, étrangement revisitées.
Un paysage effréné plonge dans l'océan et c'est tout juste si l'on se retient à l'échelle, chaloupe allongée au dessus
des flots, sentier spectral à la nudité Van-goghienne. Une petite église, dont la lumière est intense, semble jaillir de son silence et de son abandon, une masse informe et noire annonce la
rotation de la lumière. Parfois, au fond plus qu'une oliveraie avec ses échelles pour la cueillette, c'est un rempart d'assaut qui lui est donné. Giorda semble y étouffer. Si dans une toile on
croise un cyprès empreint de sérénité, c'est comme pour ignorer au pied du promeneur solitaire, dans l'ombre du sol, des restes de placenta de sa mémoire effilochée. Et ce n'est pas par hasard si
deux des tableaux de la série traitent du cimetière : résurgence plutôt qu'engloutissement, il faut mourir une fois pour toutes à tous les "vieux monstres". Il faut entrer au cimetière par la
petite porte obscure, pendant que de l'autre côté, une rivière lumineuse semble descendre comme un flot rayonnant. Dans ces murs, l'angoisse de Giorda est circonscrite.
Au dehors s'élève un cyclone, les valeurs du ciel sont estompées et assombries par une masse noire lunaire de cyprès entremêlés. Tel Dante vers
Béatrice, le peintre accède au jour en nous révélant son paysage intérieur ; il fait d'abord l'expérience de la nuit totale ; il y a illumination et profanation du mystère dans ce cimetière
anonyme avec ses tombes ouvertes, ces torches offertes et incongrues, noyées, presque invisibles dans cet enfer de MARRON rougeoyant. " Nous n'avons qu'une ressource avec la mort : faire de
l'art avant elle " CHAR. Ressourcement enfin sur les berges de l'Arno
avec les "Santo-spirito", où la présence
de l'eau apporte l'apaisement. Ces quelques toiles d'une beauté rare de par leur évidence tranquille, laissent passer un instant de grâce, non redevable à des paysages réels ou retranscrits, mais
à l'impression d'un dégagement intérieur. "Santo-spirito" est une église entre eau et ciel, un relais où l'on se recueille, et pour une fois, le titre qui n'est que la description d'un lieu
florentin parle bien de l'esprit saint en nous, celui qui ne s'éveille qu'à la BEAUTE. " Ce sont mes premiers vrais paysages, mes premiers ciels bleus et dans ces premiers ciels bleus à l'air
si rare et si glacé comme en haute montagne, c'est l'esprit saint qui se suspend au fil des eaux, de colombes de lumière en dômes irradiées "
Il avouera aussi que les dômes peints ne sont pas ceux de Santo-spirito qui n'étaient pas visibles de cet endroit, prouvant qu'une fois de plus, la
couleur affirme, à l'exclusion de toute autre expression, sa primauté sur la toile.Ce "Santo-spirito" n'a jailli que de sa palette et loin de l'Arno. 

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Les Ménines, une affaire
Giorda et les limites de la Trois Textes P. GIORDA Patrice Giorda M. THOMAS GIORDA Portrait H.F. DEBAILLEUX Giorda - entretien S. CHAINE
Entretien avec P.GIORDA
P. GIORDA - L'incarnation de GIORDA C. MARETTE
GIORDA - 10 ans de Peinture
Le noir ou l'absence incarnée texte
GIORDA - Eclairs obscur
GIORDA - Retour au GIORDA - La mémoire éblouie B. GOY GIORDA E. DAYDE |
GIORDA
224 pages couleurs, 180 reproductions, grand format (24 x 31 cm), des textes de Gérard Mordillat….
la 1ère monographie du peintre Patrice Giorda, à paraître le 30 avril et éditée par Acteurs de l’économie, est un événement.
Cette aventure éditoriale et artistique, vous pouvez la soutenir en souscrivant à l’une des éditions limitées « Prestige » ou « Les Amis du peintre » (aquarelles originales, exemplaires reliés cuir, tirages numérotés, ouvrages dédicacés).
En vous remerciant de votre confiance,
L’éditeur
Basé à Lyon, le mensuel Acteurs de l’économie Rhône-Alpes est diffusé - jusqu’à 15 000 exemplaires - sur l’ensemble
des huit départements de la région.
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